Dimanche 22 février 2026, à Doussi, dans la commune rurale de Bagassi, plus de 140 tonnes ont été réduites en cendres, laissant près de quatre-vingts producteurs face à une saison brutalement compromise.
Le sinistre s’est déclaré alors que le coton était stocké en attente de commercialisation. Selon des sources locales relayées par la presse burkinabè, les récoltes appartenaient à un groupement de producteurs de coton (GPC) fort d’environ 80 membres.
Situé dans la province des Balé, région de Bankui, le village de Doussi a vu s’élever d’épaisses fumées au-dessus des stocks. Alertée, une équipe de secours de la mine de Bagassi est intervenue pour tenter de maîtriser les flammes. Mais la nature hautement inflammable du coton a considérablement compliqué les opérations.
Aucune origine officielle n’a, pour l’heure, été avancée. Une enquête devrait permettre d’établir les circonstances exactes de l’incendie.
Pour les producteurs sinistrés, le choc est d’abord financier. La vente du coton constitue, pour beaucoup, la principale source de revenus annuels. Les 140 tonnes détruites représentaient des mois de labeur, dans un contexte où chaque campagne engage des investissements en semences, intrants et main-d’œuvre. La catastrophe locale intervient pourtant dans un climat sectoriel plus encourageant.
Au Burkina Faso, la production de coton graine est attendue à 336 812 tonnes pour la campagne 2025/2026, soit une hausse de 15 % par rapport à la précédente, selon les données relayées par le Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA).
Cette progression s’explique notamment par l’extension des superficies cultivées. Les chiffres compilés par le programme indiquent une augmentation de 13 % des surfaces consacrées au coton, soit environ 44 629 hectares supplémentaires, portant le total à 391 407 hectares. Les courbes nationales sont orientées à la hausse. Mais à Doussi, les chiffres ont désormais le goût amer des cendres.
Car derrière les volumes et les pourcentages, il y a des exploitations familiales, des coopératives rurales et des économies locales fragiles, où un incendie peut effacer en quelques heures le fruit d’une année entière. L’enquête dira ce qui s’est passé. Les producteurs, eux, devront déjà penser à la prochaine saison.