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Sit-in du SYNATEL: La pénurie des unités, le casse-tête des abonnés TELMOB
Publié le mercredi 28 septembre 2016  |  Sidwaya
Sit-in
© aOuaga.com par Séni Dabo
Sit-in à l`ONATEL : conférence de presse d`explication du syndicat des travailleurs
Mardi 27 septembre 2016. Ouagadougou. Le Syndicat national des agents des télécommunications (SYNATEL) a animé une conférence de presse pour donner les raisons du sit-in en vigueur depuis le 20 septembre dernier




Le Syndicat national des télécommunications (SYNATEL) est en grève illimité. Cet arrêt de travail n’est pas sans conséquences sur les consommateurs et autres sous-traitants, qui souhaitent qu’une solution soit trouvée afin de leur permettre de subvenir à leurs besoins par ces temps de rentrée scolaire. Constat aux alentours du siège de l’ONATEL et de TELMOB.

Habituellement encombrée, la devanture du siège de la téléphonie mobile, TELMOB à Ouagadougou est déserte ce mardi 27 septembre 2016. La clientèle se fait rare. Les vendeurs ne disposent plus de cartes de recharge à proposer aux clients. Seuls, ceux qui ont approvisionné leur compte Mobilcach sont à mesure de satisfaire la demande de la clientèle. Cette galère des consommateurs est due à la grève illimitée lancée depuis le 20 septembre dernier par le Syndicat national des télécommunications (SYNATEL).
Un cadre de la poste qui a requis l’anonymat crie son ras-le-bol. « Cela fait deux jours que je n’ai plus d’unités, c’est pourquoi j’ai fait le déplacement à TELMOB pour voir avec les revendeurs», explique-t-il. C’est son jour de chance, car il vient de tomber sur un revendeur qui lui propose une carte de 5 000 F CFA, à 5 500 F CFA. Sans marchandage, il s’empare des unités, refile les sous demandés par le vendeur et disparaît.
A quelques pas de là, Isabelle Zémané ne sait plus à quel saint se vouer. «Je tente depuis hier de joindre ma mère à Kokologo (35 km de Ouagadougou : NDLR) sans succès » déplore-t-elle. Quant à Mahamed Derra, un habitué des cartes Phonecach de TELMOB, il se voit refiler malgré lui, une carte liberté. «Si je n’arrive pas à charger mon compte !!! On se connaît », met-il tout de même en garde le vendeur.
Du côté des vendeurs, c’est la période de vaches maigres. Les grossistes qui ont pu anticiper la grève du SYNATEL et renforcer leur stock sont leurs rares sources d’approvisionnement. Robert Kiemtoré, revendeur depuis huit ans est au bord du gouffre. Faute d’unités à revendre, il se contente de vendre des puces TELMOB. « Je vends des cartes et des puces. Malheureusement, le manque d’unités me contraint à ne vendre rien que des puces. Ce qui n’est pas à mon avantage. Si ça continue, je serai obligé de ne plus venir au marché », s’apitoie-t-il.
Dans les institutions bancaires de la capitale, la grève du SYNATEL se fait aussi durement sentir.


La source de la discorde


Des problèmes de connexion perturbent les transactions.

« Je vais entrer essayer encore», s’encourage Antoine Zougmoré, un client de la Bank of Africa. Muni de sa carte bancaire, il fait la queue devant le GAB. Cette situation n’est pas prête d’être résolue puisque le bras de fer entre le syndicat et le responsable de la compagnie se durcie. Le SYNATEL déplore le mépris de la direction. «Nous avons tout fait pour instaurer le dialogue, mais le directeur semble ignorer nos revendications qui pourtant va dans le sens de l’amélioration de la qualité du service et de nos conditions de vie et de travail», soutient François Sandwidi, membre du bureau SYNATEL. Il dénonce par ailleurs la gestion de la structure par les responsables. « L’ONATEL est aujourd’hui victime d’une mauvaise gestion. De 125 mille abonnés avant la privatisation, ce nombre tourne autour de 70 mille. De 1300 agents, nous sommes à 8000 de nos jours. Même avec un chiffre d’affaires de 23 milliards de F CFA, nous manquons de tout (logistiques, matériels didactiques) pour répondre aux besoins de la clientèle. Nous avons même perdu certains privilèges car auprès des hôteliers, l’ONATEL est un mauvais payeur », s’insurge-t-il. Un doigt accusateur est aussi pointé vers l’Etat qui, selon le syndicat, joue la politique de l’autruche. « Cela fait onze ans que la société a été privatisée et aucun bilan de sa gestion n’a été fait. Nous avons attiré l’attention de l’Etat sur les maux qui entravent le développement de ce patrimoine national mais les choses n’ont pas bougé », explique M. Sandwidi. Combien de temps va durer ce bras de fer ? En attendant, les consommateurs paient le prix le plus fort. Michaël Ouédraogo, revendeur à la porte de TELMOB dit comprendre la légitimité des revendications des agents et souhaite que leur cri du cœur soit entendu.


Donald Wendpouiré NIKIEMA
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