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L’Observateur Paalga N° 8524 du 20/12/2013

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Fêtes amères à Essakane
Publié le vendredi 20 decembre 2013   |  L’Observateur Paalga


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© Autre presse par DR
Fêtes amères à Essakane


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Alors que dans le Burkina profond, l’on s’interroge encore sur quoi demain sera fait, la fièvre des fêtes de fin d’année a déjà gagné nos principaux centres urbains, où l’on constate au quotidien la ruée vers les magasins au top, en attendant l’invasion de nos artères et yaars par les marchands de gallinacés.A quelle sauce les disciples de Mamont, le dieu de l’argent, nous mangeront-ils cette année, où la vie chère était sur toutes les lèvres ?En attendant, cher cousin, c’est un silence de cimetière qui règne aux quatre coins de la capitale, où la fin de l’année est l’occasion où jamais pour les commerçants, véreux ou pas, de s’en mettre plein les coffres.Le moindre mal, dirait ton oncle Kirsyamba qui, de retour du marché de Kienfangué, a été la proie des mauvais garçons qui essaiment la cité.Hélas, cher Wambi, les bandits de grand chemin frappent encore à nos portes, et aucune province n’échappe à leur razzia en dépit des efforts des forces de l’ordre et de la sécurité : La Boucle du Mouhoun, le Boulkiemdé, le Sanmatenga, le Nahouri, abonné aux attaques à main armée, en passant bien sûr par la capitale, Ouagadougou, où le quartier de la Rotonde a essuyé en une semaine 16 assauts, et Rood Woko, où un commerçant a été délesté de la bagatelle de 50 millions de nos francs au petit matin du lundi dernier.

Vers qui maintenant se tourner face à l’ampleur du fléau et à l’impuissance avouée de nos forces de sécurité ?

Sans transition, je t’invite, cher Wambi, dans l’arène politique, où l’événement demeure la sortie médiatique du Grand Sachem depuis Dori, le 12 décembre, le lendemain même de la commémoration du 53e anniversaire de notre indépendance, et qui continue de faire couler tant d’encre et de salive.

Plus de doute, le Sénat sera bel et bien installé et un référendum organisé pour décider de l’avenir du fameux article 37 de notre Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Premier effet de cette bombe sortie de son laboratoire de Kosyam, c’est l’ouverture du mercato politique qui a vu ce mardi 17 décembre la démission de Mingnèeré Fidèle Kientega de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (UNIR/PS) à quatre jours de la tenue de son 1er congrès.

D’un tel cadeau Me Bénéwendé Stanislas Sankara n’avait certainement pas besoin au moment où beaucoup d’échéances se profilent à l’horizon, mais hélas.

Les grandes manœuvres semblent avoir commencé, et chaque chef de parti devra savoir tenir ses députés, ses conseillers, si ce ne sont tout simplement ses militants.

Très bientôt en tous les cas, nous pourrions assister à une recomposition de la scène politique en prélude au rendez-vous présidentiel de 2015.

Surtout qu’une folle rumeur vient de s’emparer de la cité, annonçant de possibles retrouvailles entre le CDP d’Assimi Koanda, l’ADF/RDA de Gilbert Noël Ouédraogo, l’UPR et l’UNDD d’Hermann Yaméogo.

J’ai hâte en tout cas de voir ce que produirait un tel cocktail.

Cher Wambi, je ne doute pas que tu saches qu’en fin d’année, le contenu à donner aux fêtes de Noël et du Nouvel An trotte dans la tête de nombreuses personnes ; malheureusement, certains Burkinabè resteront en marge de ce concert annoncé de réjouissances. Sont de ceux là plusieurs travailleurs de la mine d’Essakane, préoccupés qu’ils sont par la perte de leur emploi. En effet, au détour d’une rencontre avec la direction générale, le collège des délégués du personnel a appris le licenciement en cours de 240 employés dont 71 avec un contrat à durée indéterminée pour motifs économiques. Bien entendu, une telle nouvelle ne pouvait être acceptée par les travailleurs, qui pensent plutôt que l’employeur a choisi la voie de la facilité. Ils en veulent pour preuve la non-exploration de certaines pistes, notamment la réduction des heures de travail, le travail par roulement, le travail à temps partiel, le chômage technique, le redéploiement du personnel, le réaménagement des primes, les indemnités et avantages de toutes natures… voire même la réduction des salaires. La section syndicale des travailleurs des mines d’Essakane rejette le processus de licenciement engagé par la direction et marque sa disponibilité pour toute recherche de voie de réduction de coûts prioritaires.

