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Au Burkina Faso, le Faso Dan Fani, tissu traditionnel en coton local, se porte désormais avec fierté

Publié le mardi 2 mars 2021  |  Netafrique.net
Dan
© aOuaga.com par A.O
Dan Fani fashion week : le pagne africain dans tous ses états
Jeudi 3 septembre 2015. Ouagadougou. Le Salon international de design textile africain de Ouagadougou dénommé ‘’Dan`fani fashion week’’, débuté le 29 août, bat son plein sur l`Avenue Kwame N`Krumah jusqu`au 5 septembre
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Il est devenu le tissu incontournable des Burkinabés. Le faso dan fani, le pagne tissé de la patrie en langue dioula, le tissu traditionnel en coton local, se porte désormais avec fierté. Longtemps délaissé après la mort de l’ancien président révolutionnaire Thomas Sankara, qui était allé jusqu’à imposer son port à ses fonctionnaires, cette étoffe revient au goût du jour.

Boubous colorés, robes cintrées, sacs et chaussures assorties… Les amateurs commandent leur modèle sur-mesure chez le tailleur du quartier ou plébiscitent les habits de créateurs du pays. Les initiatives se multiplient pour valoriser le savoir-faire burkinabé.

Concurrence asiatique
Le rêve de François Yaméogo est né d’un constat, amer. Comment se fait-il que l’on importe des conteneurs de fripes en synthétique quand on a l’un des meilleurs cotons locaux ? s’interroge le créateur, qui a décidé de rentrer au pays et de revendre ses quatre boutiques parisiennes, après 30 ans de carrière dans l’industrie du textile en France, pour lancer « François 1er » , sa marque en faso dan fani en 2007. Le styliste fait figure de précurseur. L’ancien grossiste du Sentier commence par s’approvisionner auprès de coopératives de femmes tisserandes.

Sauf qu’au Burkina, la filière artisanale reste peu développée et souffre de la concurrence asiatique. Le pays produit environ 600 000 tonnes de coton graine. C’est une activité qui représente 65 % des revenus des ménages ruraux et qui place le Burkina au 4e rang des producteurs du continent. Mais seulement 2 % sont transformés sur place, le reste étant exporté vers l’Asie.
François Yaméogo a ouvert sa propre fabrique bio en 2018 à Koudougou, dans le centre-ouest du pays. | SOPHIE DOUCE
Dix sept ans après la liquidation judiciaire de la seule usine textile du pays Faso Fani, François Yaméogo décide d’ouvrir sa propre fabrique bio en 2018 à Koudougou, dans le centre-ouest du pays. Une première. Teinture, tissage, couture, tout est fait à la main par les employés, principalement des tisserandes artisanales de la région. Chaque jour, l’usine fabrique près de 250 mètres de tissu. Le créateur, qui se fournit auprès de producteurs biologiques locaux, veut briser les clichés autour des tissus africains et faire du faso dan fani un produit d’excellence et compétitif sur le marché international.

Comme lui, de plus en plus créateurs se tournent vers le coton burkinabé. Le styliste Sébastien Bazémo revisite le koko dunda, un autre tissu local, teint traditionnellement par les femmes dans l’ouest du pays, dans une ligne de vêtements chic et moderne.

Pour protéger ce tissu, menacé par la multiplication des contrefaçons, le gouvernement vient également d’acter la labellisation du faso dan fani |

Longtemps promise par le président Roch Marc Christian Kaboré, qui quitte rarement son boubou en faso dan fani, la première usine d’égrenage biologique d’Afrique de l’Ouest a été inaugurée en janvier 2020 à Koudougou. Pour protéger ce tissu, menacé par la multiplication des contrefaçons, le gouvernement vient également d’acter la labellisation du faso dan fani, qui séduit de plus en plus à l’étranger, en Côte d’Ivoire, en France et jusqu’aux États-Unis.

Ouest-france.fr
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