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Le Quotidien N° 1032 du 7/4/2014

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Bangpoore, zone non lotie de Tingandogo / Ouagadougou : 7000 habitats sous la menace d’un projet de démolition
Publié le mardi 8 avril 2014   |  Le Quotidien




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Dans le cadre des travaux d’extension de l’Hôpital Blaise Compaoré, des milliers d’habitants de la zone non lotie de Tingandogo ont été sommés de plier bagages. A 3 jours du délai qui leur est donné pour quitter les lieux, les habitants du village qui n’ont pas bénéficié de mesure de relogement ne savent pas où aller et crient leur ras le bol. Le 7 avril dernier, les habitants se sont, encore indignés, face à ce qu’ils ont qualifié d’injustice. Pour le mouvement de solidarité pour le Droit au logement (MSP-DROL), membre du réseau international No Vox, le gouvernement doit se rappeler et respecter ses engagements internationaux, selon lesquels, il abandonnerait tout projet de déguerpissement.
Deux semaines, c’est le délai qui a été donné aux habitants de Tingandogo pour quitter les lieux où ils logent depuis près d’une décennie. Et ce, sans la mise en œuvre d’un plan de relogement et d’indemnisation. Alors que le principe d’expropriation, pour cause d’utilité publique, prévoie une juste et préalable indemnisation des personnes expropriées. A 3 jours du délai de déguerpissement, des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité stationnés vers l’ancien péage s’apprêtent à intervenir. Chez les occupants des 7000 habitats menacés de démolition, ça rime avec la psychose. Où aller ? Comment faire ? Mais dans cette situation, les habitants bénéficient du soutien du mouvement de solidarité pour le droit au logement et de la coalition des habitants africains du Burkina. Devant une grande mobilisation des habitants, le mouvement a animé un point de presse, le 7 avril 2014, au cours duquel son président Seydou Traoré, a appelé les autorités à abandonner leur projet de déguerpissement avant qu’une solution sur le relogement des habitants de la zone soit trouvée. « Sans nous opposer au projet de construction de l’hôpital Blaise Compaoré, nous demandons une concertation avec tous les acteurs pour chercher des solutions légitimes afin d’éviter les troubles qui n’honorent personne dans notre pays », a-t-il laissé entendre. A en croire Seydou Traoré, ce projet est une fois de plus une violation des autorités de leurs engagements d’œuvrer à l’effectivité du droit au logement d’ailleurs garanti par la Constitution. « Le 13 octobre 2004, lors d’une conférence à laquelle des représentants d’ONU-Habitat étaient présents, des responsables du ministère de l’Habitat avaient pris l’engagement de ne plus déguerpir des zones non loties », a martelé Seydou Traoré. Pourtant dans cette affaire, c’est le silence radio au niveau du ministère de l’Habitat. Alors, reste la logique de déguerpissement bien nourrie par le Haut Commissaire de la province du Kadiogo, Halidou Ouédraogo qui aurait laissé entendre que rien ne s’opposera au déguerpissement des habitants. Seydou Traoré dit avoir regretté l’attitude de refus de dialoguer de certaines autorités en l’occurrence, le Haut commissaire de la province du Kadiogo à qui il aurait écrit 7 fois, sans que celui-ci ne daigne lui répondre. En principe, ce matin même le président du mouvement de solidarité pour le droit au logement devrait être reçu par le maire de la commune de Komsilga. Selon Seydou Traoré, il sera question de demander au maire d’œuvrer à privilégier la recherche de solutions que d’utiliser la formule manu militari car, selon lui, il y a suffisamment d’espace à Komsilga pour reloger les habitants menacés de déguerpissement. Mais en attendant, le calvaire des habitants continuent de se décrire à l’image de Roukiata Kéré qui raconte avoir perdu connaissance suite à des coups de sommations des forces de sécurité quand elle s’est approchée pour se renseigner par rapport au motif de la présence policière dans la zone. « Quand je les ai approché, le mercredi dernier, ils (ndlr : les policiers) m’ont dit qu’on les a envoyé pour gâter et non pour négocier », a-t-elle laissé entendre. Rokiatou Kéré, tout comme Salifou Yerbanga, ont fustigé l’ingratitude du maire de l’arrondissement actuel qui leur a fait des promesses pendant la campagne électorale, des promesses qu’il ne tient pas. Idrissa Kobré dit ne rien comprendre de ce qui se passe, parce que à l’en croire, le président du Faso, pendant la pose de la première pierre en vue de la construction de l’Hôpital qui porte son nom, avait instruit pour que les bornages soient faits rapidement pour permettre aux populations de toute la zone d’avoir des terrains pour se réinstaller. Mais contre cette instruction, ce sont seulement ceux qui habitaient sur l’espace occupé actuellement par l’Hôpital qui ont bénéficié de terrains et ce, contre paiement de la somme de 100 mille francs CFA. Au sentiment d’injustice peut substituer très vite celui de la révolte d’où la diligente et l’urgence qui s’imposent dans la gestion de cette affaire .

Par Roger Melchisédech KABRE

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