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Lutte contre le tabagisme : Le ministère en charge de la santé outille des journalistes sur les stratégies subtiles de promotion des produits du tabac

Publié le mardi 13 decembre 2022  |  Sidwaya
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© Autre presse par DR
Lutte contre le tabac au Burkina
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Le ministère en charge de la santé se préoccupe de la promotion des produits de l’industrie du tabac au Burkina Faso. Pour contrecarrer les actions de communication sur le tabac, la Direction de la promotion de l’éducation pour la santé (DPES) a organisé un atelier de formation d’une vingtaine de journalistes, du 8 au 9 décembre 2022 à Koudougou (Centre ouest) sur la législation antitabac, la publicité en faveur du tabac, la promotion et le parrainage des produits de l’industrie du tabac et les conséquences du tabagisme.

La formation a donné lieu à une série de communications présentées par l’attaché de Santé Moumouni Ouédraogo et le chargé d’éducation à la santé Eric Doyé. Elles ont porté notamment sur des généralités sur le tabac, les conséquences du tabagisme, la convention cadre de l’OMS sur la lutte anti-tabac, la législation nationale anti-tabac ainsi que la situation de la lutte anti-tabac au Burkina Faso, et le rôle possible des médias en faveur de cette lutte.

De ces différentes communications, il ressort de la loi portant lutte contre le tabac au Burkina Faso du 25 novembre 2010 interdit « la publicité y compris la publicité transfrontalière et la promotion directes et indirectes, sous quelque forme que ce soit en faveur du tabac et des produits du tabac », à l’exception des espaces autorisés par les textes règlementaires. La même loi interdit toute forme de parrainage ou de sponsoring par l’industrie du tabac. Cette législation et bien d’autres textes réglementaires visent ainsi à « protéger les générations présentes et futures des effets sanitaires, sociaux, environnementaux et économiques de la consommation du tabac et de l’exposition à la fumée du tabac », ont relevé les communicateurs.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le tabac tue 4 800 personnes par an au Burkina Faso, parmi lesquels, on dénombre 1300 non-fumeurs victimes du tabagisme passif.

Mais le constat, selon la DPES est qu’en dépit de ces dispositions, le tabagisme demeure un problème de santé public au Burkina Faso. L’attaché de santé Moumouni Ouédraogo lie cela au non-respect des lois prévues en la matière, toute chose qui, selon lui, pourrait s’expliquer par une ignorance des textes y afférents, mais également, à une méconnaissance des dangers liés au tabagisme.

D’où l’intérêt d’outiller des professionnels de médias, intervenant dans différentes localités du pays, sur la problématique afin de les mettre à contribution dans ce combat. L’objectif visé étant d’amener les journalistes à rester vigilant sur les aspects d’ordre publicitaire en ce qui concerne l’industrie du tabac, a précisé Moumouni Ouédraogo, car, a-t-il expliqué « la promotion du tabac et des produits du tabac ne fera qu’accroitre le nombre de nouveaux consommateurs. »

Les campagnes promotionnelles, les enseignes publicitaires, les gadgets sont des exemples de stratégies par lesquelles l’industrie du tabac passe subtilement pour promouvoir ses produits, malgré les dispositions législatives et réglementaires restrictives, a-t-il souligné.

Selon l’attaché de santé, l’industrie du tabac « recrute de nouveau consommateurs » à travers justement ces stratégies. C’est pour cela que la DPES plaide pour une meilleure implication des journalistes dans l’information et la sensibilisation des populations, notamment, sur les risques liés à la consommation du tabac pour les consommateurs et les non consommateurs.

Au terme des 48 heures de formation, les journalistes ont confié avoir beaucoup appris sur l’industrie du tabac au Burkina, la subtilité de ces actions de communication et les risques liés à la consommation du tabac.

Le journaliste Grégoire Legrand Zongo, venu de Dédougou estime ainsi que la lutte antitabac n’est pas que l’affaire des agents de santé. Les journalistes ont beaucoup à apporter dans cette lutte parce que « le tabac est un produit qui finit par tuer la moitié de ses consommateurs », a-t-il déploré. Et de martelé que « faire la publicité d’un produit qui donne la mort est criminel, par conséquent la presse a un grand rôle à jouer dans ce combat et devrait se démarquer des communications de ce genre. » Poursuivant son raisonnement, Grégoire Legrand Zongo s’est engagé à « travailler à l’éveil des consciences sur les dangers du tabagisme » et aussi à dénoncer au besoin la promotion « même déguisée », des produits de l’industrie du tabac.
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