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Lutte contre le terrorisme: l’ambassadeur Li Jian dévoile la recette chinoise

Publié le dimanche 23 fevrier 2020  |  FasoZine
L`ambassadeur
© Autre presse par DR
L`ambassadeur de la Chine au Burkina Faso, Li Jian
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De 1990 à 2016, la Chine a subi une série d’attaques terroristes sur son territoire, dans la région autonome du Xinjiang en particulier. Le pays a aussitôt réagi en mettant en place des mesures pour endiguer le phénomène. La conséquence en est que, depuis 2016, il n’y a plus eu d’attaques de nature terroriste dans cette partie du pays. C’est pour présenter l’expérience chinoise contre le terrorisme que l’ambassadeur de Chine auprès du Burkina Faso, Li Jian, ses collaborateurs Xu Fei et Bowei Wang, étaient face à un public composé de journalistes et d’invités de différents horizons dans l’après-midi du jeudi 20 février 2020 à Ouagadougou.

A l’ambassade de Chine ce jeudi après-midi, les visiteurs devaient montrer patte blanche. En dehors de l’habituelle fouille, ils devaient se soumettre au lavage des mains et à une prise de température, précautions contre le Covid19 oblige. Dans la cour, une exposition de photographies retraçant l’expérience de la Chine dans la lutte contre le terrorisme, dans le Xinjiang notamment.

De 1990 à 2016, la Chine a subi une série d’attaques terroristes sur son territoire, dans la région autonome du Xinjiang en particulier. Grace aux mesures mises en place par le pouvoir, il n’y a plus eu d’attaques de nature terroriste de cette partie du pays depuis 2016.

«Beaucoup de gens ont une mauvaise lecture de la situation dans le Xinjiang à cause des reportages erronés des médias occidentaux, et croient même que les minorités ethniques et les religions ont été opprimées à Xinjiang», note Li Jian. L’objectif de la rencontre était donc de «restaurer la vérité, de permettre à chacun de voir, d’écouter et de connaitre ce qu’est le vrai Xinjiang», ajoute-t-il.

Mesures préventives

A l’en croire, le vrai problème de cette région située dans la partie ouest du pays n’est pas religieux ou lié aux droits de l’homme. «Contrairement aux idées reçues, la Chine était confrontée à de graves menaces terroristes. Tout comme le Burkina Faso, elle en a souffert. De 1990 à 2016, des forces terroristes, séparatistes ethniques et extrémistes religieux dirigés par le Mouvement islamique du Turkestan oriental ont perpétré des milliers d’attaques terroristes au Xinjiang avec d’innombrables pertes en vies humaines. Elles ont aussi causé des dégâts matériels inestimables et tué une centaine de policiers», martèle l’ambassadeur de Chine. L’un de ces attentats a coûté la vie à 197 personnes le 5 juillet 2009 et fait des milliers de blessés.

Pour mettre fin à la spirale des violences, le gouvernement chinois a pris une série de mesures qui ont fait que, depuis 2016, les habitants du Xinjiang vivent «maintenant une vie paisible, pacifique et heureuse».

Si de manière générale, le terrorisme doit être combattu avec vigueur et fermeté, la lutte doit aussi s’accompagner de mesures préventives qui s’attaquent aux racines du mal, dit Li Jian. Aussi, les mesures de déradicalisation prises par le pouvoir chinois ont-elles consisté à donner des politiques stratégiques nationales en faveur du développement du Xinjiang. Le gouvernement central a ainsi appuyé la construction d’infrastructures (autoroutes, chemins de fer, réseaux aériens,…). L’éducation et la santé ont également bénéficié d’une attention particulière.

La Chine a aussi ouvert des centres d’enseignement et de formation professionnels afin «d’effacer les pensées extrémistes par l’éducation et la formation et d’éliminer les fondements économiques et sociaux du terrorisme.»

Ce ne sont pas des camps de concentration ou d’oppression religieuse, comme parfois les médias occidentaux les présentent, assure l'ambassadeur Li Jian.

Ces centres ont accueilli en grande majorité des personnes influencées par des pensées extrémistes ou qui ont été contraintes ou inspirées à participer à des actions terroristes. Les métiers appris dans les centres leur ont permis de résoudre leurs difficultés d’accès à l’emploi.

L’expérience chinoise et le Burkina

«Le terrorisme ne doit pas être confondu avec la religion, la nationalité ou la région. Le terrorisme est l’ennemi public de toute l’humanité, de toutes les religions et de tous les peuples», foi de Li Jian. C’est pourquoi, précise-t-il, la Chine, tout en luttant contre ce fléau, s’oppose fermement aux tentatives de certaines personnes de stigmatiser les religions, d’inciter à des conflits ethniques et de diviser le pays.

L’expérience chinoise peut-elle être dupliquée au Burkina Faso qui fait aussi face à des attaques terroristes ? Pas évident, répond en substance Xu Fei, conseiller politique de l’ambassade de Chine au Burkina Faso. «Le contexte et les moyens sont différents. Mais nous voulons partager notre expérience et, avec la multiplication des échanges entre la Chine et le Burkina, des pistes de solution pourraient être trouvées», laisse-t-il entendre.

Dans le public ce jeudi à l’ambassade de Chine à Ouagadougou, se trouvait Cheick Sidi Mohamed Koné, un des représentants de la FAIB, la faitière des associations islamiques du Burkina Faso. Il a été séduit par le fait que la Chine refuse de faire l’amalgame entre terrorisme et religion. «On a tout de suite séparé les violences du religieux. C’est très important. J’ai été séduit par l’approche économique qui accompagne la lutte contre le terrorisme. Quand vous prenez le nord du Burkina Faso, ce n’est qu’avec certains évènements tragiques que nous découvrons les noms de certaines localités et que nous apprenons à les situer sur notre carte, tellement elles sont isolées et difficiles d’accès», fait-il remarquer, en souhaitant que la Chine partage son expérience, mais aussi ses moyens avec le Burkina.

La réponse au terrorisme n’étant pas que militaire, plusieurs missions chinoises travaillent dans différents domaines avec la Burkina Faso pour booster son développement économique, car, selon Xu Fei, on ne combat pas le terrorisme avec uniquement les armes, mais en éradiquant la pauvreté, en impulsant le développement et en inculquant le savoir.
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