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Le Quotidien N° 925 du 23/11/2013

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Utilisation des TIC : les dangers encourus par les jeunes apprenants, selon un spécialiste
Publié le samedi 23 novembre 2013   |  Le Quotidien




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TIC

Dans cette déclaration, Arnaud K. Nikiéma, titulaire d’un DESS en droit du cyber espace, démontre les dangers encourus par les jeunes apprenants l’utilisation des Technologies de l’information et de la communication (TIC), comme moyen de communication. Lisez plutôt.
A l’issue de la Semaine nationale de l’internet 2013, il m’a semblé utile de publier cette contribution à la cyber prudence au bénéfice des jeunes apprenants, qui, accrocs aux TIC, utilisent ces outils au quotidien pour les travaux d’apprentissage ou pour certaines autres activités qui leur sont personnelles. Dans leurs temps libres, leurs habitudes de communication et dans leur éducation, les jeunes se montrent de plus en plus enthousiastes à utiliser les TIC. Chaque technologie de l’information et de la communication révèle à la fois des opportunités et des risques qui ne sont pas inhérents à la technologie en elle-même, mais plutôt dans les usages et le contexte institutionnel. Les bénéfices comme les risques liés à ces TIC peuvent avoir une influence déterminante sur la vie des jeunes. Comment maximaliser au profit des jeunes apprenants les potentialités incontestables des TIC tout en réduisant le plus possible les risques encourus ? C’est ce questionnement qui nous a conduits à faire cet essai. Quelle est la nature des risques liés à l’usage des Technologies de l’information et de la communication et par quels moyens lutter contre les dangers de l’utilisation des Technologies de l’information et de la communication ?

I - La nature des risques liés
à l’usage des TIC

L’usage des Technologies de l’information et de la communication est devenu incontournable dans notre société actuelle. Les jeunes montrent une grande aisance dans l’usage de ces outils, mais il est nécessaire de les aider à en avoir une utilisation raisonnée, responsable et sûre.

1.Quelle est la vision générale du phénomène ?

Notons que l’Internet est l’outil le plus utilisé de tous les TIC qui peuvent être regroupés par secteurs suivants : l’équipement informatique, serveurs, matériel informatique, la microélectronique et ses composants, les télécommunications et les réseaux informatiques, le multimédia, les services informatiques et les logiciels, le commerce électronique et les médias électroniques. Lorsqu’on parle de TIC aujourd’hui, il est question de tous ces outils, logiciels ou matériels de traitement et de transmission des informations (appareils photos numériques, téléviseurs, téléphones portables, ordinateurs, etc.). D’une manière générale, tous les moyens de communication électronique sont visés, quelles que soient leur forme (écrite, imagée, parlée, etc.) et leur cible (clients, fournisseurs, entreprise, relations, etc.). Cela me conforte à dire, en passant, qu’il n’est plus pertinent, actuellement que le ministère en charge de l’Economie numérique continue à organiser juste une « Semaine nationale de l’internet ». Internet est un élément majeur des TIC, mais ce n’est pas le seul. D’ailleurs, seul Internet ne peut impulser le développement sans les autres TIC. Pourquoi ne donc pas rebaptiser l’événement Semaine nationale des technologies de l’information et de la communication « SNTIC » ? Les TIC sont évidemment de formidables leviers au service des apprentissages. Mais, ils comportent aussi de nombreux dangers, parfois méconnus des jeunes apprenants. Parmi les usages les plus courants de l’Internet par le jeune public, nous pouvons trouver la navigation sur les réseaux sociaux (facebook, twitter, viadeo, linkedin…), les messageries instantanées, les blogs, le visionnement de films pornographiques, les jeux en réseaux, etc.
Outre ces usages, les jeunes utilisent les TIC pour des travaux d’apprentissage, la recherche d’emplois, etc. Selon une étude faite sur les jeunes et Internet réalisée en 2010 par deux sociologues des médias, Élodie Kredens et Barbara Fontar , parmi les risques identifiés par les jeunes, la mauvaise rencontre est la réponse la plus souvent donnée. Il apparaît également l’affichage de contenus violents ou réservés aux adultes et en dernier lieu, les cyber escroqueries et les problèmes liés à l’argent. Sous nos cieux, les dangers se rencontrent dans tous les domaines : la mauvaise rencontre, les atteintes à la vie privée, la violence du contenu de certains sites visités, la cyber escroquerie, la cyber délinquance et la désinformation (utilisation d’informations erronées), etc.

2.Quelle peut être l’ampleur des risques encourus ?

