La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a prolongé jusqu'en décembre 2026 le mandat de son négociateur en chef, Lansana Kouyaté, chargé des discussions avec la Confédération des États du Sahel (AES). L'organisation ouest-africaine a également réaffirmé sa volonté de mener ces négociations exclusivement dans un cadre collectif.
La décision a été prise dimanche 19 juillet 2026 à l'issue de la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de la Cédéao, tenue à Lungi, en Sierra Leone, apprend-t-on ce mardi 21 juillet 2026.
Les dirigeants ouest-africains ont renouvelé leur confiance à l'ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté pour poursuivre les pourparlers engagés avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ils ont, en outre, demandé aux États membres de s'abstenir de conclure des accords bilatéraux séparés susceptibles d'affecter la cohésion de l'organisation régionale.
La Cédéao insiste ainsi sur le fait que les discussions avec les trois pays sahéliens devront être conduites au nom de l'organisation dans son ensemble.
Cette approche rejoint celle adoptée par la Confédération des États du Sahel. Fin juin, des experts des trois pays se sont réunis à Ouagadougou afin d'harmoniser leurs positions avant l'ouverture des négociations officielles avec la Cédéao.
Les travaux avaient notamment pour objectif d'identifier les intérêts stratégiques de l'AES, de consolider une position commune et de préparer les futures échéances de négociation, tout en veillant à préserver les acquis liés à la libre circulation des personnes et des biens en Afrique de l'Ouest.
Les échanges entre les deux organisations se poursuivent depuis plusieurs mois. Une réunion informelle organisée en mai à Lomé avait déjà réuni les ministres des Affaires étrangères de l'AES, le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray, et Lansana Kouyaté. Les discussions avaient porté sur les questions sécuritaires, les corridors logistiques et l'avenir des relations entre les deux espaces.
Le 6 juillet dernier, à l'occasion du deuxième anniversaire de la Confédération des États du Sahel, son président en exercice, le capitaine Ibrahim Traoré, avait confirmé la poursuite des consultations avec la Cédéao afin de définir un nouveau cadre de coopération fondé sur le respect des décisions souveraines de chaque partie et la préservation des intérêts des populations ouest-africaines.
La prorogation du mandat de Lansana Kouyaté confirme ainsi la volonté de la Cédéao et de l'AES de poursuivre un dialogue structuré en vue de redéfinir leurs relations institutionnelles et régionales.