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Réhabilitation de l’hôpital de Bobo : un ultimatum de 3 mois donné au gouvernement
Publié le dimanche 25 mai 2014   |  Le Balai citoyen


Bobo
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Bobo : la réhabilitation de l`hôpital au centre d`une marche
Samedi 24 mai 2014. Bobo-Dioulasso. Le Balai citoyen et le Mouvement en rouge ont organisé une marche pour exiger la réhabilitation de l`hôpital Sanou Sourou


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Ceci est une déclaration lue à la marche le 24 mai 2014 à Bobo-Dioulasso organisée par Le Balai citoyen et Le Mouvement en rouge pour exiger la réhabilitation de l’hôpital Sanou Sourou. Dans ladite déclaration, les deux mouvements ont donné 3 mois au gouvernement à compter du 24 mai pour x’exécuter


Populations de Bobo-Dioulasso,
Concitoyens, et concitoyens balayeurs : Cibelles et cibals
Mesdames et Messieurs,

Merci à tous pour votre mobilisation. Votre présence ici ce matin témoigne de votre colère, de votre désarroi face à la situation dramatique que traverse l’hôpital Sanou Souro avec toutes les conséquences que vous pouvez imaginer pour nos malades. Nous vous remercions pour cette grande mobilisation contre les défaillances multiformes de notre hôpital. C’est du jamais fait, ni du jamais vu dans l’histoire du Burkina Faso.
Le District Cibal de Bobo-Dioulasso est honoré ce matin par la présence à nos côtés de plusieurs membres de la coordination nationale du balai citoyen dont les plus connus, les CiBals en chef Samsk Le Djah et Smockey.
Nous nous faisons forts également de la collaboration active d’un mouvement frère : le mouvement en rouge, co-organisateur de la présente manifestation.
Nous nous réjouissons enfin du soutien apporté à cette action citoyenne par d’autres organisations de la société civile (syndicats, association, ordre, …autorité religieuse).
Tout cela témoigne de la gravité de la situation de l’hôpital dont la réhabilitation est urgente et vise l’intérêt de tous, l’intérêt général, l’intérêt du peuple.

Mesdames et Messieurs,

Comme tous les Burkinabè, nous observons avec grande tristesse ce qui se passe dans nos hôpitaux et particulièrement celui de Bobo-Dioulasso qui nous concerne directement.
Pour rappel, le Centre Hospitalier Universitaire Sanou Souro, est le centre sanitaire de référence de l’Ouest du Burkina. En effet, il couvre les régions sanitaires des Hauts-Bassins, des Cascades, de la Boucle du Mouhoun et du Sud-Ouest. Il couvre ainsi plus de cinq millions (5 000 000) d’habitants. C’est aussi un hôpital universitaire et, à ce titre, il forme les futurs médecins et autres agents de santé du pays.
En 2011, le nombre de consultations enregistrées était d’environ 50 000 patients pour environ 25 000 hospitalisations avec un taux de mortalité global de 15% atteignant quelque fois 60% dans certains services.
Rien d’étonnant sur ces informations effrayantes lorsqu’on sait que depuis plusieurs années déjà, les populations de Bobo-Dioulasso et sa région sont confrontées à un service chaotique en termes de fourniture de soins de santé. L’hôpital Sanou Souro, qui enregistrait déjà des manquements graves en termes de services offerts, va de mal en pis avec la fermeture récente du bloc opératoire pour défaillance technique.
Quoi de plus normal lorsque l’hôpital, qui doit avoir un caractère social voire vital, est devenu une entreprise à but lucratif. En effet, l’hôpital qui bénéficie de peu de subvention et d’investissement de la part de l’Etat est, par ailleurs, sommé de rentabiliser ses services afin de s’autofinancer (on parle de seulement 3 milliards de subventions et ce montant n’a pas évolué depuis des années).
De sorte que d’année en année, la situation n’a fait que s’aggraver allant des problème d’eau et d’hygiène, d’électricité, de manque de médicaments, de produits et de matériels de soins à l’insuffisance de personnel spécialisé, au découragement et à la démotivation du personnel existant, négligence et traitement inhumain de nos malades et de nos morts dans une morgue indigne de recevoir des corps humains, … Quel enfer !!!
Et comme si tout cela n’était pas suffisamment catastrophique, le bloc opératoire de cet hôpital ne fonctionne plus depuis fin avril 2014 ; et c’est avec amertume, doublé d’une colère que nous imaginons que des malades mourants ont pu trouver la mort par manque de soins. Hélas !

Mesdames et messieurs,

Notre hôpital agonise et a besoin aujourd’hui de soins urgents de la part du gouvernement burkinabè auquel nous imputons l’entière responsabilité de cette situation désastreuse. La politique du gouvernement n’est pas citoyenne mais politicienne. Elle est mal menée et, du coup, le peuple se voit toujours malmené.
A travers un rapide recensement des problèmes que l’hôpital Sanou Souro traverse, inutile de vous dire à quel point nous avons été écœurés et révoltés de savoir par, exemple, que dans notre hôpital : - la table d’opération est en panne, - le scanner est en panne, - il y a des ruptures permanentes d’oxygène pour les malades placés sous assistance respiratoire, - les laveuses de la buanderie sont en panne, - il y a manque de films au service de la radiologie, - manque de produits anesthésiants , - manque de lits et de matelas, - les chambres froides de la morgue sont en panne entraînant la décomposition des corps, - le groupe électrogène vieux de 25 ans, donc obsolète manque toujours de carburant (de sorte que les accouchements se font souvent dans l’obscurité et les chirurgiens parfois obligés d’opérer avec des torches en cas de coupure d’électricité en pleine opération), - il y a insuffisance de personnel, - il y a manque de véritables soins d’urgence, - les techniciens de surface (nettoyeurs) en grève pour arriérés de salaires de 3 mois, - il y a manque d’ampoules dans les salles, les couloirs, les escaliers, - les coupures d’eau sont récurrentes au bloc opératoire donc absence de château d’eau, … bref, notre hôpital manque de tout.

