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L’Observateur N° 8346 du 4/4/2013

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Organisation du hadj : «Désormais, les normes doivent être suffisamment rigoureuses», Djibril Bassolé, ministre des Affaires étrangères
Publié le vendredi 5 avril 2013   |  L’Observateur


Djibril
© Présidence
Djibril Bassolé, chef de la diplomatie Burkinabè, Ministre burkinabè des Affaires étrangères


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Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Djibril Bassolé, était l’hôte des Saoudiens du 24 au 27 mars 2013. Dans l’entretien ci-après, le patron de la diplomatie burkinabè, avant de regagner le bercail, a fait le point de sa mission qui portait sur l’organisation du hadj.



Monsieur le ministre d’Etat, pouvez-vous nous rappeler l’objet de votre mission en Arabie Saoudite ?

La mission que j’ai conduite ici avait pour objectif de discuter avec les autorités saoudiennes sur les conditions d’organisation du hadj burkinabè. Bien entendu, nous avions déjà reçu les rapports de l’ambassadeur du Burkina en Arabie Saoudite mais aussi du consul général à Djeddah. Tous ces rapports nous ont donné des éléments pour discuter avec les autorités saoudiennes dans le but d’améliorer la prestation de nos agences de prestation de services. Un certain nombre d’insuffisances ont été relevées au nombre desquelles les délais trop brefs dans la transmission des données aux organisateurs du hadj. La conséquence de cela est que cette année, 72 pèlerins n’ont pas pu effectuer le hadj. Il y a eu aussi des insuffisances quant à nos obligations et une facture de 89 millions de francs CFA reste à payer à une société prestataire de restauration. A cela s’ajoute un certain nombre de désagréments dus à des passeports qui ne portaient pas les photos des attributaires, chose qui a pu coûter la liberté aux détenteurs de ces documents.

En somme, nous disposons d’un certain nombre d’éléments qui montrent que le hadj burkinabè n’est vraiment pas à l’image que le pays donne à la communauté internationale et saoudienne. Aussi devons-nous tout mettre en œuvre pour corriger ces dysfonctionnements. Au plan diplomatique évidemment, nous sommes un peu mal à l’aise sachant que nous avons un certain nombre d’obligations avec le pays en raison d’une convention qui nous lie et que des incidents viennent ternir l’image de ces relations. Il nous appartient donc, et c’est un engagement au nom du gouvernement, de prendre des dispositions à l’interne. L’une des premières mesures que nous allons suggérer après cette mission, c’est de faire en sorte que les listes des pèlerins soient disponibles au minimum avant le début du pèlerinage. Nous ferons tout pour sensibiliser les communautés, notamment les parents des pèlerins, afin que les inscriptions puissent se faire et que les agences aussi bouclent les enregistrements trois mois à l’avance. Une fois que nous avons une liste établie, connue de tous et transmise, tous les problèmes que nous avons connus, en particulier les problèmes relatifs au transport, à l’hébergement, à la restauration et à l’encadrement pourront être mieux gérés. C’est nécessairement une des premières mesures que nous devons prendre. Et comme les autorités saoudiennes l’ont souligné, notre encadrement doit être de qualité. Il est souvent déplorable de voir que des agences en charge d’encadrer les pèlerins viennent en même temps que ces derniers et repartent quelque fois avant même eux. Ce qui occasionne des désagréments inutiles à des personnes qui, parfois, ont un âge relativement avancé. Nous avons recueilli suffisamment d’informations et dorénavant, avec de la volonté et la concertation, nous pensons pouvoir ensemble améliorer le séjour de nos parents en Arabie Saoudite à l’occasion du hadj.



Est-ce à dire que désormais, c’est le ministère des Affaires étrangères qui va piloter l’organisation, en lieu et place de celui de l’Administration territoriale ?



Non, pas du tout ! Nous coorganisons et il a toujours été spécifié que c’est le ministère de l’Administration territoriale et de celui des Affaires étrangères qui sont en charge de ces questions. Nous, nous sommes ici représentés par l’ambassade du Burkina Faso en Arabie Saoudite mais aussi par le consul général à Djeddah. Mais je dois vous dire que 80 à 90% du hadj se déroule ici en territoire saoudien et 80 à 90% des problèmes que nous connaissons affectent directement nos relations avec l’Arabie Saoudite. C’est la raison pour laquelle je suis en concertation avec le collègue de l’Administration territoriale et je me suis personnellement impliqué pour montrer aux autorités saoudiennes combien la question du hadj est importante pour nous. Et le président du Faso lui-même a insisté pour que je puisse conduire cette mission d’évaluation et les rapports lui seront faits ainsi qu'au gouvernement.



