Le Burkina Faso a enregistré plus de 1 000 infractions au Code de la route en seulement douze heures après le lancement officiel de la e-verbalisation, un dispositif que les autorités présentent comme un levier majeur pour réduire l'insécurité routière, a appris Aouaga.com dimanche 02 août 2026.
En visite au Centre de supervision de la vidéoprotection à Ouagadougou, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a suivi le fonctionnement du système, depuis la détection des infractions par les caméras jusqu'à la validation des dossiers et l'envoi des notifications aux contrevenants.
Le ministre a rappelé que le Burkina Faso enregistre en moyenne 62 accidents de la circulation par jour et une cinquantaine de blessés. Il a également indiqué que 649 personnes sont décédées sur les lieux d'accidents, un bilan qui pourrait être « trois à quatre fois plus élevé » si les décès survenus après évacuation étaient pris en compte.
Entre minuit et midi, le dispositif a relevé 1 099 infractions. Les plus fréquentes concernent le non-port de la ceinture de sécurité, le non-respect des feux tricolores, les excès de vitesse et l'utilisation du téléphone au volant. À la mi-journée, cinq contrevenants avaient déjà réglé leur amende via la plateforme FASO ARZEKA.
Selon Mahamadou Sana, la vidéoverbalisation vise avant tout à modifier les comportements des usagers et à sauver des vies. « Si on touche les poches des usagers, on pourra faire fléchir ce phénomène-là », a-t-il déclaré, précisant que l'objectif n'est pas d'augmenter les recettes publiques, mais de renforcer la sécurité sur les routes.
Les autorités prévoient de tripler, voire quadrupler, le nombre de dispositifs de vidéo-verbalisation à Ouagadougou d'ici 2027, avant leur déploiement progressif dans les principales villes du pays.
Le ministre a également annoncé la création prochaine d'une brigade de recherche et d'investigation spécialisée dans la lutte contre l'insécurité routière, chargée d'identifier et de retrouver les contrevenants afin d'assurer l'application effective des sanctions.
Le ministère de la Sécurité estime que la e-verbalisation constitue un outil de prévention destiné à renforcer le civisme routier et à réduire durablement le nombre d'accidents au Burkina Faso.