Reste à espérer, cher Wambi, qu’au plus vite les protagonistes de la crise trouvent un terrain d’entente.

C’est le vœu de Tipoko l’Intrigante dont je m’empresse de t’ouvrir le carnet secret :

_ Le promoteur du maquis «Le Kremlin», sis à l'ouest de l'Institut des sciences (IDS) à l'ex-secteur 29 de Ouagadougou, et les jeunes riverains se regardent présentement en chiens de faïence.

En effet, dans la nuit du 13 octobre dernier, des jeunes, excédés par les nuisances dues aux activités menées par ce maquis, se sont exprimés violemment en détruisant le local abritant le Kremlin. Le ras-le-bol des jeunes a été provoqué par le décès d'un des leurs, poignardé la veille par un habitué des lieux.

En cette fin d'année 2013, le promoteur œuvre à la remise en route de son business en dépit du climat délétère qui règne dans la zone. Ce qui n'est pas du goût des jeunes.

C'est pourquoi ces derniers font des pieds et des mains afin que les activités de ce maquis cessent d'être un souci pour les populations riveraines.

A cet égard, des demandes d'audience, des plaintes et autres écrits ont été adressés aux responsables des arrondissements n°5 et 10 dont relèvent les populations riveraines.

Les écrits adressés aux maires d'arrondissement dénoncent le fait que chaque soir les animateurs font vivre les riverains dans «un enfer musical» avec des décibels insupportables de 21 heures au matin.

Las d'attendre une réaction appropriée des responsables communaux et des autorités coutumières et religieuses, les jeunes ne savent plus à quel saint se vouer.

En effet les porte-parole des riverains ont l'impression que les responsables qu'ils ont appelés au secours semblent louvoyer, arguant que le promoteur serait adossé à un ancien militaire qui fut député et, ayant servi au protocole d'Etat, est un grand de ce pays bien introduit dans les milieux politiques au pouvoir.

Si cela s'avérait, celui-ci vient s'ajouter à la liste de ces prétendus caciques du parti majoritaire qui contribuent à créer la haine vis-à-vis de ceux qui nous gouvernent...

Au nom de la cohésion sociale, trouvons rapidement une solution à cette situation, qui pourrait exploser du jour au lendemain.

- Des oubliés de la République, le directeur de la Communication et des relations publiques de la commune de Ouagadougou y revient à travers cet éclairage :

‘’Monsieur le Directeur et très cher confrère,

Dans votre livraison du vendredi 13 décembre 2013, vous évoquiez dans la rubrique «Une Lettre pour Laye» l'absence de rues dédiées à certaines personnalités de notre pays.

Aussi, me plaît-il de vous communiquer les informations ci-après.

En effet, vous avez raison en ce qui concerne Monsieur Maurice Sanou ; en revanche, il existe une rue affectée à Feu Christophe Kalenzaga. Elle va de l'avenue de l'Aéroport en longeant l’école Koulouba vers l’Est et prend fin à la rue Augustin Dabiré.

Vous remerciant pour l’intérêt que vous portez aux matières relevant des prérogatives de la municipalité de Ouagadougou, je vous prie, Monsieur le Directeur et très cher confrère, de croire en l’assurance de ma profonde considération’’.

Le directeur de la Communication

et des Relations publiques

Mamadou Epiphane Ramcy Coulibaly

- On se souvient, des conseils municipaux ont été dissous pour diverses raisons. Parmi eux, celui de l’arrondissement 4 de Ouagadougou, ex-Nongremassom. Comment y sont gérées les affaires courantes ? Si pour certains dossiers on est prié d’attendre, pour les mariages par contre, une solution a été vite trouvée. C’est ainsi que le samedi 14 décembre, ceux qui voulaient changer de statut en convolant en justes noces avec la perle rare y ont été autorisés par un mandaté de la mairie centrale, en l’occurrence le troisième adjoint à Marin Ilboudo, le conseiller Salif Tiemtoré pour ne pas le nommer. En tout cas ce ne sont pas les mariés qui s’en plaindront !

- La nouvelle est passée incognito, tant des faits de ce genre relèvent maintenant du domaine des chiens écrasés. Et pourtant il y a lieu qu'on y revienne au regard de l'ampleur que prend le phénomène dans la cité: le comportement peu orthodoxe de ces fils à papa. S'ils ne sont pas surpris à «faroter» avec l'argent du contribuable dans les boîtes de nuit, c'est des dangers qu'ils constituent dans la circulation par leur inconduite. La dernière en date, c'est cet accident qui arracha littéralement un poteau sur la RN1 du fait du fils d'un ancien maire d'arrondissement de la capitale.

