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Situation sécuritaire au Burkina : déclaration du collectif des OSC de la boucle du Mouhoun

Publié le mercredi 6 juillet 2022  |  Netafrique.net
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© Autre presse par DR
Situation sécuritaire au Burkina : déclaration du collectif des OSC de la boucle du Mouhoun
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La région de la Boucle du Mouhoun subit un harcèlement sans précédent de la part des Groupes armés terroristes (GAT) et peut tomber à tout moment sous leur contrôle.

La situation sécuritaire dans la région de la Boucle du Mouhoun est très alarmante. Le régime de Rock Kaboré, son parti, le MPP et ses alliés politiques, l’opposition bourgeoise toute tendance confondue ont été incapables d’apporter des solutions à l’insécurité au Burkina Faso. Finalement, la question de la lutte contre l’insécurité a eu raison de son régime. L’avènement du coup d’Etat du Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR) a été perçu par certains comme un espoir. Selon le Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba et ses compagnons, c’est la détérioration de la situation sécuritaire qui les a poussés à faire le coup d’Etat pour sauvegarder et restaurer l’intégrité du territoire national.

Six (06) mois après la prise du pouvoir par le MPSR, aucune lueur d’espoir ne pointe à l’horizon. Pire, la situation ne fait que se détériorer de jour en jour, signe que les nouvelles autorités ont du mal à contenir l’hydre terroriste. Ce qu’il faut savoir, c’est que les populations de notre pays ne sont pas dupes. Elles savent que le terrorisme est un produit de l’impérialisme international (français pour ce qui est de notre pays), un moyen de domination, un instrument pour étouffer les mouvements de contestations et de luttes pour une émancipation économique et sociale des peuples africains en général et du peuple burkinabè en particulier.
Dans la région de la Boucle du Mouhoun, des zones entières sont sous le contrôle des Groupes Armés Terroristes (GAT). Ils y dictent pratiquement leurs lois au vu et au su des autorités. De nombreux villages de la région se sont vidés de leurs habitants. Dans de nombreuses localités, les GAT circulent librement, vérifient les pièces d’identité, fouillent les véhicules, contrôlent les sorties des céréales, …
Depuis février 2022, ces GAT ont accentué la pression sur les populations et sur les Forces de défense et de sécurité (FDS). Ils utilisent comme mode opératoire la destruction des pylônes à la dynamite pour provoquer la coupure du réseau de communication (Internet, téléphonie mobile), attaquent et tendent des embuscades sur les positions des FDS, déposent des engins explosifs improvisés çà et là, détruisent des édifices publics (mairies, commissariats de police, gendarmeries, écoles, logements d’instituteurs, …) et des greniers, pillent des cantines scolaires, brûlent les manuels et matériels scolaires, abattent systématiquement le bétails…

Ces GAT ont même réussi à établir des bases arrières et des couloirs qui leur permettent de circuler depuis la zone de Toéni (Sourou) jusqu’à Gassan, Léry, Di, Sono en passant par Barani, Djibasso, Doumbala avec des détours à Nouna (Kossi) et dans ses périphéries. A partir de Nouna, les couloirs remontent à Sanaba, Solenzo et Tansila (Banwa). Tout laisse croire que les provinces du Sourou, de la Kossi, et du Mouhoun sont cernées et les GAT progressent vers la partie ouest de la région des Hauts Bassins en remontant vers la province de Kénédougou.
L’attaque spectaculaire de la prison de Nouna, celle simultanée de la police et de la gendarmerie de Tansila à la veille du début des examens du Certificat d’études primaires (CEP) 2021/2022, les attaques répétées dans la zone de Bourasso, sur l’axe Dédougou – Nouna sont les preuves que notre dispositif sécuritaire est incapable de contenir la progression des GAT. Il faut préciser que les cantines contenant les épreuves du CEP ont été héliportées à Tansila et les GAT n’ont pas attendu longtemps pour attaquer, comme pour dire qu’ils sont les seuls maitres du jeu dans la province des Banwa.

La commune de Ouarkoye (50 km de Dédougou) qui était jusque-là épargnée a connu la furie des hommes armés dans la nuit du 21 au 22 mars 2022 rendant du coup dangereuse la circulation sur l’axe Dédougou – Bobo-Dioulasso (RN 10).

Les attaques d’infrastructures à Gassan (commissariat de police, bureaux de la Poste, pylônes de téléphonie mobile), à Yé (magasin), à Yaba (commissariat de police) et celle récente du poste avancé de Gendarmerie de Tiogo dans le Boulkiemdé, sur l’axe Dédougou – Koudougou, prouve à souhait l’emprise des hommes armés sur la province du Nayala dont le chef-lieu est Toma.

