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Burkina Faso : IB, l’espoir d’un pays

Publié le mercredi 21 fevrier 2024  |  Aujourd`hui au Faso
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© Autre presse par DR
Message de Noël du Chef de l`État : « Que la naissance du Christ renforce notre élan commun de reconquête de la Paix » (Capitaine Ibrahim Traoré)
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Le Brumaire du capitaine IB, et de ses frères d’armes le 30 septembre 2022 est le énième soubresaut militaro-politique, vécu, relayé et commenté par votre journal Aujourd’hui au Faso. Or, le même Napoléon disait qu’un coup d’Etat, c’est «lorsque des baïonnettes trouvent une opinion». Au Burkina, l’irruption du jeune capitaine dans la fange politique est plus que ça : outre la spécificité de la prise du pouvoir par la rue qui s’y est mêlée, une rue agglomérée dans le néologisme actuel des «Wayiyan», le cri de ralliement des IBboys, le putschiste en outre s’est constitutionnalisé en prêtant serment devant les grands juges.

Cap sur la lutte contre le terrorisme, qui a justifié le coup d’Etat. Mais aussi sur des actions structurantes. IB et ses alter-égo malien et nigérien ont compris qu’il n’est pas de malédiction sahélienne ou africaine, mais des choix ineptes, des hommes d’estrades et des refus d’agir et d’assumer.

Il donne le sentiment qu’il ne faut plus un pontage au Burkina, mais carrément une greffe du cœur. Aujourd’hui au Faso a 10 ans. Tempus fugit ! Le temps fuit et si chaque homme le sent, personne ne peut dire ce qu’il en est réellement de ce sablier invisible. Comme l’a résumé Empédocle d’Agrigente.

Le présent du présent, le présent du passé, le présent du futur, seul l’instant «T» est saisissable par les actes, et l’intellectuel tout comme n’importe quel bipède pensant … le sait.

Depuis des années, le propre de certaines élites est de mépriser ceux qui ne pensent pas comme eux, ces élites, luttent à maintenir un statu quo, même si ce surplace s’appelle pauvreté, guerres, sous-développement… l’essentiel pour ces hommes est de préserver leurs privilèges et d’étouffer les volontés d’émancipation des peuples.

IB, malgré les moqueries et les scepticismes, somme toute normaux, symbolise une autre étape du réveil des peuples africains. Après l’insurrection de 2014 et toutes les péripéties politiques qui ont suivi, il fallait encore cette étape dans la trajectoire burkinabè. L’espérance n’est pas morte au Burkina. L’AES est une tentative… Est-il temps d’espérer ? Les Burkinabè jugeront.

Voici un système institutionnel ouest-africain qu’est la CEDEAO qui a essayé de faire ce qu’elle peut mais qui maintient ses membres à la queue des nations développées, qui a balbutié dans l’intégration et la libre circulation des biens et des personnes. Prenez la route en direction d’un pays voisin, et vous verrez les réelles conditions de la libre circulation !

C’est pourquoi, la jeune génération décide de renverser la table et de couper les liens de servitude. Nous ne pouvons que leur souhaiter du courage et du succès, car nos peuples le méritent bien ! Tout en leur disant d’aller avec tact ! Ces institutions n’ont fait montre d’aucune solidarité agissante contre le terrorisme, ses morts et déplacements de populations. Leur seule interrogation c’est la date des élections. Or, tous ces pays en guerre ont connu des régimes civils balayés par l’incapacité à faire face aux tueries, la corruption éhontée, l’incompétence notoire, etc. Les troupes démoralisées ont décidé de sauver la nation, même si de par le passé c’est cette même troupe qui était sur le terrain…

La démocratie viendra à la bonne heure ! Supposons que si par extraordinaire, le Burkina Faso organisait des élections en juillet 2024, croyez-vous que le président élu dans ces conditions tiendra un mois ? Les milliards jetés dans ces élections manqueront à la lutte contre le terrorisme.

Ce sont des jeunes fougueux, pressés, qui commettent des erreurs et qui vont en commettre, mais l’histoire des peuples n’est pas un lieu de félicité. Il faut, avec le recul, regretter que la CEDEAO ait manqué de vision et de sagesse pour préserver les liens séculaires. Le président togolais seul a senti cela. Le Béninois Patrice Talon est revenu à la realpolitik. Il faut saluer leur discernement.

Aujourd’hui, le peuple sénégalais s’aperçoit avec effroi que ça n’arrive pas qu’autres. Le tango politique auquel a livré Macky Sall à son pays est symptomatique de cette volonté irrépressible d’un changement de logiciel politique, car les vieilles mœurs sont inopérantes face à une jeune population qui pousse, pousse…

Et il faut saluer ces dirigeants audacieux qui osent et proposent une autre voie à leurs peuples, une alternance responsable, bref un nouveau paradigme de développement. Votre journal Aujourd’hui au Faso, malgré sa jeunesse, qui fête ses noces d’étain ce qui n’était pas évident (Dieu merci vivant d’aides d’amis, d‘expédients depuis des mois jusqu’à quand ? Des factures 2022-2023 restant toujours impayées), votre journal qui a été au cœur de l’actualité tumultueuse de cette décennie écoulée au Burkina Faso, que nous aimons tant, est fier d’accompagner cette dynamique nouvelle du côté du peuple burkinabè. C’est un choix qui ne jure pas avec ce qui est gravé en diadème sur notre fronton. «Ni griot servile, ni détracteur stérile». Et c’est aussi un choix responsable !
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