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Loi sur la santé de la reproduction : une décennie après son adoption, elle reste méconnue
Publié le dimanche 27 mars 2016  |  AIB
Promotion
© Autre presse par DR
Promotion de la santé sexuelle et reproductive au Burkina Faso




Ouagadougou - La loi 049, adoptée en 2005 pour promouvoir la santé sexuelle et reproductive (SSR), demeure méconnue, en dépit du fait qu’elle pourrait aider à réduire les avortements clandestins et contrer la mortalité maternelle et infantile.

En adoptant le 22 décembre 2005, la loi sur la santé sexuelle et reproductive (SSR), le législateur burkinabè a voulu promouvoir « l’état de bien-être général tant physique, mental, moral que social de la personne humaine pour tout ce qui concerne l’appareil génital, ses fonctions et son fonctionnement».

Dans ce document, on y trouve les droits et devoirs de la femme en passant par ceux des hommes, des jeunes et des autres couches sociales. Notons également que les droits à l’accès à la Planification familiale, à l’information, à l’éducation et à la communication sur la SSR ainsi que la lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes et les violences sexuelles sont prises en compte dans cette loi.

Enfin ce texte a été conçu dans le but de mettre à la disposition des intervenants du domaine, un référentiel national. Nonobstant ces avancées au plan juridique, la loi 049 demeure méconnue et suffisamment inusité.

Au terme de l’article 21 de cette loi, il est indiqué que sur avis médical, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est autorisée, lorsque la poursuite de la grossesse met en danger la vie et la santé de la femme ou lorsqu’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité au moment du diagnostic.

La pratique de l’IVG est aussi possible à la demande de la femme, lorsque la grossesse est la conséquence d’un viol ou d’une relation incestueuse.

Selon une étude de l’Institut supérieur des Sciences de la population (ISSP), le Burkina Faso a enregistré en 2012, 105.000 cas d’avortements clandestins dont certains cas pouvaient conduire au décès des femmes y faisant recours. «Il y a des femmes enceintes qui sont dans les conditions ou l’avortement est autorisé (viol, inceste), mais qui ne le savent pas.

Elles vont à la clandestinité, ce qui contribue à accroitre la mortalité maternelle», analyse Fatimata Ouilma Sinaré, de l’association des femmes juristes du Burkina Faso, (AFJ /BF).

Pour le directeur exécutif de l’Association burkinabé pour le Bien Etre Familial (ABBEF) Boureihiman Ouedraogo, une des raisons pouvant expliquer cette situation, est la non concordance entre le code pénal et la loi 049 sur le nombre de médecins à recourir en cas d’inceste ou de viol.

Pendant que le code pénal indique qu’il faut un médecin du public et un du privé pour certifié cela, la loi sur la SSR ordonne le recours à un seul médecin, précise-t-il, appelant à corriger cette incohérence. Selon M. Ouédraogo, « il y a certes une réduction de la mortalité maternelle, mais elle reste en deçà des attentes car il y a encore des efforts à faire». Boureihiman Ouedraogo préconise un meilleur accès des jeunes aux services de la SSR, le renforcement des capacités des agents de la santé et le plaidoyer à l’intention des décideurs pour l’application de la loi.

«Il y a encore des sensibilités coutumières, traditionnelles et religieuses qui font que certaines thématiques ne sont pas faciles à développer ou à expliquer.

Ce qui entrave non seulement la vulgarisation de certains textes mais aussi leur mise en œuvre», renchéri Fatimata Ouilma Sinaré. De son avis, Il faudrait aussi alléger «les lourdes procédures administratives qui font que certaines femmes remplissant les conditions pour bénéficier des services d’avortement finissent par faire recours à la clandestinité pour avorter».
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