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L’Observateur N° 8310 du 11/2/2013

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Publié le mardi 12 fevrier 2013   |  L’Observateur


CAN
© AFP par DR
CAN 2013: Equipe des Etalons du Burkina Faso en finale face aux supers Eagles du Nigeria
Dimanche 10 février 2013. Johannesburg. Finale de la 29eme édition de la coupe d`Afrique des nations.


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Ce fut un retour triomphal à l’écurie après un galop épique. Après leur finale perdue (1-0), la première de l’histoire du football burkinabè, contre les Super Eagles du Nigeria le dimanche 10 février 2013, les Etalons sont rentrés au bercail hier en début de soirée. En attendant la décoration des joueurs ce matin même au stade du 4-Août, c’est une foule immense et enthousiaste qui a réservé à notre onze national un accueil à la hauteur de son parcours héroïque à la 29e Coupe d’Afrique des nations de football qui vient de se jouer en Afrique du Sud.

Lundi 11 février 2013, 17h, avenue Kwame-N’Krumah. Le désert dans les entreprises longeant la célèbre artère de la capitale contraste avec la forêt de Ouagavillois massés le long de la voie. Le communiqué annonçant l’après-midi chômé et invitant les Burkinabè à sortir massivement pour accueillir les Etalons semble être respecté à la lettre. Le mot d’ordre général, lui, semble avoir été de porter au moins un gadget ayant trait aux couleurs nationales : fanions, écharpes, drapeaux, tee-shirts, maillots, sifflets, vuvuzelas, etc. A pied, à cheval, à vélo, à moto, en voiture ou même en charrette, on arpente l’avenue précitée, rivalisant de bruit et d’acrobaties. Et parfois, certains de ces acrobates de circonstance se retrouvaient au sol et leurs engins s’immobilisaient un peu plus loin. C’est le cas de cette jeune fille qui, ayant perdu le contrôle de sa moto, a quitté le bitume et pris le décor.

Elle s’en tire avec des égratignures et une carrosserie cabossée par endroits. A ceux qui tentaient de la dissuader de reprendre la voie, elle lança : «Laissez-moi tranquille ! Si on ne fait pas ça maintenant, on va le faire quand ?» Il faut bien plus que cela pour empêcher les Burkinabè d’offrir une haie d’honneur aux vice-champions de la CAN. Plus on s’approche de l’aéroport, plus il est difficile de se frayer un passage. Aux feux tricolores avant l’aéroport, il faut carrément jouer des coudes. Les forces de l’ordre doivent employer la force pour aérer un tant soit peu l’endroit. La foule à peine contrainte à reculer sous la menace de la matraque revient aussitôt à la charge. On se croirait à Stade Soccer City de Johannesburg, tant les vuvuzelas bourdonnent. Non loin du salon présidentiel, deux camions sont stationnés : l’un avec podium destiné, selon toute vraisemblance, à transporter les joueurs et l’autre déjà occupé par l’orchestre.

18h. La sécurité s’affaire à dégager les badauds des alentours des deux salons d’accueil pendant qu’un cortège de voitures ministérielles arrive sur les lieux. Plusieurs membres du gouvernement s’empressent de rejoindre le tarmac. Chez eux aussi le mot d’ordre semble être d’afficher les couleurs nationales, même si ce n’est qu’en agitant un petit drapeau.
19h30. L’avion transportant les vice-champions d’Afrique 2013 se pose sur le tarmac et on voit au loin les premiers passagers en sortir. C’est la clameur lorsque les Etalons apparaissent au haut de la passerelle. Le Ditanyè est entonné par toute la foule présente sur le tarmac.

Dehors, c’est la bousculade générale pour se placer au mieux devant le salon ministériel, par lequel doivent sortir les «héros nationaux». Le badge y est de rigueur. Premier à pointer le nez, Noufou Ouédraogo est ovationné. Fausse alerte pourtant, car il ne fait que remettre ses bagages à des proches avant de disparaître de nouveau dans la salle après qu’il a fait un signe au public. Nouvelle clameur dans la foule. Cette fois, ce sont les cheveux argentés d’Aristide Bancé qui ont été aperçus au niveau des box de contrôle policier.
20h. Les Etalons sortent enfin et les forces de l’ordre doivent s’employer à maintenir la ceinture autour d’eux jusqu’au camion-podium. On fait tout pour toucher ou prendre en photo les joueurs. Dernier dans la file, Aristide Bancé est littéralement agressé et doit se démener pour se tirer des bras des fans qui l’agrippent. Le nom de chaque joueur qui se hisse sur le camion est scandé. Le cortège s’ébranle à pas de tortue, suivi par une nuée de supporters qui laissent les alentours de l’aéroport comme un champ de bataille, les déchets de toutes sortes jonchant le bitume.

Hyacinthe Sanou & Moumouni Simporé

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