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SOFITEX : Près de 90 millions FCFA dans le vent, quatre employés dont le DRH aux arrêts

Publié le mardi 29 decembre 2020  |  Netafrique.net
SOFITEX
© Autre presse par DR
SOFITEX : Près de 90 millions FCFA dans le vent, quatre employés dont le DRH aux arrêts
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Quatre employés de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX) ont été mis aux arrêts le jeudi 24 décembre dernier, selon des sources dignes de foi. Bruno Traoré, directeur des ressources humaines et Moulaye Tamboura, chef du service comptable et deux caissiers sont les quatre employés de la nationale des fibres textiles mis aux arrêts jeudi dernier. Il leur est reproché des faits de détournement de fonds. Le montant détourné tournerait autour 90 millions de francs CFA. ( Voir L’Observateur Paalga)

La gestion de la Société des fibres et textiles du Burkina (SOFITEX) suscitent de forte suspicions de graves manquements. Certains acteurs dénoncent un pillage organisé et systématique sans que les premiers responsables ne lèvent le petit doigt pour remettre les choses à l’endroit.

Du coup, ils seraient eux-mêmes suspectés de complicité ou d’être bénéficiaires de ce qui se déroule sous leurs yeux. Ces derniers mois, le mercure est monté à la SOFITEX. Ça sent le soufre. Presque tout le monde est au parfum de ce qui s’est passé. Personne pour lever le petit doigt afin de mettre un terme à ces sorties illégales et injustifiées des sous. De 2013 à 2019, près de 90 millions FCFA ont été vidés des caisses pour des dépenses incomprises. La grogne monte. Comment ils ont maquillé les dépenses ?

Courant 2019, l’information circulait dans de petits groupes : il y a une saignée d’argent inexpliquée au sein de la boîte. Puis, au fil du temps, l’information a été officiellement portée aux premiers responsables de la SOFITEX. Et c’est toujours le silence radio. Des primes d’installation, des frais de départ en congé, des prêts scolaires, des indemnités de fin d’engagement, etc., ce sont les postes de dépenses par lesquels des responsables de la SOFITEX sont passés pour se sucrer pendant des années. Et tout cela, à travers des doubles paiements.

Le montant global est estimé à 89.930.964 FCFA. Mais à quoi tout cela rime ? Selon les premières informations, c’est depuis 2013 que certains responsables de la SOFITEX se sont permis des légèretés avec les sous de la maison. La principale stratégie a été le double paiement de certaines dépenses ou des dépenses sans bénéficiaires connus.

En juillet, par décision n°027/DG2013, quatre agents de la SOFITEX venaient d’être affectés. Pour ce mouvement de personnel, les intéressés doivent recevoir une prime pour leur installation dans leurs nouveaux postes. L’intrigue dans cette affaire est que chacun des affectés a effectivement bénéficié de cette prime d’installation, mais curieusement, l’on retrouve d’autres traces de la même dépense à la Direction générale. Selon les informations, les intéressés ont bénéficié de leur prime d’installation en régions mais le même montant a été sorti à la Direction générale. Ce montant est de 3.196.365 FCFA. Qui a été le deuxième bénéficiaire ? Silence de la Direction générale.

Ensuite, courant 2014-2015, une autre double perception va être constatée. Cette fois-ci, elle concerne des frais de départ en congés pour des chauffeurs permanents et elle s’élève à 24.757.000 FCFA. Les chauffeurs ont été payés et l’équivalent de leur paie a été enregistré doublement, d’où une double perception. Qui est le second percepteur ? Et ça continue. Pour des prêts scolaires au profit de certains travailleurs, l’on constatera également qu’une soi-disant « liste additive » a permis de toucher doublement, soit un montant de 2.750.000 FCFA en août et septembre 2015. En octobre de la même année, 4.547.293 FCFA vont encore sortir et concerneraient des indemnités de fin d’engagement. Ce montant représente une paie qui a été effectuée doublement. Puis en août 2016, cinq agents de la Région de Houndé vont bénéficier d’une régularisation d’heures supplémentaires.

Cette régularisation est payée en région et le même montant est également sorti à la Direction générale, soit 305.858 FCFA. L’on passe à l’année 2018. Là, 998.411FCFA ont été payés comme un rappel de référentiel de salaire d’un agent du nom de D.A, non seulement à la caisse, mais aussi sur le bulletin de paie de l’intéressé. Curieux, non ? En 2018 toujours, l’on a retrouvé des traces d’une facture adressée par la SOFITEX à la SONABEL. Ladite facture d’un montant de 328.040 FCFA a été honorée.

Pour quoi et pour quel motif ? Rien n’est connu. En outre, des sorties d’argent avec des bénéficiaires inconnus sont constatées à plusieurs reprises et sur plusieurs
mois. D’abord, 6.750.500 FCFA déboursés en janvier 2019 avec pour motif,
«indemnité extraordinaire de fin d’engagement». En mars 2019, ce sont 9.867.500 FCFA représentant un «état extraordinaire de congés payés», en avril, ce sont 4.867.500 FCFA représentant également un «état extraordinaire de congés payés ». En juin 2019, 4.150.500 FCFA pour un «état extraordinaire» sans autre précision ; toujours en juin 2019, 3.457.500 FCFA représentant également un « état extraordinaire ».

Pour le mois de juillet 2019, 8.652.000 FCFA ont été payés avec mention « état extraordinaire » ; 2.100.000 FCFA représentant des « justificatifs de frais de mission », une mission qui s’est déroulée courant juin-juillet en France, et dont les frais ont été versés en septembre 2019. Toujours en septembre 2019, un autre « état extraordinaire » faisait ressortir un paiement de 4.752.500 FCFA. Les bénéficiaires de tous ces montants ne sont pas connus.

Ces différentes dépenses « bizarres » tournent autour de 89.930.967 FCFA. Pour bon nombre de travailleurs, cette situation n’est que la partie visible du bradage des ressources de la SOFITEX. Preuves à l’appui, des travailleurs s’insurgent et demandent des explications sur ces états, qu’ils qualifient de pillage organisé. Au niveau de la Direction générale, aucun cadre ne veut s’ouvrir. « Les gens ont peur de dénoncer », confie-t-on, avant de préciser que « cette peur va créer plus de problèmes à la SOFITEX et au pays ».

Nous avons adressé une correspondance au Directeur général pour comprendre ce les contours de cette affaire. Si cette correspondance a reçu un accusé de réception, la réponse quant à elle, se fait toujours attendre. Mais selon certaines sources, l’Administration croiserait les doigts pour que les agents n’exigent pas des explications. Affaire à suivre !
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