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Audit de la Transition: le REN-LAC exige «une répression sans complaisance»
Publié le mercredi 4 mai 2016  |  FasoZine
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© aOuaga.com par Séni Dabo
Audit de la transition : le REN-LAC réagit
Mardi 3 mai 2016. Ouagadougou. Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a animé une conférence de presse pour réagir à l`audit de la Transition réalisé par l`Autorité supérieure de contrôle d`Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC)




Le Réseau national de Lutte anti-corruption (REN-LAC) a donné, au cours d’un point de presse ce mardi 3 mai 2016 à Ouagadougou, sa lecture sur quelques faits majeurs liés à la situation nationale. Audit de la transition, révélations d’une affaire d’escroquerie dans la chaine judiciaire, la question de la reprise des concours annulés de 2015 et la déclaration de patrimoine des personnalités du nouvel exécutif ont constitué le menu des échanges avec les journalistes.

En ce qui concerne l’audit de la Transition réalisé par l’Autorité supérieur de contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption (ASCE-LC), le REN-LAC s’est dit satisfait du travail abattu par le contrôleur d’Etat, Luc Marius Ibriga, et ses hommes.

Pour le secrétaire exécutif adjoint du Réseau, Sagado Nacanabo, cet audit a mis à nu les diverses malversations qui ont émaillé la gestion de la Transition. Pour lui, toutes les personnes impliquées dans les deals de parcelles de la Société nationale d’aménagement des terrains urbains (Sonatur) et de pillage de ressources, quels que soient leurs rangs, doivent être sanctionnées à la hauteur de leur forfait.

Un audit incomplet

« Pour le RENLAC, les différents manquements constatés doivent faire l’objet d’une répression sans complaisance. (…) les actes de délinquance, d’où qu’ils viennent, doivent être sévèrement punis et le REN-LAC soutient et encourage l’ASCE-LC dans les procédures qui seront initiées à cette fin », a indiqué Sagado Nacanabo.

Les orateurs du jour n’ont pas manqué de déplorer le fait que l’audit n’ait couvert que la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2015. « On le sait tous, entre le 1er novembre 2014, date à laquelle le Burkina Faso basculait dans la Transition avec à sa tête l’ancien Premier ministre de la Transition et le 1er janvier 2015, bien de choses ont pu se passer», a renchérit M. Nacanabo.

A l’en croire, en n’auditant pas cette période, «le traficotage des fonds de la présidence du Faso, allégué par la presse, restent en suspens ».

«En définitive, qu’en est-il exactement des comptes du fameux bureau militaire de la Transition ? L’audit aurait pu situer le peuple burkinabè sur cette question», a-t-il ajouté.

L’autre page noire du sujet tel révélé par «les anti-corrupteurs » est l’absence d’audit sur la gestion du Conseil national de la Transition (CNT). Pour eux, les différentes interpellations citoyennes adressées au président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo afin qu’il commande un audit des comptes de son prédécesseur, Cheriff Sy, sont restées vaines. A ce propos, le réseau aurait introduit une demande d’audience auprès de ce dernier depuis le 2 mars dernier. Ladite correspondance n’aurait pas reçu de réponse jusque-là.

« Il ne faut pas déclarer pour déclarer »

« La rupture d’avec la mauvaise gouvernance tant clamée, commande des tenants du pouvoir que la reddition de comptes dans la gestion de la chose publique soit traduite dans les faits », a estimé le responsable adjoint du REN-LAC.

Abordant la question des déclarations d’intérêt et de patrimoine des personnalités du nouvel exécutif, Sagado Nacanabo a fait remarquer que les fiches de déclarations sont incomplètes et cela ne donne pas les informations souhaitées.

Outre la forme, le REN-LAC dit noter dans le fond un manque de sincérité concernant la déclaration de patrimoine de certains ministres comme Simon Compaoré, qui est en charge L’Administration territoriale d’une part, et des déclarations qui suscitent des interrogations comme celle de Alpha Barry, ministre en charge des Affaires étrangères.

Pour le REN-LAC, il appartient « aux différents acteurs et aux structures habilitées de faire en sorte que la déclaration de patrimoine ne soit pas un simple acte formel où l’on déclare pour déclarer, mais plutôt un instrument de prévention des conflits d’intérêt, de la corruption et de l’enrichissement illicite ».

En ce qui concerne les autres dossiers relatifs aux révélations accablant les acteurs judicaires sur des faits d’escroquerie de plus de 77 millions de F CFA, il a demandé un traitement diligent de l’affaire et que vérité et justice soit dit.

Quant à la reprise des concours directs de 2015, le rétablissement de la justice et de l’égalité à l’égard des candidats malheureux de 2015 commandent, selon le REN-LAC, une reprise distincte des concours entachés de fraude.

Dimitri Kaboré
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