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Forum de Crans Montana: le Dr Xavier Crespin a porté la voix de l’OOAS
Publié le jeudi 24 mars 2016  |  FasoZine
Santé
© aOuaga.com par D. Tagro
Santé : l`Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) dévoile son plan stratégique 2016-2020
Jeudi 3 décembre 2015 Burkina Faso. Rencontre d`information entre l`OOAS et les professionnels des pays de la CEDEAO à Ouagadougou. Ph: Dr Xavier Crespin, Directeur Général de l’OOAS.




Le Docteur Xavier Crespin, est le directeur général de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), une structure de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), créée en 1987 et dont le siège se trouve à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso. Nous l’avons rencontré, le 19 mars 2016, à Dakhla au Maroc, lors de la 27è session du Forum Crans Montana à l’issue d’un panel sur la sécurité en matière de santé publique.

Fasozine.com: Quelle a été la contribution de l’OOAS au Forum Crans Montana?

Dr Xavier Crespin: La contribution de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) à travers l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), basée à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, était d’abord de partager notre expérience en matière de lutte contre les épidémies. Notre région a été la plus affectée par la maladie à virus Ebola avec plus de 28 000 cas dont 11 000 décès. Il était donc important que nous venions partager avec cette audience ce que nous avons vécu comme difficultés, les leçons retenues et surtout aussi apprendre des autres comment on peut améliorer le système sanitaire. C’est en cela que ce forum a été d’une grande importance.

Que faire concrètement pour améliorer le système sanitaire en Afrique de l’ouest?

J’ai d’abord présenté la situation épidémiologique dans notre région qui est caractérisée actuellement par la récurrence de ces épidémies, mais également par la forte mortalité maternelle et infantile. Et malgré des avancées importantes, nous sommes encore dans une situation où il faut davantage financer les systèmes de santé, parce que le niveau de financement actuelle n’est pas à la hauteur des attentes de nos communautés. Ebola nous a montré qu’une maladie épidémique de ce type dans un seul pays peut représenter très rapidement une urgence au niveau de l’ensemble des pays de la CEDEAO mais également au niveau international. Il y a donc lieu de renforcer les systèmes d’information sanitaire, la surveillance épidémiologique, le système des laboratoires, l’investigation, l’alerte précoce mais également la riposte pour que très rapidement les populations puissent être prises en charge correctement. C’est en cela que nous avons également mis en exergue la contribution de l’OOAS et de la CEDEAO qui ont fourni plus d’une centaine de spécialistes de la santé aux pays les plus affecté. Ces spécialistes provenaient des autres pays. Cette initiative est très importante parce que c’était une première expérience que nous avons vécue.

Avez-vous abordé d’autres aspects de la couverture sanitaire dans l’espace CEDEAO?

Nous avons également partagé nos expériences en matière de partenariat public-privé. Nous avons fait une étude sur le secteur privé et vu l’engagement de plusieurs de nos Etats, c’est un partenariat qui est en train de prendre forme, notamment dans le sens du développement des infrastructures pour améliorer l’offre et la demande. De même, dans le domaine de la pharmacie nous avons plaidé pour une meilleure production de nos médicaments parce que les études montrent que seulement 20% des médicaments que nous consommons viennent de notre région à l’heure actuelle. Il y a donc un marché potentiel de 80% qu’il faut combler. Nous avons également parlé des technologies de l’information et de comment utiliser toutes ses compagnies privées de téléphonie pour mieux partager l’information sanitaire.

Avez-vous l’impression d’avoir été écouté?

Oui. En écoutant les autres panélistes, je me suis rendu compte que plusieurs d’entre eux ont repris des thématiques que nous avons développées par rapport à nos programmes prioritaires. Cela m’a donc réconforté de voir que ce que nous faisons est en corrélation avec ce qui se fait au niveau de l’agenda global de la santé au plan international mais également de constater qu’il y a des pistes de collaboration Sud Sud. En matière de prévention et de la gestion des épidémies, nous pouvons par exemple apprendre beaucoup d’un pays comme le Maroc et ceux de l’Amérique latine.


Par Morin YAMONGBE
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