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Hugues Fabrice Zango, docteur en génie électrique : « J’ai appris à progresser à chaque blocage »

Publié le jeudi 28 decembre 2023  |  Sidwaya
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© Reuters par ALEKSANDRA SZMIGIEL
Le Burkinabè Hugues Fabrice Zango en finale des Jeux olympiques de Tokyo 2021
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Depuis le vendredi 22 décembre 2023, Hugues Fabrice Zango arbore fièrement le titre de docteur. Ce jour-là, le champion du monde en triple saut a défendu avec brio sa thèse en génie électrique sur le thème : « Machine TV électrique à rotor externe pour application en environnement sévère ». Comme dans le sport, le triple-sauteur émérite de 30 ans a plein d’objectifs et de projets.

Quels sont tes sentiments après avoir pu enfin valider ta thèse ?

Je suis content d’avoir passé ce cap très sérieux de ma vie. J’ai développé des compétences scientifiques très pointues, des méthodologies de recherche et de validation. Je suis encore plus content que la communauté scientifique ait validé mes contributions scientifiques, parce que, cette thèse a proposé des systèmes de motorisation qui n’existent pas encore. Je suis vraiment fier surtout que mon focus était partagé avec le sport.

Comment as-tu pu allier sport de haut niveau et hautes études ?

Quand on me pose cette question j’ai envie de dire : ne faites pas cela chez vous. Je suis très méthodique et animé d’une grande volonté. Mais honnêtement, j’ai traversé des épisodes noirs, sans envie, des déprimes à cause de la fatigue, etc. Le seul secret est d’avoir suffisamment de volonté, de discipline, de méthodologie mais surtout de connaissances de soi pour exploiter les temps forts et les temps faibles de notre vie pour se maintenir à flot. En gros, j’ai appris à progresser à chaque blocage. J’ai fait des recherches pour sortir de la déprime et la fatigue. J’ai fait l’effort de me former et de suivre des techniques de productivité. J’ai lu au moins une dizaine de livres dans le but d’exploiter chaque minute. Mais, une fois de plus, il faut s’écouter et savoir jouer entre les temps forts et les temps faibles. C’est un exercice que j’ai réussi, je puis dire.

Quels conseils peux-tu donner aux sportifs burkinabè et même du monde qui veulent poursuivre ces deux lièvres comme toi ?

J’avoue que devenir le 1er docteur et sportif champion du monde en activité est une première dans le monde. Les Américains qui sont champions du sport-études n’ont pas encore produit cela. Mon conseil découle d’un constat : nous sommes très volontaires quand il s’agit d’avoir de l’ambition, mais extrêmement paresseux quand il s’agit de les réaliser. Je suis moi-même paresseux et c’est un perpétuel combat au quotidien. La richesse, l’énergie se trouve dans le mouvement : bougez-vous ! Bougez-vous ! C’est mon conseil. Il faut en effet se bouger pour ce qui dépend de nous, et influencer le cours de ce qui ne dépend pas forcément de nous. Il faut donc connaître ses objectifs parfaitement, les actions qui dépendent de nous. Ce qui ne dépend pas de nous mais comment influencer le destin.

Après cette thèse, quelle est la suite que tu réserves à ta carrière ?

Cette thèse n’est pas une marche d’escalier mais bien un étage atteint. Je ne pourrai pas, même dans un livre entier, vous dire tout ce que j’aimerais faire. En tout cas, dans les semaines à venir, notre focus se tourne vers l’or olympique de Paris 2024. Parallèlement à cela, j’agirai massivement en faveur du sport chez les jeunes avec la fédération d’athlétisme à travers la fondation Hugues Fabrice Zango. Au niveau scientifique, je proposerai mes services et mes compétences pour amorcer le virage industriel dans lequel l’Afrique se lance. Je me sais extrêmement compétent. J’espère ainsi pouvoir taire les stéréotypes du sportif muscle. Je veux instaurer aussi l’image du sportif tête.

C’est quoi la stratégie pour Paris 2024 ?

J’ai beaucoup d’expériences du très haut niveau. Je ne dévoilerai pas encore ma stratégie. Il est trop tôt, mais nous devons frapper de façon chirurgicale. Nous sommes déjà tous au sommet de notre art. La stratégie fera la différence le 9 août prochain.

Quelle sera ta reconversion ?

Je ne parle pas de reconversion vraiment. Mon travail n’est pas d’être sportif, ni ingénieur. Mon travail est d’être une personne vertueuse qui inspire par les actions. Le sport a servi mon ambition de devenir meilleur et la thèse aussi. Si je deviens trop vieux pour faire du sport, j’entreprendrai d’autres challenges simplement pour être meilleur et continuer mon travail de me construire moi-même jusqu’à ma mort.

Entretien réalisé par Yves OUEDRAOGO
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