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Secteur n°6 de Ouahigouya Une famille expulsée manu militari
Publié le lundi 18 juillet 2016  |  Sidwaya




Dans la matinée du 16 juillet 2016, la famille de Boureima Ouédraogo, sise au secteur n°6 de Ouahigouya, était en émoi. Des huissiers de justice, accompagnés des forces de l'ordre, sont allés la déguerpir de la cour où elle habitait, suite à un conflit foncier qui l'oppose à Harouna Ouédraogo, patron de la Société de transport Nord Faso (STNF).


Samedi noir pour les occupants de la parcelle n°2, lot 221, section AX, sise au secteur n°6 de Ouahigouya. Lorsque nous arrivions sur les lieux aux environs de 8 heures, le 16 juillet 2016, une foule de badauds y était massée, le regard médusé. Elle est tenue à bonne distance par les éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS). Devant la cour, des valises, des fauteuils, des ustensiles de cuisine, des tôles, etc. entreposés pêle-mêle et des camions et tricycles procédant à leur chargement. Les visages graves pour certains, les yeux embués de larmes pour d'autres, les membres de la famille font des va-et-vient incessants pour faire sortir tout ce qui peut être emporté. Bébé au dos, une dame n'a pas pu se retenir. Elle tombe en sanglots, pousse des cris, avant d'être consolée par les siens. ‹‹ Est-ce une personne qui est décédée? ››, s'écrie une autre dame pour fustiger le comportement de sa sœur. ‹‹Confions notre sort à Dieu! ››, se contente-t-elle de lâcher. Sur les toits, des manutentionnaires sont à l'œuvre pour tout décoiffer. De prime abord, notre présence a été gênante. Réticents au départ, les huissiers présents ont fini par nous autoriser à faire notre travail après tractation. A les entendre, ils ont été dépêchés par le cabinet de Me Simon Poda, huissier de justice à Ouagadougou, pour faire exécuter une décision de justice. Laquelle décision ordonne l'expulsion de la famille de Boureima Ouédraogo, de la parcelle qu'elle habite, au bénéfice de l'acquéreur, Harouna Ouédraogo. Les huissiers ont fait savoir que Boureima Ouédraogo a été averti depuis le 25 février 2016 aux fins de libérer la parcelle mais il ne s'est pas exécuté jusqu'à ce jour. Aux dires de Moctar Cissé, un habitant de la cour, c'est très tôt le matin que les éléments de la CRS sont venus intimer l'ordre aux occupants de vider les lieux. Mais que s'est-il passé exactement? En l'absence du responsable de la cour, Boureima Ouédraogo, c'est le jeune Cissé qui tente de relater les faits.

Une affaire qui pourrait rebondir?

Selon lui, plusieurs ménages habitent la parcelle n°02, lot, 221, section AX qui fait 1037 m2. Mais il y a une portion de 400 m2 qui appartient à un vieux défunt et dont sa fille du nom de Fatimata Ouédraogo a hérité de cette portion. Celle-ci, toujours selon le récit de M. Cissé, l'a ensuite vendue à Harouna Ouédraogo qui se trouve être le patron de la Société de transport Nord Faso (STNF). ‹‹ Il (l'acquéreur) est venu faire le bornage de sa portion. Par la suite, il nous informe qu'il a besoin de tout le lot pour en faire sa gare routière. Il a même proposé de construire ailleurs pour nous mais nous avons refusé. C'est après cela qu'il est revenu avec un papier prouvant qu'il a acheté tout le lot, suivi d'un papier de justice nous ordonnant de quitter la cour ››, explique le jeune Cissé. Il se rappelle aussi que la famille a saisi les autorités coutumières et régionales du Nord mais sans pouvoir obtenir gain de cause. Mais ce que Moctar Cissé dit ne pas comprendre, c'est que leur sœur, Fatimata Ouédraogo (qui ne réside pas à Ouahigouya), a fait savoir qu'elle a reçu 6 millions de FCFA de sa vente. ‹‹ Est-ce qu'on peut acheter tout un lot au centre commercial à seulement 6 millions de F CFA? ››, s'interroge-t-il. Adama Savadogo, un autre habitant de la cour, la quarantaine révolue, estime que la justice est corrompue : ‹‹ elle appartient à ceux qui ont l'argent››. Ne sachant plus à quel Saint se vouer, nombre d'entre les expulsés ont fini par se résigner et disent se remettre à la justice divine. D'autres par contre ont indiqué ne pas en rester là. Contacté, l'acquéreur Harouna Ouédraogo estime n'avoir rien à dire, car ayant tous ses papiers en bonne et due forme. Néanmoins, il a laissé entendre qu'il a acheté toute la parcelle auprès de Fatimata Ouédraogo et non une portion.

Mady KABRE
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