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Procès du putsch manqué de 2015: «Quand on est surpris, on est surpris» 

Publié le mercredi 25 juillet 2018  |  WakatSéra
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© AFP par AHMED OUOBA
Le général Gilbert Diendéré, au palais présidentiel de Ouagadougou, le 17 septembre 2015.
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Depuis l’ouverture du procès lié au dossier du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015 dans lequel sont poursuivis deux généraux de l’armée burkinabè, Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, des avocats de la partie civile n’ont de cesse de relever des manquements dans la prestation sécuritaire qu’offrait des militaires de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) sous la transition.

Bon nombre de ces avocats n’ont pas hésité à qualifier cela de «sécurité de paille» ou de «façade». C’est le cas de Me Séraphin Somé qui a marqué, ce mardi 24 juillet 2018, son étonnement du fait que le caporal Tuandaba Timboué, un des conducteurs du président de la Transition, Michel Kafando, n’ait pas tenté de riposter au moment des faits.

A l’audition du caporal Timboué, ce mardi devant la barre, l’ex-élément de sécurité présidentielle a affirmé que le 16 septembre 2015 vers 13h, des «jeunes» du RSP sont venu les désarmer et les enfermer dans leur salle d’attente avant de venir demander aux conducteurs de s’apprêter.

Quelques instants après «on a ouvert la porte et l’adjudant-chef Rambo à embarqué dans mon véhicule me demandant de suivre le véhicule PR (où se trouvait le président Michel Kafando) et nous sommes allés au palais», a signifié M. Timboué qui a dit qu’après avoir fait descendre le chef de l’Etat, Rambo leur a ordonné de déplacer les véhicules et de les garer sous le hall.

A la question de Me Somé (partie civile) de savoir s’il a «tenté de riposter lorsqu’on les a mis en joue», une question qui avait déjà été posée à d’autres accusés, il a répondu comme ses prédécesseurs, que s’il avait essayé de riposter, il n’allait pas être devant la barre aujourd’hui. Une réponse qui a semblé irriter Me Séraphin Somé qui s’est demandé «à quoi ça sert la sécurité si elle ne tente pas de résister en temps de danger».

«J’ai le sentiment que c’était une sécurité de paille», a-t-il laissé entendre, concluant que le caporal Tuandaba Timboué et bien d’autres militaires de l’ex-RSP sont des «complice» dans ce coup d’Etat. Mais pour l’avocat du caporal Tuandaba Timboué, Me Silvère Kiemtarboumbou, le fait que son client n’a pas riposté ne fait pas de lui un complice des putschistes.

«Quand on est surpris, on est surpris», a dit l’avocat, prenant pour exemple l’attaque de l’état-major général des armées, le 2 mars 2018, au cours de laquelle des soldats armés ou non n’ont pas pu riposter.

Pour appuyer son client qui avait dit ignorer ce qui se passait et que pour lui la situation était normale, Me Kiemtarboumbou a déclaré qu’il peut arriver même qu’on désarme quelqu’un pour sécuriser celui qu’il protège.

C’est ainsi que de conducteur au service du président Kafando, le caporal Timboué s’est retrouvé plus tard dans l’équipe d’escorte du général Gilbert Diendéré, le présumé cerveau du putsch manqué de 2015. Il a confié avoir fait trois jours (18 au 21 septembre) dans cette équipe sous l’ordre de l’adjudant-chef major Eloi Badiel.

«Je ne suis pas aller là-bas volontairement», a dit face aux juges, le caporal Timboué qui est poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures. Des faits qu’il a affirmé ne pas reconnaître.

Il a, par ailleurs soutenu qu’il n’a pas effectué des patrouilles. Après avoir déposé les autorités au palais, «je suis parti à mon poste qui était à la résidence de Kafando», située hors de la présidence où «je suis resté jusqu’au 18 septembre matin».

A la fin de l’audition du caporal Tuandaba Timboué, a suivi celle du soldat de première classe Samuel Coulibaly qui est accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures et complicité de dégradation de biens.

Le soldat Coulibaly qui était de permission le jour où le putsch a été perpétré, se trouvant à Nouna (Boucle du Mouhoun) aux côtés de son enfant malade, est rentré à Ouagadougou le 17 septembre.

Il dit avoir été embarqué fortuitement dans cette histoire du putsch. «Quand je suis arrivé au camp vers 15h, j’ai vu beaucoup de militaires. J’ai demandé et on m’a dit que le quartier est consigné», a-t-il déclaré, notant que sur le tableau on l’avait mis au niveau du poste intermédiaire qu’il a rejoint immédiatement.

Selon le soldat Samuel Coulibaly, c’est le 18 septembre que le sergent-chef Ali Sanou est venu le chercher et ils sont allés au Conseil de l’entente puis à Zorgho. Etaient dans son véhicule pour cette sortie Amado Zongo, Boureima Zouré, Ali Sanou et lui-même. Il a confié que lors de cette mission, le sergent-chef Sanou aurait conversé avec une dame qui était dans un véhicule Mercedes.

«Le chef et la dame sont rentrés dans une cour. Ils ont fait au moins 20 minutes avant de ressortir», a-t-il poursuivi, ajoutant qu’exceptée cette sortie sous les ordres du sergent-chef Ali Sanou, il n’a pas été sur le terrain.

Il a également nié les faits et a affirmé qu’il n’avait pas son arme et d’ailleurs, n’en n’a «jamais fait usage» «en dehors d’un champ de tirs». Il a fait savoir qu’il n’était au courant de rien.

Avant de suspendre l’audience de ce mardi, le tribunal a écouté le soldat de première classe Amado Zongo qui, lui également, n’a pas reconnu les faits à lui reprochés.

Par Daouda ZONGO
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