Chers concitoyens,

Tous ceux qui doutaient encore du mépris de nos dirigeants à notre endroit doivent désormais être situés. Il appartient désormais aux Burkinabè de prendre leurs responsabilités.
Nos dirigeants, eux, en plus de pouvoir faire un bilan sanitaire quand ils veulent et où ils veulent, ils s’envolent pour se faire soigner dans les grands hôpitaux européens et américains aux frais du contribuable. Leurs pauvres concitoyens que nous sommes sont délaissés à leur propre sort dans des hôpitaux qui ressemblent plus à des « mouroirs ».
On manque d’argent pour équiper nos hôpitaux mais on ne manque pas d’argent pour envisager la création d’un sénat budgétivore ; on ne manque pas d’argent pour organiser un référendum inutile ; on ne manque pas d’argent pour acheter des citernes à eau chaude pour arroser les citoyens révoltés, on ne manque pas d’argent pour payer du lacrymogène et gazer le peuple qui dit NON et qui revendique ses droits ; on ne manque pas d’argent pour soudoyer certains décideurs et corrompre les populations; on ne manque pas d’argent pour l’achat des consciences, … bref ! On ne manque pas d’argent pour massacrer, abrutir et diviser les populations afin de mieux régner. C’est ça le Burkina Faso émergent ???

Populations de Bobo-Dioulasso,

Le Balai Citoyen et le Mouvement en rouge, organisations de la société civile, dont l’objectif global est « d’assainir la gestion de la chose publique par l’action citoyenne » estiment que cette situation n’a que trop duré. Nous ne nous faisons plus aucune illusion sur la bienveillance de nos dirigeants qui prétendent nous affranchir sur fonds d’engagements sans cesse renouvelés et de promesses jamais tenues.
A la fois victimes et témoins de cette situation, nous nous engageons à mener des actions avec pour objectif que l’Etat burkinabè réhabilite impérativement et urgemment l’hôpital Sanou Souro afin d’améliorer significativement l’offre de soins de santé au bénéfice des populations.
Respectueux des lois et règlements de la république ; fidèles aux principes qui animent notre engagement citoyen ; forts du combat que nous menons déjà avec et pour le peuple, nous invitons l’ensemble du peuple burkinabè à passer de l’indignation passive, isolée et stérile à un rassemblement et engagement citoyen afin d’agir ensemble.
La liberté d’expression consacrée par notre constitution nous donne le droit de manifester notre colère face aux manquements graves et assassins de nos dirigeants et nous donne le droit de revendiquer le respect de nos droits.
C’est dans cet élan de citoyenneté active que Le Balai Citoyen, en collaboration avec le Mouvement en rouge et avec le soutien de toutes les forces citoyennes en faveur du changement pour un meilleur vivre ensemble au Faso, a organisé la présente manifestation en vue de protester contre les défaillances graves et dramatiques de l’hôpital et pour exiger la réhabilitation impérative, urgente et prioritaire de l’hôpital Sanou Souro de Bobo-Dioulasso.
La revendication de la présente déclaration, se résume en un point :
- La réhabilitation totale et impérative du Centre Hospitalier Sanou Souro (CHSS) afin qu’il réponde aux normes et standards dignes d’un vrai hôpital.

Notre démarche est guidée par notre mission qui est de «constituer une force de pression pour le changement social par l’engagement citoyen. Notre détermination sera sans faille et des actions seront répétées régulièrement jusqu’au rétablissement d’un service sanitaire de qualité».

Concitoyens, et concitoyens balayeurs : Cibelles et cibals
Populations de Bobo-Dioulasso,

« L’esclave qui ne peut assumer sa propre révolte, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort ». Désormais, la résistance citoyenne sera active en vue du changement social auquel nous aspirons tous.
C’est pourquoi nous remercions une fois de plus tous les citoyens indignés, sortis massivement ce matin, par delà nos différences, parce que ce qui est en jeu, c’est la vie (la survie même), de nos sœurs et frères malades et piégés dans ce bourbier appelé « HÔPITAL ».
Nous devons restés mobilisés très massivement jusqu’à la satisfaction de cette revendication. Car c’est lorsque le peuple se met debout et dans la rue que le gouvernement tremble. Nous donnons au gouvernement un délai de 3 mois à compter de ce jour pour une réhabilitation significative de l’hôpital Sanou Souro de Bobo-Dioulasso. Et nous invitons tous les citoyens burkinabè, excédés par le dysfonctionnement et l’incapacité en tout genre de l’hôpital, à rester mobilisés et à répondre présents aux prochaines manifestations que nous organiserons jusqu’à satisfaction entière de nos revendications légitimes et pour le respect des droits du citoyen aux soins de santé de qualité.

Ensemble et unis autour de nos malades et de notre hôpital, nous vaincrons !

Notre nombre est notre force !

KouuuuuuuuuuuuuWi !!!!

Pour le Mouvement « Le Balai Citoyen »

La Cordination de Bobo-Dioulasso

Le Coordinateur
Diakité Alexandre


N.B : la titraille est du site

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