Heureusement que cela s'est produit à une heure où il y avait peu d'usagers sur la voie. Sinon, on aurait enregistré, à défaut des morts, sûrement des blessés. Si on se rappelle qu'un précédent avait été commis à hauteur de la maternité de Gounghin, commis par un membre de la même famille, il y a vraiment lieu de se poser des questions sur la manière dont sont gérés ces rejetons.

- Pas un coin de rue, de bord d’une grande artère où on ne les voit. Les vendeurs d’aliments divers font légion dans la cité, mais peu d’entre eux se soucient vraiment de la santé du consommateur. Pour preuve, le papier de ciment, les vieux journaux et bien d’autres emballages de provenance douteuse dans lesquels ils enveloppent nos mets. C’est inadmissible de voir encore de telles pratiques au 21e siècle. Alors que nos commerçants, assoiffés de gain, n’ignorent pas qu’ils peuvent bien servir les aliments dans des emballages appropriés à moindre frais ou à défaut à la charge du client. Pourquoi pas sachant que ces récipients sont à la base de nombreuses maladies liées aux microbes ? Il y va en tout cas de la santé de tous !

_ Qui préside aux destinées de l’Association des Burkinabè de la région de Washington (ABURWA) ? La question vaut son pesant d’or malgré la tenue des élections du 19 novembre dernier ayant porté Mathieu Sawadogo à la tête de la structure. Le bureau sortant traînerait les pieds pour organiser une passation en bonne et due forme des charges. Guy Lingani, son président, aurait même poussé l’outrecuidance très loin en faisant désactiver le site web de l’Association (www.aburwa.org) et en gardant par-devers lui les centaines d’adresses email qui servent à informer les membres des différentes activités au sein de la communauté. Beaucoup ne comprennent toujours pas pourquoi quelqu’un qui est même délégué du CSBE (Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger) peut se comporter de la sorte. L’homme, qui a déjà eu droit à deux mandats et même un troisième exceptionnel à la tête de l’ABURWA, semble tout faire désormais pour empêcher cette organisation de fonctionner.

- Sur le tatami, comme dans sa vie de tous les jours, il a durant toute sa longue et prestigieuse carrière de karatéka combattu avec honneur, courage et dignité. Self contrôle, discipline, respect de l'adversaire et de l'autre chevillés au corps, maître Joachim Silga, puisque c'est de lui qu'il s'agit, ceinture noire 5e DAN, expert fédéral, représentant officiel du Sankudo Kikaî au Burkina Faso, enseigne depuis des décennies son art avec passion, rigueur et loyauté à bien de générations qui, à son instar, volent très haut lors des compétitions internationales. Son club, le Sankudo Kikaî, a eu le pied très ferme et explosif au cours de la saison écoulée.

Il a, en effet, remporté les compétitions majeures telles que la coupe nationale de karaté, le kumité combat par équipe et la coupe du directeur technique national. Maître Silga et son club se sont taillés la part de «l’aigle» en remportant 4 médailles en or et une en argent lors du tournoi. Les mérites de maître Silga, la légende vivante du karaté burkinabè, ont été reconnus aujourd'hui même à travers une décoration au Stade du 4-Août. Cette distinction honorifique sera célébrée sportivement le dimanche 22 décembre 2013 à partir de 15 heures au SIAO à l'occasion de la clôture de la saison.

Remise de ceintures, kata à vous couper le souffle et démonstrations d'attaque-défense constitueront le menu principal de la soirée.

- Il n’y a pas que la paix qui préoccupe dans ce pays l’Association ’’Le Burkina Nouveau’’ que dirige le colonel Yacouba Ouédraogo. Ce mot, sa structure entend bien le traduire sous toutes les formes sur le terrain. Le premier acte qu’il vient de poser est tout à fait significatif et là on peut dire que le geste est fort louable. C’est sûr, tous ceux qui passent vers l’hôpital pédiatrique national Charles-de-Gaulle ont pu constater que le monument de la mère et de l’enfant a retrouvé ses couleurs d’antan.

C’est beau quand on prend le temps de l’admirer. On se rappelle que la statue avait été sérieusement touchée par des gens en colère après l’assassinat d’une jeune fille par un militaire de la sécurité présidentielle. Une affaire de cœur qui n’a rien à voir avec cette statue, qui demande elle aussi que la paix règne au Burkina pour le bonheur de tous. Depuis lors, elle semblait triste dans son sort et se sentait même abandonnée. Mais aujourd’hui, elle est heureuse qu’on ait eu des attentions à son égard.

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie.

Au revoir.

Ton cousin

Passek Taalé.

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