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Yacouba Isaac Zida, ancien Premier ministre : «Je n’exclus pas la possibilité d’être candidat»

Publié le jeudi 28 mars 2019  |  Sidwaya
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© aOuaga.com par A.O
Le camp militaire de Kamboinsin (Bangré ENSOA) porte désormais le nom du général Bila Zagré depuis le 29 octobre 2015. Photo : Yacouba Isaac Zida, Premier ministre
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L’ancien Premier ministre sous la Transition, Yacouba Isaac Zida, a accordé un entretien exclusif à la télévision France 24, hier mercredi 27 mars 2019. Depuis son exil canadien, il est revenu sans détour sur les conditions de son départ du Burkina Faso, la gestion de la Transition et ses ambitions politiques. Sidwaya a retranscrit l’intégralité de l’interview pour vous.

France 24 : Pourquoi vous exprimez-vous après trois ans de silence ?
Yacouba Isaac Zida (Y.I.Z.) : Toutes sortes de calomnies mensongères ont été dites sur mon compte. J’ai observé le silence. Mais comme vous le savez, il y a un temps pour se taire et un temps pour parler.

France 24 : Pourquoi avoir quitté le Burkina Faso ?
Y.I.Z. : J’ai quitté le Burkina Faso, dans un premier temps, pour une permission auprès de ma famille ici au Canada. Mais pendant que j’étais en permission ici, des informations que j’ai reçues mettaient en cause ma sécurité et ma liberté. J’ai choisi donc de rester et de ne plus rentrer au Burkina Faso. Les autorités en place ont monté toute une cabale politico-judiciaire contre ma personne et donc j’ai choisi de rester dans ce pays, le Canada qui est un pays de droit.

France 24 : Vous avez fait l’objet d’une enquête de la gendarmerie royale sur des transactions financières suspectes. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Y.I.Z. : Pour ce qui me concerne, je n’ai reçu ni un policier, ni un enquêteur de la gendarmerie pour me questionner sur ces faits.

France 24 : Vous n’êtes donc pas au courant d’une enquête ?
Y.I.Z. : Non. Non. Je n’ai aucun argent à blanchir au Canada qui nécessite que je fasse l’objet d’une telle enquête.

France 24 : Vous avez eu un rôle important au sein de l’armée et du gouvernement de Transition burkinabè en 2014, 2015. Comment appréciez-vous votre gestion des événements ?
Y.I.Z. : La Transition était, malgré tous les griefs, globalement un succès. La preuve, c’est que le pays avait un président élu, un Parlement. En tous cas, la vie politique avait complètement repris selon les principes démocratiques.

France 24 : Avez-vous des réflexions sur le procès Gilbert Diendéré et le putsch manqué de septembre 2015 ?
Y.I.Z. : Je souhaite qu’à l’issue de ce procès, le peuple burkinabè, les victimes et leurs familles aient droit à la vérité et à la justice et que l’on puisse aller vers d’autres étapes.

France 24 : Avez-vous des réflexions concernant la gestion du Burkina Faso depuis votre départ ?
Y.I.Z. : Depuis notre départ, les attaques terroristes, malheureusement, se déroulent quasi-quotidiennement. Les dirigeants ne semblent pas être à la hauteur des défis. C’est vrai qu’ils fournissent des efforts mais malheureusement, nous sommes obligés de reconnaitre que cela n’a pas de résultats sur le terrain.

France 24 : Vous avez rédigé vos mémoires «Je sais qui je suis». Le 6e chapitre a tout l’air d’un programme électoral. En est-ce un ?
Y.I.Z. : On peut dire que ça peut être un programme politique, mais qui est ouvert, à la disposition de qui veut bien s’en inspirer.

France 24 : Vous imaginez-vous un avenir politique au Burkina ?
Y.I.Z. : Je ne me suis pas encore prononcé sur une éventuelle candidature, je n’exclus pas la possibilité effectivement d’être candidat.

Entretien retranscrit par
Jean-Marie TOE &
Djakaridia SIRIBIE
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