Les utilisations à risque des TIC par les jeunes apprenants peuvent avoir différentes qualifications :
- les atteintes à la vie privée par la diffusion de données, vidéos et photos personnelles (confère cas en 2008 de la malheureuse jeune fille du LTO);
- les harcèlements, intimidations et menaces ;
- les injures et diffamations pouvant conduire à des drames psychologiques (dépression, suicide) ;
- les utilisations erronées de données d’apprentissage dues à une mauvaise orientation des recherches ;
- l’accroissement de la paresse du fait que tout semble se retrouver sur Internet ou à portée de main par le biais des TIC;
- la perte de l’engouement pour la lecture au profil des jeux et des échanges sur les réseaux sociaux ;
- la montée de l’incivisme et de l’indiscipline : sonneries de téléphones portables pendant les heures de cours, formation de bandes organisées en gang dont les activités sont facilitées par les TIC ;
- la cyberpédopornographie ;
- la cyberdépendance appelées aussi cyberaddiction pouvant engendrer la désocialisation du jeune et influe sur les résultats scolaires ainsi que sur sa vie familiale ;
- le cyberespionnage ;
- la cyberdiffamation ;
- l’exposition aux contenus violents ou haineux en ligne ;
- etc.

II - Quelques moyens de lutte contre les dangers de l’utilisation des TIC

Les premières solutions résident dans la prévention des risques et dans le traitement adéquat de la victime.

1.La prévention par l’éducation, l’information et la sensibilisation….

L’éducation est considérée ici comme étant le fait de transmettre à la génération future un corpus de connaissances (savoir et savoir-faire) et de valeurs considérées comme faisant partie d’une culture commune. Il s’avère nécessaire de proposer des modules de formation et d’éducation sur la protection des mineurs sur Internet. L’éducation pourrait avoir pour finalité d’amener les jeunes à distinguer leur vie privée de la vie publique et les inviter à prendre conscience qu’Internet est une sphère publique. Cela les éviterait de publier toute leur vie privée sur Internet. Des formations au profit des jeunes pourraient porter sur des thématiques aussi diverses, telles que la cyberdépendance, l’insécurité sur Internet, le cyberpédophile, le repérage des cyberprédateur, les conseils et les aides pour une navigation sereine, le signalement de site illicite, etc.

Tout en intégrant des dispositifs de filtrage pour la consultation d’internet dans ses systèmes d’information, il est important de privilégier la voie de la responsabilisation et inscrire son action dans le cadre plus général de l’éducation au civisme et à la citoyenneté. Les enseignants, les personnels des établissements et les élèves doivent être mis en garde contre les dangers et abus possibles liés à l’Internet. Généralement les jeunes se laissent conseiller dans leurs façons de réguler les risques encourus par l’usage des TIC par leurs pairs et par leurs enseignants ou parents en fonction du niveau perçu de risque.
A cet effet, la netiquette peut constituer une des bases de la sensibilisation des jeunes à l’Internet. Il faut évidemment les aider à respecter la netiquette.

2. Le traitement curatif des victimes

Nous entendons par traitement curatif, les solutions apportées lorsque le jeune adolescent est victime d’une situation néfaste causée par l’usage des TIC. Le traitement curatif des victimes des TIC peut passer par l’appui psychologique, la sensibilisation et par d’autres moyens et actions. En effet, l’appui et le suivi psychologique de la victime sont nécessaires voire capitaux pour lui permettre de se ressaisir et pouvoir poursuivre ses études ou s’insérer dans la vie.
Prenons l’exemple d’un jeune élève dont les données personnelles sensibles, photos ou vidéos pornographiques ont été rendues publiques. Ce jeune pourrait voir une brillante carrière politique ou administrative ou familiale hypothéquée.
Dans pareille situation, une assistance psychologique constante pour permettre à cette personne de réussir une vie épanouie devient impérieuse.
De plus, le traitement spécialisé de certaines atteintes (cyberaddiction) est nécessaire. Il se fait par le biais de services et personnels spécialisés : médecins, psychologues, sociologues, etc.
En outre, le traitement doit passer également par la répression de la cyberdélinquance et des autres infractions commises par le biais des TIC. Il est tout aussi important de réprimer les atteintes aux mineurs et assurer de justes indemnisations aux victimes.
Des sanctions contre des jeunes qui s’exposent de façon délibérée ou qui exposent leurs camarades à des risques peuvent être également envisagées pour dissuader les éventuels adeptes aux mauvaises pratiques.
En conclusion, je dirai qu’aujourd’hui, les jeunes et Internet forment un couple inséparable. Les adolescents et jeunes, addicts crédules, errent sans fin sur la toile. D’une manière générale, que ce soit l’apprentissage aux TIC, l’apprentissage par les TIC ou l’apprentissage avec les TIC, les jeunes sont exposés. Il apparaît donc nécessaire que l’éducation donnée soit davantage axée sur les moyens à donner pour acquérir des compétences nouvelles qui s’inscrive dans un système qui privilégie l’autonomie et la responsabilité de l’apprenant dans le processus d’apprentissage.
Cette publication est une bonne occasion pour moi d’appeler les parents à se former aux usages des TIC et de l’Internet de façon spécifique pour être à même de remplir leurs obligations parentales (garde, surveillance et éducation) à l’ère du numérique, car des drames peuvent se trouver à l’horizon s’ils ne s’y mettent pas.
Il serait également une excellente chose que les autorités en charge de l’éducation et des enseignements intégrant dans les curricula de formation, des modules sur les TIC afin de permettre aux jeunes apprenants d’avoir des rudiments nécessaires à une utilisation efficace et saine de ces nouveaux moyens de communication.

Arnaud K. NIKIEMA
DESS en Droit du cyber espace

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