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Inhumation de Dr Valère Somé : pluie d’hommages à un digne fils de la nation
Publié le mardi 6 juin 2017  |  Sidwaya
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© Autre presse par D.R
Dr Dieudonné Valère Somé fait Officier de l’Ordre national à titre posthume
Le Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST) a rendu un dernier hommage au Dr Valère Dieudonné Somé, décédé le mardi 30 mai 2017 à Metz en France, dans la cour de la délégation spéciale du CNRST le lundi 5 juin 2017




Décédé, le 31 mai 2017 à Paris en France, Dr Valère Dieudonné Somé a été inhumé, le lundi 5 juin 2017, au cimetière municipal de Ouagadougou, en présence de proches, amis, collègues et de nombreuses connaissances.

Dr Valère Dieudonné Somé repose désormais au cimetière municipal de Ouagadougou. Il y a été inhumé en début d’après-midi du lundi 5 juin 2017 dans une atmosphère d’émotion contenue. Mais, avant l’ultime étape, un hommage lui a été rendu par ses pairs scientifiques du Centre national de recherches scientifiques et technologiques (CNRST). Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Pr Alkassoum Maïga, l’a décoré, à titre posthume, de la médaille d’Officier de l’ordre national. Ensuite le cortège funèbre s’est dirigé à la cathédrale où une messe a été dite pour le repos de l’âme de Dr Valère Somé. Une cérémonie à laquelle le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a pris part. A la fin de la messe, il a dit de l’homme ceci : « C’est quelqu’un qui a travaillé comme homme politique, militant et scientifique. A tous ces niveaux, il a apporté une contribution inestimable à la nation et à ses proches. En politique, il a été un homme de conviction qui est resté égal à lui-même jusqu’au bout». Aux dires du chef de l’Etat, il était normal de venir lui souhaiter un bon départ. Réitérant ses condoléances à la famille éplorée et aux proches, le président du Faso a indiqué que les idées de Dr Valère Somé continueront d’inspirer le monde. Au cimetière municipal de Gounghin, autorités gouvernementales, personnalités du monde politique, scientifique et universitaire, amis, proches et connaissances étaient présents pour accompagner l’illustre disparu. Tour à tour, ses collègues du CNRST, ses camarades politiques et le gouvernement ont rappelé le parcours de Dr Valère D. Somé et les convictions qui l’animaient. Le représentant du CNRST, Michel Sedogo, a soutenu qu’au-delà de sa compétence professionnelle reconnue par tous, l’on retiendra du défunt l’image d’un homme généreux, toujours prompt à partager sa connaissance scientifique et dans le domaine des technologies de l’information et de la communication. « Toujours disponible pour aider la jeunesse dans son cheminement vers la quête de l’excellence, tu as formé de nombreux jeunes chercheurs. Débatteur redoutable(…), tu as toujours privilégié le choc des idées à toute autre chose à travers tes innombrables conférences publiques, tes interviews, tes enseignements, tes écrits », a-t-il souligné.


« Un culte à l’honnêteté intellectuelle »


Pour lui, Dr Valère Somé vouait un culte à l’honnêteté intellectuelle et à la sincérité des rapports humains, professionnels et de camaraderie. « Tes collègues qui continuaient à te fréquenter dans ta retraite studieuse déplorent profondément ta disparition. Mon cher Valère, merci d’avoir tant donné à la recherche scientifique nationale, au CNRST et à l’INES. Sache que nous te sommes reconnaissants pour ton œuvre et ton humanisme », a témoigné Michel Sédego.
Le secrétaire général de la Convergence pour la Démocratie sociale (CDS), Ernest Compaoré, parti dont Dr Valère D. Somé était le président, s’est dit indigné de voir partir un combattant sitôt alors que son pays avait encore tant besoin de lui. «Toi qui a contribué à la conception, au déclenchement et à l’animation de la Révolution démocratique et populaire, pourquoi partir ainsi? Toi qui as connu la détention, la torture et l’exil, pourquoi t’en aller de cette manière ? Toi qui es revenu d’exil avec la proposition d’une réconciliation nationale, pourquoi nous quitter au moment où elle s’impose comme une étape incontournable de la marche politique de notre pays », s’est-il interrogé. Ses anecdotes, son ironie, ses coups de colère et ses interpellations sur la situation nationale, a-t-il dit, vont manquer à ses héritiers. « De là où tu es, veille sur ton Burkina Faso, donne la force à tes héritiers de poursuivre ton œuvre d’édification d’un Faso digne et d’un peuple libéré. (…) Décidément, tu ne pouvais mieux vivre ton enfance, ta jeunesse et ton combat politique qu’avec un autre rebelle, Thomas Sankara. Dis-lui que ses assassins ont été ensuite très malheureux. Dis-lui que des milliers d’enfants qui ne l’ont pas connu forment le poing et scandent son nom. Dis-lui que ton Burkina Faso a forcé l’admiration du monde entier en 2014 », a martelé, tout ému, Ernest Compaoré.


Profondément engagé contre l’injustice


Venu du Mali pour honorer la mémoire de son ami de longue date, le député et président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance, Dr Oumar Mariko, s’est dit étreint par la douleur. «Valère est un des pères de la révolution burkinabè aux côtés de Thomas Sankara qui a fait rêver l’Afrique. J’étais un ami à lui, je l’ai connu quand il était en exil. Valère était à un tournant décisif de sa vie intellectuelle et projetait d’éclairer les ténèbres actuelles de l’Afrique par sa pensée lumineuse. Il n’est pas un Burkinabè, mais un Africain », a confié Dr Mariko. Il gardera de lui le souvenir d’un homme profondément engagé contre l’injustice et d’un grand humaniste.
Moise Traoré, qui a fréquenté Dr Valère Somé a avancé qu’il a allumé une flamme pour toute une génération à travers le Burkina Faso. « Tu as souffert le martyre de la prison et de l’exil. Tu es un grand homme, Valère, va et repose en paix ! Sois en sûr que tu as transmis la flamme des valeurs à des générations entières », a-t-il énoncé. C’est « sur une note de mélodie inachevée », a ajouté Moïse Traoré, que Dr Somé disparaît en laissant un réel passif, « la dispersion de ses amis ».


Les parents à plaisanterie s’invitent


L’hommage du gouvernement a été prononcé par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Pr Alkassoum Maïga. « Il y a des hommes exceptionnels et il y a des jours terribles. Le Burkina vit un jour terrible avec le départ d’un homme exceptionnel. Valère est une valeur. Nous voudrions au niveau du gouvernement dire que c’est un homme avec une mission accomplie, un homme avec une vie accomplie », a déclaré le Pr Maïga. Du point de vue politique, il a précisé que Dr Valère Somé a été un grand animateur de la vie publique du Burkina Faso. « Nous voudrions aussi dire que par-delà l’homme politique, c’est un homme pétri de talents de scientifique, socio-anthropologue qui a permis de décrypter nos sociétés, de comprendre comment elles fonctionnent. Le Burkina a perdu également un éducateur parce que ses œuvres vont permettre d’éveiller des consciences », a-t-il relevé.
Le parent à plaisanterie, Ahmed Koné, a, à travers son intervention, détendu l’atmosphère au cimetière. En tant que
« maître», il a reconnu que son « esclave » a été un homme de valeur qui est monté au « sommet de l’intelligentsia ». « Nous, communauté des cascades, nous gardons de vous l’image d’un esclave qui a fait sa part de boulot. Tu peux aller libre. Nous n’avons pas de médaille, mais nous vous remettons le vin de rônier pur naturel », a plaisanté M. Koné.

Karim BADOLO


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