Le gouvernement et la chefferie coutumière se sont entretenus à huis clos, le mardi 22 octobre 2013 à la présidence du Faso, au sujet de la consolidation de la paix et de la cohésion sociale au Burkina Faso.Les dépositaires de la tradition ont fait des suggestions, qui n’ont pas été communiquées à la presse.Un face à face de près de deux heures a permis au gouvernement et à la chefferie coutumière d’échanger, entre quatre murs, autour de la consolidation de la paix au Burkina Faso, dans un contexte de tensions sociales.Les deux parties, conduites respectivement par le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, et le Mogho Naaba Baongho, y sont donc allées de constat en arguments, pour envisager l’avenir du « Pays des hommes intègres », sous de nouveaux auspices. D’une part, l’on notait la présence d’une dizaine de ministres, dont ceux de l’Economie et des Finances, Lucien Marie Noël Bembamba et de l’Administration territoriale et de la Sécurité, Jérôme Bougouma. D’autre part, notamment du côté des « bonnets rouges », figuraient en bonne place, les rois du Gulmu, Sa majesté Kupiendiéli et du Yatenga, Naaba Kiiba, sans oublier ceux de Dédougou, de Boussouma, de Dakola, etc. Ainsi, les dépositaires de la transition ont, au final, formulé des suggestions allant dans le sens du renforcement de la paix au Burkina Faso. Lesquelles ont été mentionnées dans un message, transmis au Premier ministre, à la fin des échanges, avec pour principal destinataire, le chef de l’Etat, Blaise Compaoré. Mais au grand dam de la presse, aucun détail sur ces propositions n’a filtré. Aussi les journalistes se sont-ils contentés d’une déclaration du porte-parole des coutumiers, le Mogho Naaba Baongho. « Nous avions déjà rencontré le chef de l’Etat au sujet des préoccupations de la chefferie traditionnelle et il avait promis une autre rencontre avec le gouvernement pour lever les obstacles et consolider la paix dans notre pays. Nos échanges se sont bien déroulés. Nous avons transmis nos préoccupations et fait des propositions dans le sens du renforcement de la paix », a confié celui-ci, devant des hommes de médias restés sur leur faim. Pas un seul mot n’a été dit sur les problèmes qui tiennent à cœur à la chefferie traditionnelle, encore moins les suggestions qu’elle a faites pour la bonne marche du pays. Les chefs coutumiers sont-ils revenus sur la mise en place du Sénat, projet qui divise l’opinion ? Ont-ils fait des propositions en rapport avec les conflits liés à la chefferie traditionnelle, de plus en plus récurrents ?
Ce sont autant de questions restées sans réponses. A l’ouverture des échanges, le Premier ministre a rappelé « l’intérêt que le président du Faso accorde à la chefferie traditionnelle en tant qu’institution incontournable dans l’animation de la vie politique, socio-économique et culturelle dans notre pays ». Il a également remercié les chefs coutumiers pour leur « forte implication » dans la résolution de la crise sociopolitique de 2011, et les « actions multiformes » entreprises pour désamorcer les tensions à travers le pays. L’engagement de la chefferie coutumière dans la lutte contre certaines pratiques néfastes (excision, mariage forcé…) n’a pas été non plus occulté par le Premier ministre. Il a par ailleurs attiré l’attention des chefs coutumiers sur le fait que, le gouvernement compte sur leur accompagnement pour « régler » et « apaiser » les conflits autour des successions de chefferie. En retour, le Mogho Naaba Baongho a manifesté sa gratitude au gouvernement, qui, à ses dires, prête une oreille attentive aux problèmes de la chefferie traditionnelle.