Il est reproché à nos agences un certain nombre d’incompétences ; n’y a-t-il pas un laisser-aller, car, dit-on, certains gourous s’intéresseraient au hadj ? Aurez-vous vraiment les coudées franches pour pouvoir taper du poing sur la table ?



Je n’approcherai pas la question en ces termes. Disons-le, objectivement, qu’il y a un peu trop d’agences pour s’occuper de moins de 5000 pèlerins. Douze pour le dernier pèlerinage, ça nous semble excessif et il est difficile, voire impossible de coordonner les activités de 12 agences. Cela veut dire que c’est 12 structures qui cherchent à avoir des logements à Djeddah ou à la Mecque. Les Burkinabè se trouveront ainsi logés sur 12 sites différents quelquefois très éloignés du lieu du hadj.

La première mesure à suggérer, c’est la réduction du nombre d’agences prestataires de services pour nous en tenir à un certain nombre qui sont efficaces et ayant une capacité financière, un personnel qualifié et surtout qui ont une connaissance du milieu. En tous les cas, deux d’entre elles ont déjà été disqualifiées par les autorités saoudiennes elles-mêmes parce qu’elles ont commis des infractions qui ne peuvent pas leur permettre de refaire le hadj.

Nous-mêmes nous verrons par rapport aux insuffisances qui nous ont été rapportées quels sont les prestataires qu’il faut écarter, pour le hadj 2013, tout en donnant la possibilité aux agences de se regrouper. Ce que nous souhaitons, c’est que les Burkinabè qui deviennent de plus en plus nombreux, et en âge avancé comme je l’ai tantôt dit, qu’ils puissent bénéficier de meilleures conditions, ne serait-ce que pour leur santé et pour leur confort.



Parmi ces difficultés rencontrées, certaines agences de voyagent pointent du doigt les compagnies de transport. Qu’en pensez-vous ?



S’agissant des compagnies de transport, la responsabilité vient de ce que nous n’avons aucune liste prête à temps. Quelle que soit la compagnie de transport, sans incriminer une quelconque société, si vous recevez des listes qui changent une semaine avant le début du hadj, nécessairement vous aurez des difficultés. La compagnie a besoin d’avoir un effectif arrêté quelques mois avant. Ne serait-ce d’ailleurs que pour se mettre en règle vis-à-vis des autorités aéroportuaires saoudiennes, et je ne vous effraie pas en vous disant que quelquefois les avions décollent de Ouagadougou, sans qu’on ne sache l’identité ni le nombre des passagers à bord de l’avion. C’est absolument scandaleux. Je crois qu’il nous faut arrêter cela. Comme les agences sont en compétition, elles recrutent les pèlerins et les inscrivent jusqu’à la dernière minute, même une semaine avant, il suffit d’exhiber l’argent pour vous inscrire ou un parent pour le hadj. C’est bien de recruter comme cela pour amasser le maximum d’argent et de pèlerins. Mais pour une question de planification et d’efficacité, ce n’est pas possible de gérer le hadj de cette façon. Les normes doivent être maintenant suffisamment rigoureuses. Nous devons savoir désormais qu’au Burkina, pour aller au hadj 2013, il faut s’être inscrit au moins avant la fin du mois de ramadan cette année.

Comme cela, comme je l’ai dit tantôt, les transporteurs, les agences chargées de l’hébergement sauront à quoi s’en tenir. Nous facilitons la tâche aux structures saoudiennes qui nous aident à organiser le hadj et donnons l’image d’un pays sérieux et organisé.



Vous avez eu des échanges avec les représentants des agences ; vous ont-ils soumis des préoccupations ?


Nous nous sommes entretenu avec le comité national de suivi et les représentants de certaines agences durant une très longue séance de travail qui nous a été très bénéfique. Il faut dire que cela a été l’occasion pour l’ambassadeur, le consul général et moi-même d’en savoir davantage sur leurs difficultés. Ces derniers nous ont donné le sentiment d’être de très bonne volonté.

Ces agences ont besoin d’être encadrées, d’êtres appuyées. Je crois que c’est là que le leadership de l’Etat doit jouer pleinement sans pour autant leur prendre leur part d’attributions. Le gouvernement n’a aucunement l’intention de récupérer l’organisation du hadj. Il souhaite cependant que les agences qui agissent au nom et pour le compte de l’Etat par délégation puissent se conformer absolument aux règles qui sont contenues dans les différentes conventions que nous signons avec l’Etat saoudien.



Propos recueillis à Djeddah par

Hamidou Ouédraogo

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