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Lutte contre l’extrémisme violent : La culture, un moyen de prévention

Publié le jeudi 8 novembre 2018  |  Sidwaya
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© Autre presse par DR
La nouvelle représentante-résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Metsi Makhetha
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Le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme, avec le soutien technique et financier du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a organisé les 5 et 6 novembre 2018 à Dori, un colloque national sur le rôle de la culture dans la prévention, la lutte contre l’extrémisme violent et la promotion de la cohésion sociale au Burkina Faso.

A l’issue des travaux du colloque national organisé les 5 et 6 novembre 2018 à Dori par le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme sur le rôle de la culture dans la prévention, la lutte contre l’extrémisme violent et la promotion de la cohésion sociale au Burkina Faso, plusieurs recommandations ont été formulées. En effet, près de 70 participants issus de différentes couches socioprofessionnelles notamment des chercheurs, personnes- ressources, des Forces de défense et de sécurité (FDS), des Organisations de la société civile (OSC), des notabilités religieuses et coutumières ainsi que des forces vives ont, entre autres, préconisé la création de conditions sécuritaires nécessaires à la promotion et à la diffusion de valeurs culturelles, en vue de la cohésion sociale et du développement harmonieux du Burkina Faso. Ils ont, en outre, recommandé de prioriser et rehausser la part du budget du ministère en charge de la culture, et doter conséquemment les communes et les régions en ressources financières pour une meilleure prise en charge de l’action culturelle au niveau des collectivités. Outre ces conclusions, le colloque a permis d’élaborer une feuille de route qui décline un certain nombre d’actions dévolues à la famille, à la communauté et à l’Etat, à travers plusieurs axes stratégiques. L’objectif de cette feuille de route consiste à utiliser la culture comme facteur de riposte et de résilience à l’extrémisme violent. En clair, les participants ont identifié les fondamentaux d’une culture burkinabè axée sur le partage de valeurs ancestrales et une reconnaissance de l’Homme burkinabè à même de servir la lutte contre l’extrémisme violent sur la base de l’identité et de l’histoire.

Le rôle des médias

Par ailleurs, ils ont insisté sur l’importance de l’intégration culturelle et l’affirmation de la multi-culturalité d’un héritage indivisible dans la lutte contre l'extrémisme violent et la promotion de la cohésion sociale. Enfin, des stratégies et techniques d’exploitation de cet héritage comme antidote aux extrémistes «contemporains», ont été définies. Le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango, s’est félicité des conclusions des travaux dans la mesure où la réunion a permis d’inscrire dans les débats pendant deux jours, la place de la culture dans la lutte contre l’extrémisme violent. Pour lui, le colloque a clairement indiqué que les réseaux sociaux doivent être utilisés pour éduquer et enseigner les valeurs culturelles fondamentales à la jeunesse. C’est pourquoi, il a dit que ses services travailleront à l’opérationnalisation de cette proposition. Concernant les médias dans leur ensemble, le ministre Sango les a exhortés à davantage promouvoir le patrimoine culturel en préparant les individus à faire face à l’extrémisme violent. « Nos valeurs culturelles fondamentales enseignent à l’être humain le respect d’autrui, l’amour du prochain, la tolérance, le courage et le goût du travail. C’est en ce sens que les médias doivent être un relais de diffusion de ces valeurs, de sorte à construire l’Homme burkinabè et à combattre l’extrémisme violent », a-t-il précisé. Il a conclu en ces termes :« Nous interpellons l’opinion pour qu’à côté de la réponse militaire, qui nous paraît conjoncturelle au phénomène, qu’il y ait une réponse culturelle qui nous paraît être structurelle ». Sur la même lancée, le président du Conseil régional de la chefferie coutumière du Sahel, Ousmane Amirou Dicko, par ailleurs émir du Liptako, estime qu’en tant qu’Africain, « il faut préparer la paix pour avoir la paix ». « C’est cela le rôle de la culture. C’est une méthode douce de combat bien que longue. Si nous l’avions intégrée depuis longtemps, je pense que nous ne connaitrions pas la situation présente », a-t-il soutenu. Selon lui, en leur qualité de citoyens et garants de la culture, les leaders coutumiers contribuent à la riposte de l’extrémisme violent en expliquant leur compréhension du phénomène à travers les facteurs de négociations endogènes et ce, en brisant les barrières. Quant à la représentante résidente du PNUD au Burkina Faso, Metsi Makhetha, elle a confié que la motivation des Nations unies à accompagner cette initiative se trouve dans la recherche de solutions plus holistiques qui s’appuient sur ce qui se passe au niveau local en se basant sur l’histoire et la culture. Depuis 2014, a-t-elle ajouté, le PNUD élabore sa conception la plus profonde de l’extrémisme violent. En plus, elle a rappelé que le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a lancé un plan d’actions pour la prévention de l’extrémisme violent qui s’inscrit dans le cadre de l’agenda 2030 des objectifs du développement durable. A l’en croire, le 16e objectif se focalise sur la paix, la justice et les institutions efficaces. C’est en partie l'une des raisons pour lesquelles le PNUD soutient le Burkina Faso, a indiqué Metsi Makhetha.

Souaibou NOMBRE
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