Le chef de l’Etat burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a dénoncé samedi "les violences inutiles perpétrées çà et là et le manque de tolérance" de certains Burkinabè, dans sa déclaration à l’occasion de la célébration des 56 ans d’indépendance du pays.
"C’est le lieu pour moi de dénoncer et de condamner les violences inutiles perpétrées çà et là, la défiance vis-à-vis de la loi, ainsi que le manque de tolérance", a laissé entendre M. Kaboré pour qui "toutes ces pratiques sont aux antipodes des exigences de la démocratie et seront désormais combattues comme telles, et leurs auteurs punis conformément à la rigueur de la loi".
Pour le président du Faso la démocratie au Burkina "est toujours perfectible et interpelle (les Burkinabè) sur la nécessité de développer la culture démocratique, dans le respect de la loi et des opinions plurielles qui traversent (la) société".
"Il est également à déplorer le fait que nombre de nos compatriotes ne reconnaissent que des droits dont ils doivent jouir et n’entendent pas se plier aux devoirs qui sont les leurs dans le cadre de l’Etat de droit", a regretté Roch Kaboré qui affirme que "ces comportements attentatoires à la loi et aux règlements ainsi qu’aux droits et libertés des autres annihilent (les) efforts de consolidation de la paix et de la démocratie, afin de prendre à bras le corps les tâches de développement économique, social et culturel du pays".
Le président Kaboré a réaffirmé sa "disponibilité et celle du gouvernement au dialogue et à la concertation avec tous les partenaires sociaux, sans démagogie, sans excès ni faiblesse et dans le respect mutuel" les invitant "à s’inscrire dans cette dynamique pour préserver la paix qui reste un des biens les plus précieux".
Mardi, après l’adoption d’une motion de défiance par les conseillers de l’arrondissement numéro huit, destituant ainsi le maire Mahamadi Zongo, des manifestants "armés de machettes et de fusils" qui exprimaient leur colère contre la décision du conseil municipal, se sont rendus dans des propriétés de certains conseillers favorables à la motion, où ils ont "saccagé et pillé".
Une recrudescence d’actes de violences a été constatée après les élections municipales du 22 mai dont le processus a été émaillé également de manifestations violentes provoquant la non-tenue du scrutin dans certaines localités du pays, notamment à Béguédo (Est) et à Bouroum-Bouroum (Sud-ouest).
Ces violences ont causé la mort d’au moins deux personnes et plusieurs blessés dans certaines localités.
DZO