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Le Pays N° 5331 du 5/4/2013

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Discours du premier ministre sur la situation de la nation : Des députés apprécient
Publié le samedi 6 avril 2013   |  Le Pays


Le
© aOuaga.com par AO
Le premier ministre Luc Tiao face à l`assemblée Nationale
jeudi 4 avril 2013. Ouaga.


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Me Bénéwendé Sankara, UNIR/PS

« Il ne dit pas quel sera le sort des dix mille étudiants »

« C’est le même discours chaque année, rien n’a changé. Vous ne l’avez pas constaté avec nous ? Il n’y a pas une innovation majeure. Je pense que les problèmes auxquels les Burkinabè sont confrontés s’accentuent et j’aurais aimé que le Premier ministre mette beaucoup plus l’accent sur les solutions. Vous avez vu, par exemple en ce qui concerne l’université, qu’il botte pratiquement en touche ! On ne dit pas quel sera le sort de ces dix mille étudiants ; on s’appesantit sur cette enveloppe de 700 millions. L’éducation n’a pas de prix, c’est l’avenir de notre nation. Sur le SYNTSHA, c’est un problème extrêmement grave. Le droit de grève est un droit constitutionnel. Le gouvernement dit de façon péremptoire qu’il ne reculera pas et moi, je pense qu’il faut discuter avec les acteurs sociaux parce que déjà, la nation même est en ébullition. Voilà pourquoi je regrette que ce soit un discours déjà entendu alors que les attentes des Burkinabè, de mon point de vue, c’était que le Premier ministre puisse, face à cette situation, montrer des signes d’encouragement dans la recherche de solutions. »

Laurent Sédogo, député CDP

« Il s’est voulu très détaillé »

« Le Premier ministre a fait le point des actions qui ont été menées par le gouvernement au cours de l’année 2012 et, comme lui-même il l’a dit, il s’est voulu très détaillé afin que la représentation nationale sache exactement ce qui s’est passé dans tous les secteurs et on ne peut que le féliciter pour un tel discours. Ce n’est pas évident de pouvoir donc en un tour, en quelques heures, donner une situation aussi précise sans que cela ne devienne ennuyant. C’est vraiment un exercice qui n’est pas facile. Quand on regarde un peu ce qui nous a été dit, on voit que le Burkina avance. C’est vrai que certains secteurs connaissent des hauts et des bas mais dans l’ensemble, on peut se dire que la route est prise. Il est évident qu’au-delà du gouvernement il faut voir l’ensemble des secteurs de la société. Il faut que des secteurs, notamment du privé, puissent prendre le train parce que le gouvernement, dans certains secteurs, est un facilitateur, il trace la route. Et comme lui-même l’a dit, que véritablement on arrive à se convaincre que nous pouvons bien faire, faire autant ou plus que les autres. Dans certains secteurs comme le sport, nous l’avons prouvé, il reste à ce que sur les plans économique et social, nous soyons convaincus que nous pouvons développer le Burkina Faso. »

Hama Arba Diallo, député ADJ

« Ce n’est pas nouveau comme racontar »

« Nous avons entendu ce qu’il a raconté. Ce n’est pas nouveau comme racontar. Nous sommes un pays émergent, 8% de croissance par an et on veut nous faire croire qu’en réalité, nous avançons. Pourtant, quand vous sortez de Ouaga, vous dépassez le poste de péage, on se pose des questions. C’est ça qui est choquant. Pour eux, tout est rose mais regardez les élèves, les étudiants, les agriculteurs, les infirmiers, on se demande si on est dans le même pays. C’est ça la question que nous allons poser au Premier ministre et on espère qu’il va nous éclairer un peu sur la différence entre ce qu’il raconte et la réalité que nous vivons. Pour ce qui est de la grève du SYNTSHA, nous, nous considérons que c’est un problème de société. Il est certain que le résultat de l’action elle-même est catastrophique mais nous reconnaissons à tout groupe organisé dans un syndicat, le droit de défendre les intérêts de sa corporation. Ceci étant, cela débouche sur les conséquences que l’on sait, et on peut se poser la question de savoir si on a épuisé tout ce qu’il y a comme possibilités avant d’en venir à une grève qui est quand même désastreuse pour tout le monde. »

Ibrahima Koné, président du groupe ADJ

« Il y a eu beaucoup d’efforts faits mais il y a aussi beaucoup de problèmes qui se posent »

