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Sidwaya N° 7526 du 22/10/2013

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Lucien Marie Noël Bembamba, ministre de l’économie et des finances : « la banque mondiale veut faire du Burkina, un modèle de réussite »
Publié le mardi 22 octobre 2013   |  Sidwaya


Lucien
© Autre presse par DR
Lucien Marie Noël BEMBAMBA, Ministre de l’Économie et des Finances
Gouvernement du Burkina FASO du 23 février 2012


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Jamais auparavant, une délégation du Burkina Faso aux assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale n’a connu autant d’attention de la part des plus hautes autorités des institutions de Bretton Woods. Au point d’avoir eu l’honneur d’être reçu en audience par le président de la Banque mondiale, M. Jim Yong Kim. C’était le dimanche 13 octobre 2013, au cabinet du président à Washington D.C. Dans l’interview qui suit, le ministre Lucien Marie Noël Bembamba, avant de dresser un bilan de la participation de la délégation du Burkina Faso à ces rencontres, n’y voit principalement que deux raisons.

Sidwaya (S.) : Qu’est-ce qui explique aujourd’hui les bonnes relations entre le Burkina et la Banque mondiale ?

Lucien Marie Noël Bembamba (L.M.N.B.) : C’est d’abord le rôle que joue de plus en plus le Burkina Faso au plan international. C’est ensuite nos récentes performances économiques. Sur le premier point, il est indéniable que grâce aux actions multiples de Son Excellence, Monsieur le Président du Faso, notamment dans la résolution de certaines crises en Afrique, notre pays connaît un rayonnement, une certaine notoriété et de la considération sur l’échiquier international. J’en veux pour preuve, l’éclatant succès de la récente tournée du chef de l’Etat aux Etats-Unis d’Amérique.
Sur le second point est que plusieurs évaluations indépendantes ont fait ressortir que sur une période récente, le Burkina a réalisé de bonnes performances économiques. Il a su mettre en œuvre de bonnes réformes en matière de gestion des finances publiques au point d’être cité en exemple au niveau de l’Afrique. Tous ces éléments ont incontestablement contribué à cette considération notamment auprès du groupe de la Banque Mondiale.

S. : Que peut-on retenir de votre audience avec le président de la Banque mondiale ?

L.M.N.B. : C’est vrai que ce n’est pas courant que le Président de la Banque Mondiale rencontre personnellement les délégations au cours de ces assemblées. Notre appréciation sur cette audience est que le Président Kim de la Banque mondiale veut faire du Burkina, un modèle de réussite de la politique qu’il veut imprimer à la Banque mondiale, notamment pour éradiquer l’extrême pauvreté et promouvoir la prospérité partagée. Au cours de nos échanges, il s’est personnellement engagé à nous accompagner surtout pour la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement, (OMD), et ce à travers des actions plus concrètes et plus visibles. Nous sommes convenus de lui soumettre des propositions dans ce sens et il a promis de les examiner personnellement.

S. : Sur cette question de réduction de la pauvreté, les analystes de notre économie relève le fameux paradoxe qui caractérise l’économie du Burkina qui, en dépit de sa bonne croissance ne vient pas à bout de l’extrême pauvreté d’une partie de la population burkinabè ?

L.M.N.B. : Sur cette question, nous avons déjà eu l’occasion d’expliquer que de nombreux indicateurs notamment sociaux montrent que la pauvreté recule au Burkina, mais c’est le rythme mais aussi l’ampleur qui reste en-deçà de nos attentes. Avec un taux démographique de 3,1% l’an, il nous faut faire davantage, notamment en matière de croissance, de construction d’écoles et de centres de santé..., pour parvenir véritablement à une réduction de la pauvreté. Du reste, cette question des retombées des fruits de la croissance, qui n’est pas propre au seul cas du Burkina, a été au centre des discussions lors de ces assemblées.
Avec le président Kim de la Banque mondiale, nous avons longuement échangé. Notre point de vue sur la question est que, premièrement, il faut faire en sorte que la croissance soit davantage portée par les segments et les activités qui créent des revenus notamment pour les pauvres. Dans notre cas, c’est surtout l’agriculture.
Deuxièmement, il faut intensifier les investissements dans les secteurs sociaux tels que l’éducation et la santé pour pouvoir répondre à la forte demande additionnelle chaque année, liée à la forte démographie. Enfin, il faut engager des actions volontaristes telles que la création d’emplois pour les jeunes, le renforcement des filets sociaux pour les couches vulnérables et la promotion des activités génératrices de revenus pour les femmes. Dans tous les cas, cette thérapeutique, de la redistribution des fruits de la croissance sera désormais au cœur des programmes que nous aurons avec les institutions de Bretton Woods.