Toutes ces attaques ont eu pour conséquences dans la région : des milliers d’élèves déscolarisés, plus de 500 écoles fermées, plus de 80.000 élèves en rupture d’apprentissage, plus de 10.000 élèves déplacés, des Centres d’éveil de d’éducation fermés, des Centres de santé fermés, des milliers de déplacés internes qui peinent à faire face au quotidien (alimentation, logement, santé, scolarisation des enfants…).

Pire encore, le risque de famine plane sur la région, reconnue comme le « grenier du Burkina » car une bonne partie des terres cultivables est abandonnée aux mains de GAT dans les provinces du Sourou,des Banwa et de la Kossi.
La région de la Boucle du Mouhoun est sérieusement menacée et rien ne prouve que l’objectif ultime de ces GAT n’est pas de prendre sa capitale, Dédougou.
Pour ne rien arranger, les populations hésitent à collaborer avec les FDS à cause du climat de méfiance qui a toujours caractérisé leurs rapports.

Face à cette situation sécuritaire hors contrôle et à la détresse des populations de la région de la Boucle du Mouhoun, les Organisations de la société civile (OSC) de la Boucle du Mouhoun appellent :
– Les populations de la région à soutenir les forces de défense et de sécurité qui se battent nuit et jour au front, avec courage et esprit de sacrifice, pour la préservation de l’intégrité de notre pays ;
– les FDS à s’intégrer aux populations en abandonnant leurs méthodes, reflexes et pratiques hérités de ‘’l’ancien temps’’ et qui contraste avec le contexte actuel (menaces et intimidation des populations, descentes punitives dans les services et dans les quartiers dans le but de venger un des leurs, …)

le MPSR et son gouvernement à garantir la liberté pour les éléments des FDS de se prononcer librement et démocratiquement sur leurs conditions de vie et de travail et sur les voies et moyens pour vaincre aujourd’hui le terrorisme dans notre pays ;
le MPSR et son gouvernement à garantir une meilleure gouvernance de la gestion de la crise sécuritaire ;
le MPSR et son gouvernement à engager les grands moyens pour équiper conséquemment les FDS afin de leur permettre d’assurer une surveillance permanente de la région et de se déployer de jour comme de nuit sur les grands axes routiers, les zones en proie à l’insécurité quotidienne et les lieux publics de la région ;
les auteurs du coup d’Etat du 24 janvier 2022 à s’assumer avec courage face à leur échec en appelant les populations des villes et des campagnes à organiser et à se défendre par tous les moyens ;
les populations à dire non aux coups d’Etat et à s’organiser conséquemment et à se battre au côté des patriotes, des démocrates, des progressistes et des révolutionnaires pour un véritable changement en faveur du peuple burkinabè ;
au démantèlement total des bases militaires étrangères dans notre pays et au départ de toutes les troupes étrangères ;

les jeunes et les vieux (hommes, femmes), les paysans, les commerçants, les acteurs du secteur informel, les élèves et les étudiants, les travailleurs des secteurs publics et privés à maintenir l’esprit de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et de la résistance victorieuse au coup d’Etat fasciste du Général Gilbert Diendéré en se réorganisant au sein du Conseil Populaire pour la Résistance et les Actions Citoyennes (CPRAC) dans les villes et dans les campagnes afin de réfléchir sur les voies et moyens pour faire face à la montée de l’insécurité et à l’incapacité de tous les hommes politiques (toutes tendances confondues) qui ont dirigé notre pays de trouver des solutions idoines aux quotidiens difficiles des Burkinabè.
• Invitent :
– Les autorités locales (Gouverneur, Hauts Commissaires, Présidents des délégations spéciales et leurs membres) à désamorcer la crise foncière actuelle qui exacerbe les tensions entre communautés et à promouvoir le vivre ensemble en amenant tous les acteurs de la vie sociale à faire l’unité pour mener le combat contre les menées xénophobes, ethnicistes, régionalistes et religieuses ;
– les populations des villages et des secteurs des villes à manifester une solidarité agissante à l’endroit des personnes déplacées internes qui sont confrontées aux problèmes de logement, d’alimentation, d’eau, de santé, de scolarisation de leurs enfants, …
– les patriotes, les démocrates, les progressistes et les révolutionnaires de la région de la Boucle du Mouhoun à travailler à la construction d’un large front unique de lutte face à l’insécurité, à la vie chère, à la corruption, à l’impunité et pour un changement profond dans notre pays ; seule condition pour amorcer un véritable progrès économique et social.

Le collectif des OSC de la Boucle du Mouhoun :

Le Président du Conseil Régional des Le Secrétaire Exécutif, porte-parole
OSC du Mouhoun des OSC de la Boucle du Mouhoun
Dédougou Dédougou
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