Chez les « peuples d`eau » qui habitent les zones humides côtières des deltas, estuaires, alentours des lacs et le long du littoral sénégalais comme les Seereer niominka du delta du Sine Saloum, les Waalo waalo des berges du Fleuve Sénégal, les Wolofs et Lébous des Niayes et de la presqu’île du Cap-vert, il existe un imaginaire collectif bien structuré articulé à une vision écologiste du monde où toute l`architecture du système de représentations repose sur le concept de « Nit ». C`est-à-dire de l’homme ou plus exactement de la personne humaine en tant que référence permanente du dispositif de pensée et noyau dynamique d`un réseau de participations. Exactement, comme dans cette théorie « de la chaîne et de l`échelle » dont aimait à parler le Pr Jacques Brengues et que son collègue, Michel Cartry, a bien systématisée . Selon lui, l`individu dans ces sociétés africaines, comme les nôtres, est « toujours et d`emblée situé en un ou plusieurs points d`une chaîne des ancêtres ainsi qu’en plusieurs lieux du Cosmos ou de son environnement naturel. En même temps qu`il est marqué, dès sa naissance ou avant sa naissance par quelques signes originaires qui orienteront sa destinée ».