S. : Globalement, quel bilan faites-vous de la participation de la délégation du Burkina Faso à ces assemblées annuelles ?

L.M.N.B. : Je peux affirmer que le bilan est largement positif. Outre les entretiens de haut niveau telle que l’audience avec le président de la Banque mondiale, nous avons eu des séances de travail fructueuses avec nos différents partenaires. Ainsi, nous avons pu signer deux conventions de financements d’environ 31 milliards de F CFA pour des projets d’électrification et de construction de l’aéroport international de Ouagadougou-Donsin. Avec les services de la Banque mondiale, nous avons passé en revue les différents projets et programmes. Et trois domaines feront l’objet d’un suivi particulier. Il s’agit de la création d’emplois, des filets sociaux et de l’agriculture. Sur les deux premiers points, la Banque mondiale, s’engage à intervenir pour 25 milliards de F CFA sur chacun, soit 50 milliards à compter de 2014.
S’agissant de l’agriculture, avec mon collègue ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, qui nous a accompagné dans cette mission, nous sommes convenus avec les départements concernés de la Banque mondiale, d’arrêter dans les prochains mois, un plan d’action pour rendre encore plus performants les financements dans le secteur agricole, notamment en termes de création d’emplois, d’augmentation de la production, etc.
Avec le FMI, nous sommes tombés d’accord pour engager un nouveau programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), qui va nous permettre d’avoir accès aux ressources concessionnelles du FMI. Et dans le cadre de ce programme, nous avons insisté pour que la question de la croissance partagée soit mieux prise en compte, notamment au niveau des dépenses publiques. Par ailleurs, au regard de nos importants besoins de financements, le FMI a marqué son accord pour des dérogations pour accéder à certains prêts concessionnels en vue de financer certains projets importants dans le domaine des infrastructures.
Au-delà des séances de travail, avec ces deux institutions de Bretton Woods, nous avons pris part à certaines rencontres avec les autres pays africains. Il en est ainsi de la rencontre initiée par le Président de la commission de la CEDEAO pour élaborer un programme spécial sur la problématique de la sécurité alimentaire et du développement dans la zone du Sahel. Il y a eu également les échanges au niveau de notre groupe au sein du Conseil d’administration de la Banque mondiale et du FMI et à ce titre, le Burkina devra occuper le poste d’administrateur suppléant au conseil d’administration de la Banque mondiale pour compter de fin février 2014 avant de passer au poste de d’administrateur titulaire en 2016. Enfin, nous avons eu des séances de travail avec des investisseurs, notamment américains, qui ont manifesté leur intérêt à investir au Burkina Faso.

S. : La situation de blocage notamment du budget fédéral des Etats-Unis d’Amérique, si elle perdurait, peut-elle avoir des répercussions sur l’économie du Burkina Faso ou de la sous-région ouest-africaine ?

L.M.N.B. : Il est certain que si cette situation perdurait, elle affecterait l’économie mondiale et dans ce cas, il faut craindre que cela contrarie les quelques signes de reprise qu’on a pu observer çà et là. Et si l’économie mondiale est en récession, cela aura certainement un impact sur notre économie et celle de notre sous-région. Mais on a bon espoir qu’une solution sera trouvée dans les meilleurs délais et tout le monde y gagnera.

Entretien réalisé par Pierre WAONGO

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