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Burkina/Procès : Malgré les assurances du Tribunal, le «Touareg» se montre moins bavard

Publié le samedi 14 juillet 2018  |  AIB
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Ouagadougou, - Le sergent-chef Roger Koussoubé qui avait promis de faire le grand déballage, si sa sécurité et celle de sa famille sont garanties, s’est pourtant montré réservé vendredi, malgré les assurances du Tribunal militaire.

Le parquet militaire a déclaré vendredi avoir pris contact avec le surveillant chef régisseur de la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) pour voir la nécessité de mettre en sécurité le sergent-chef Roger Koussoubé dit Le Touareg sur son lieu de détention.

« L’accusé dit qu’il se sent en sécurité, qu’il n’a pas besoin de changer de cellule» aurait déclaré le régisseur, selon le procureur militaire.

La hiérarchie militaire aurait aussi assuré au parquet qu’il n’y a pas de problèmes pour la sécurisation de la famille de l’accusé.

«Toutes les diligences ont été faites. La condition est remplie. Il (l’accusé) est libre, totalement libre de nous dire tout ce qu’il sait» a-déclaré le parquet.

Malgré l’annonce de ces mesures, le Sergent-chef Roger Koussoubé dit le «Touareg», a préféré se «réserver toujours».

Une position que comprend l’avocat de la partie civile Me Farama qui estime que «la démarche du parquet n’est pas la bonne».

Selon l'avocat, le parquet devrait plutôt prendre contact avec l’accusé lui-même pour discuter des mesures de sécurité qui puissent le rassurer, au lieu d’en discuter avec le surveillant chef régisseur.

De son côté, un autre avocat de la partie civile, Me Ali Neya s’est demandé si le grand déballage annoncé par l’accusé n’est pas une manière « d’intimider d’autres prévenus qui auront des choses à dire qui pourraient le mettre en cause».

Selon lui, si l’accusé connait la nature des menaces qui planent sur lui ou sa famille, c’est à lui de le dire au parquet et de préciser la nature des mesures de sécurité qui lui conviennent (avant son grand déballage).

«Je pense qu’il n’a plus rien à dire», estime de son côté, Me Séraphin Somé également de la partie civile.

Pour l’avocat de l’accusé, Me Alexandre Sandwidi, au cours de la tentative de coup d’Etat, son client n’a mené que des missions qui entraient dans la fonction régalienne de l’Etat sur instruction de ses supérieurs hiérarchiques.

Notamment, la levée de barricades pour permettre l’accès de l’hôpital Bogodogo, le déplacement à l’hôtel Laïco pour protéger des personnalités et une mission d’escorte de l’ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo.

Concernant la radio privée Savane FM, où l’accusé dit s’être rendu par «curiosité», son avocat affirme « qu’il n’a rien saccagé ».

«Son seul reproche, c’est qu’il a pris quelques matériels dans son véhicule qu’il a d’ailleurs apporté à ses supérieurs qui les ont mis sous scellés» a-t-il affirmé.

Dans le même sens, le second avocat de l’accusé Me Michel Traoré affirme qu’ «aucun élément ne peut charger» son client.

Le parquet militaire n’est pas de cet avis : « Quand on vient avec une bande, prendre des matériels, nous pensons qu’il est même plus judicieux de parler de pillage plus que de dégradation».

Le Sergent-chef Roger Koussoubé dit le « Touareg », est poursuivi pour cinq chefs d’accusations.

Il s’agit d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre sur 13 personnes, auteur ou complices de coups et blessures volontaires sur 42 personnes, auteurs ou complice de dégradation de biens, incitation de militaires à commettre des actions hors militaires.

A sa suite, c’est le soldat de 1ère classe Boureima Zouré qui a pris place à la barre pour également donner sa version sur sa participation au putsch déjoué de septembre 2015.

Agence d’Information du Burkina

Wurotèda Ibrahima SANOU
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