« C’est un discours qui est très fluide, il n’a laissé aucun domaine. Il a fait le répertoire de toutes les actions au niveau pratiquement de tous les domaines et comme lui-même l’a dit, il y a eu beaucoup d’actions menées, beaucoup d’efforts faits, mais il y a aussi beaucoup de problèmes qui se posent. Il le reconnaît et il nous a appelés à rêver, à faire de beaux rêves pour pouvoir réaliser des actions beaucoup plus concrètes, avantageuses au profit du peuple. Concernant le problème du SYNTSHA, je pense effectivement qu’il y a un bras de fer entre le syndicat et le gouvernement. Peut-être que le gouvernement a une position que l’on comprend mais il faut aussi comprendre les syndicats. Ce qui serait salutaire pour le peuple burkinabè, c’est que les deux parties s’asseyent pour discuter et trouver une solution confortable au problème ; que le SYNTSHA essaie de voir comment il doit se comporter pendant la grève. Je connais la force d’une réquisition et tous les membres du syndicat la connaissent mais dans la mesure où l’individu a déjà été réquisitionné, il faut obtempérer à la force de la réquisition. Peut-être que c’est une insuffisance de formation ou une ignorance des choses et tout cela doit être pris en compte pour voir comment les choses peuvent se passer. »

Gilbert Noël Ouédraogo, député du groupe ADF-RDA

« Pour le cas du SYNTSHA, nous pensons qu’il faut toujours dialoguer pour trouver des solutions »

« Nous, nous pensons que pour le cas de l’université de Ouagadougou, il faut poursuivre le dialogue et faire en sorte que toutes les différentes parties prenantes s’accordent sur la meilleure solution à prendre. Il y a les états généraux à venir et nous espérons que toutes les rencontres vont permettre d’harmoniser les points de vue de manière à ce que qu’on puisse trouver une solution définitive aux problèmes de l’université. Il y a la question de la santé qui a été abordée qui est aussi importante. Comment faire pour améliorer le mieux-être des Burkinabè en matière de santé, mais aussi résoudre les difficultés qu’il y a actuellement avec le syndicat ? Comment arriver à trouver un terrain d’entente et faire en sorte qu’on puisse sortir de ce cycle ? Il a fait un point exhaustif de la situation. Nous, nous allons maintenant revenir pour poser des questions parce que vous conviendrez avec moi qu’il est difficile de faire, en deux heures, l’état total d’une nation. C’est une année qu’on demande de résumer en deux heures même s’il est clair que notre groupe parlementaire aura des questions à poser pour permettre de compléter les informations et dire ce que nous, avons comme préoccupations parce que nous, nous voulons que les aspirations profondes du peuple soient accomplies. Pour le cas du SYNTSHA, nous pensons qu’il faut toujours dialoguer pour trouver des solutions. Le cas qui s’est produit est regrettable et il faut le reconnaître. Ce n’est pas simple quand il s’agit de la vie d’une personne mais les deux parties doivent pouvoir se parler et en se parlant, le syndicat pourra indiquer sur quoi porte sa revendication principale et que chacun fasse une concession et regarde au-delà l’intérêt du peuple. Tout le monde a prêté serment, surtout les médecins, de sauver des vies, donc il faut faire en sorte que ces vies ne soient pas en danger. »

Louis Armand Ouali, président du groupe parlementaire UPC

« On aurait pu mieux faire »

« Vous avez souligné que le discours a fait deux heures et demie. J’ai beaucoup aimé l’image qu’il a prise du verre où il souhaite que l’on voit que la petite partie qui contient de l’eau plutôt que le verre tout à fait vide. Notre sentiment c’est qu’encore une fois, on aurait pu faire beaucoup mieux que ce qu’on a fait avec les ressources qui sont disponibles dans le pays si la qualité de la gouvernance était différente de celle-là. Le Premier ministre a dit clairement qu’il a inauguré en 2012 l’aéroport de Ouagadougou dont le réaménagement a duré six années, et après on nous dit qu’il y aura l’aéroport de Donsin. Imaginez le nombre d’années qu’il faudra pour construire ce nouvel aéroport. Le Premier ministre nous dit que les travaux qui ont été exécutés à l’hôpital du secteur 30 sont de mauvaise qualité et que, de ce point de vue, nous nous retrouvons dans une situation où l’hôpital Yalgado Ouédraogo ne peut pas être délocalisé pour faire des travaux. Nous sommes donc dans un pays où on assiste à ce genre de comportements ; il n’y a pas de sanction même si on le promet toujours. Il n’y en a jamais si bien que nous risquons d’entrer, si on n’y prend garde, dans la culture de l’impunité et là, tous les efforts que nous aurons fait seront vains. Le Premier ministre l’a souligné lui-même. On nous a dit ici qu’en allant à Doing business, nous étions parmi les meilleurs, nous avons reculé et ce n’est pas moi qui le dis. Véritablement, on ne peut pas dire que rien n’a été fait mais on aurait pu faire mieux si la qualité de la gouvernance politique, administrative, économique et sociale était meilleure. La question qui se pose par rapport au problème du SYNTSHA n’est pas, de savoir si le gouvernement reculera ou pas, il faut voir quels sont les voies et moyens les meilleurs pour aboutir à une solution qui soit profitable aux populations. »

Christine SAWADOGO et Aimé NABALOUM

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