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Référendum sur l’article 37 de la Constitution : le recours au constituant originel n’est pas illégitime
Publié le samedi 21 decembre 2013   |  L’Hebdomadaire


Etats-Unis
© Présidence par DR
Etats-Unis d`Amérique : Blaise Compaoré rencontre la diaspora burkinabè
Samedi 21 septembre 2013. Washington DC. Le président du Faso Blaise Compaoré a rencontré les ressortissants burkinabè de la capitale fédérale des Etats-Unis d`Amérique et de sa région


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L’opposition burkinabè serait un enfant gâté de la démocratie, qu’elle n’agirait pas autrement. Elle passe le plus clair de son temps à crier, à gesticuler, à insulter, à récriminer contre le pouvoir avec des exigences à satisfaire, ici et maintenant, un point c’est tout.


Sa derrière déclaration est le prototype de la crise de nerfs née des urticaires qu’elle pousse à chaque initiative de réforme du gouvernement. Jugez-en vous-même  : la mise en place du Sénat, elle n’en veut pas. Le référendum sur l’article 37, elle n’en veut pas. Que veut-elle  ? Descendre dans la rue. Que Blaise Compaoré et son parti leur offre le pouvoir en 2015 sans discuter en aucune façon sur leurs chances de la conserver. Et le peuple des électeurs  ?

C’est elle l’opposition, le peuple ! Sa volonté à elle est la volonté du peuple. Le reste, surtout les initiatives de réforme du gouvernement, ne sont qu’imposture illégitime puisque la légitimité est à géométrie variable selon sa vision sélective des articles de la loi fondamentale. La légitimité, serait l’alternance dès 2015 comme pour dire, vous du CDP avez eu votre part de durée au pouvoir, donnez-nous aussi à l’opposition un temps pour gérer l’appareil d’Etat.

Non  ! La démocratie pluraliste n’est pas un match truqué de football où les équipes adverses acceptent de se dominer tour à tour et de se marquer des buts à égalité pour faire plaisir à leurs supporteurs respectifs. Pourtant, c’est cette vision étriquée que met en avant l’opposition burkinabè quand elle crie à tue tête que Blaise Compaoré après 27 ans de pouvoir doit passer la main.

Et pourtant l’alternance ne se décrète pas y compris par la constitution même dans les démocraties les plus avancées. Elle est la résultante d’un rapport de forces électorales qui indique quelle formation politique ou quel groupe de formations politiques a la confiance de la majorité de la population pour gouverner.

Dans la situation présente du Burkina, c’est connu, la clause limitative des mandats à la présidence du Faso n’est pas interdite de révision. Il se trouve que des Burkinabè sont pour que cette clause soit levée et d’autres Burkinabè sont contre.

En tant que garant de la constitution, le président Blaise Compaoré peut-il choisir un camp contre un autre  ? Le choix du juste milieu s’impose à lui. Ce juste milieu, c’est le retour au constituant originel, le peuple, pour départager les protagonistes sur cette question d’importance.

Dans ce sens, le référendum n’est pas seulement légal, il est légitime. Il peut difficilement être interprété comme un coup d’Etat. L’illégitimité, le coup d’Etat, consisterait à ne pas consulter le peuple sur une question aussi cruciale, passant en perte et profit ses aspirations pour se contenter des récriminations d’un camp, celui des opposants ici, en l’occurrence. De ce fait, le refus du référendum est anti-démocratique et contraire aux lois et à la logique républicaine.

La vérité et nous l’avons déjà écrit, est qu’une partie des Burkinabè, les partisans de l’opposition, minoritaires à l’Assemblée nationale, joue à faire peur aux autres Burkinabè transformant le débat politique,  en une guerre de tranchées où ceux qui se prennent pour les bons citoyens exècrent les mauvais qui seraient ceux au pouvoir et y usent de manœuvres dilatoires pour s’incruster. 

Pourtant, il faut le redire, le référendum est un instrument d’expression de la volonté du constituant originel, le peuple. Aussi, c’est une contradiction flagrante pour nos chers opposants de se proclamer démocrates et républicains et être contre l’organisation d’un référendum dans les conditions prévues par la loi.

A la vérité, ce refus du référendum traduit la peur de se faire désavouer par le peuple des électeurs et réduit la démocratie à des logorrhées verbales ou les meilleurs à gouverner seraient ceux qui crient le plus fort et monopolisent l’attention des médias. C’est là, plus qu’une méprise. C’est une grave erreur d’infantiliser le peuple au point de vouloir se substituer à lui, allant jusqu’à lui refuser le droit de s’exprimer par les urnes.

Une autre erreur de l’opposition burkinabè, est celle qui consiste à comparer la situation du Burkina à celle qu’a connue le Niger avec le président, Mamadou TANDJA. L’article 37 de la constitution nigérienne si on peut parler ainsi pour mieux se faire comprendre, ne pouvait pas être révisé selon les termes de la loi fondamentale.

En demandant sa révision, le président TANDJA était dans l’illégalité avant même de parler d’illégitimité. En plus, l’opposition nigérienne était réprimée obligeant le principal opposant d’alors, Mahamadou Issoufou à l’exil. Dans la situation burkinabè.

Non seulement l’article 37 ne fait pas partie des dispositions non révisables de la constitution mais qui plus est, l’opposition est libre comme un poisson dans l’eau et c’est au contraire, elle qui menace le pays de chaos si le pouvoir n’obéit pas à ses injonctions de non réforme.

Hors en dernière analyse, c’est la quasi certitude de ne pas avoir la majorité du peuple des électeurs avec elle, plus que la défense de l’orthodoxie constitutionnelle qui justifie le refus de l’opposition et du sénat et du référendum sur l’article 37 et les menaces de troubler la paix sociale.

La politique a beau avoir une bonne dose de subjectivité, mais pas au point de refuser au peuple le droit républicain à un référendum constitutionnel  !

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