Le Tribunal de grande instance Ouaga I a ouvert, ce lundi 9 février 2026, un procès à fort retentissement autour d’un présumé détournement de fonds publics destinés aux personnes déplacées internes, dans un contexte sécuritaire qui fragilise des milliers de familles à travers le pays.
Huit prévenus comparaissent dans cette affaire, dont l’ancienne ministre de l’Action humanitaire, Laure Zongo/Hien, et l’ex-directeur de la gestion des finances du ministère, Camille Yaké Yé. Les six autres co-accusés n’ont pas été officiellement identifiés dans l’immédiat.
Au cœur du dossier, un montant estimé à plus de 3 milliards de francs CFA, logé dans un compte intitulé « Renforcement Prot-SOC/MASSN », destiné à l’achat de vivres pour les déplacés internes. Selon l’accusation, ces ressources, censées soulager des populations vulnérables, auraient été détournées de leur objectif initial.
Les chefs d’accusation sont lourds : détournement de deniers publics, complicité, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.
Cette procédure judiciaire s’inscrit dans la dynamique affichée par les autorités burkinabè de lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des finances publiques. Le procès devrait permettre d’éclairer les mécanismes présumés de ce détournement et d’établir les responsabilités dans une affaire qui touche directement l’aide destinée aux victimes de l’insécurité.