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Art et Culture

Concert: un événement qui divise les acteurs du show-biz
Publié le mercredi 28 octobre 2015  |  Sidwaya




La Coalition pour une renaissance artistique au Burkina Faso (CORA/BF) a animé, le mardi 27 octobre 2015 à Ouagadougou, une conférence de presse sur le concert dénommé « Les monstres du coupé décalé » organisé par Bitel Communication. Les animateurs disent constater une violation de la réglementation en matière de spectacle par l’organisateur du concert et par conséquent exigent son annulation.

L’organisation prochaine de deux concerts à Bobo-Dioulasso et Ouagadougou par Bitel communication dénommés « Les montres du coupé décalé », crée une grogne dans le milieu du show-biz burkinabè. A cet effet, la Coalition pour une renaissance artistique au Burkina Faso (CORA/BF), un regroupement d’acteurs culturels, a dénoncé le mardi 27 octobre 2015 à Ouagadougou, lors d’une conférence de presse un « piétinement de la réglementation du spectacle au Burkina Faso ». Par conséquent, elle exige l’annulation de l’événement. En effet, le décret portant réglementation de l’organisation des spectacles vivants au Burkina Faso stipule en son article 11 : « Tout entrepreneur de spectacles vivants et tout organisateur occasionnel des spectacles vivants professionnels qui fait intervenir un ou plusieurs artistes étrangers dans un spectacle, est tenu d’y faire participer au moins un artiste burkinabè ». Pour ce groupe, cette disposition n’a pas été respectée par Bitel Communication puisqu’aucun artiste national n’est invité. « Il n’est plus question pour la communauté des artistes et des professionnels du monde de la musique du Burkina Faso d’accepter la défiance de nos lois, de notre intégrité et notre dignité », a clamé le porte-parole de la CORA/BF, Abou Dab’s. Au regard de cet état de fait qu’il a qualifié de mépris, la coalition interpelle le ministère de la Culture et du Tourisme à prendre ses responsabilités et à protéger la culture burkinabè « des prédateurs et faire un service utile à la nation en annulant ce spectacle indigne du nouveau Burkina ». Du côté de Bitel communication, cette accusation est balayée du revers de la main. Le directeur général, Innocent Belemtougri, que nous avons rencontré le même jour, a soutenu que sa structure organise ce concert dans le strict respect de la loi. « Bitel communication agit selon les lois en vigueur au Burkina d’autant plus que nous sommes en règle vis-à-vis de l’administration avec la possession de la licence d’entrepreneur de spectacle. Le concert est également organisé dans le respect de la loi notamment l’article 11 du décret puisque nous avons 15 artistes burkinabè qui y participent », a justifié M. Belemtougri. Il a poursuivi : « Nous avons entendu qu’un groupuscule qui se retrouve autour d’une organisation qui, elle-même n’est pas reconnue par la loi burkinabè, interprète cette loi d’une autre manière à faire croire à l’opinion qu’il n’y a pas d’artistes burkinabè sur notre événement ». A écouter le directeur général de Bitel Communication, ces détracteurs mènent une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux et s’acharnent également sur les artistes nationaux invités pour leur demander de boycotter le spectacle. « Ils ont pu décourager un artiste en lui soufflant qu’il est plus grand que ces artistes ivoiriens et donc il ne devrait pas y participer », a-t-il confié. Pour leur part, les membres de la CORA/BF ont fait savoir que les artistes burkinabè qui y participent n’ont pas été invités mais ont plutôt approché l’entreprise de communication pour solliciter leur participation. Sur quelle base réclamez-vous alors l’annulation du spectacle ? A cette question d’un journaliste, Abou Dab’s s’est contenté de dire que « les pratiques de l’ère Compaoré où le mépris des artistes burkinabè par certains promoteurs, sponsors et même de l’Etat était devenu une tradition, relèvent désormais du passé ». Tout compte fait, M. Belemtougri a trouvé que si les frondeurs estiment qu’il n’a pas respecté la réglementation, ils peuvent saisir les institutions compétentes en la matière pour qu’elles disent le droit. « Nous nous posons la question de savoir quelles sont les réelles motivations parce que s’ils se positionnent en défenseur de la musique burkinabè, ils ne sont pas plus patriotes que nous. Nous n’avons jamais rien organisé sans les artistes burkinabè, il n’y a pas d’entrepreneur de spectacle qui ait fait tourner des artistes burkinabè comme nous », s’est-il défendu.


Joseph HARO
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Sidwaya N° 7229 du 8/8/2012

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