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1er jour de grève du Comité intersyndical des magistrats : le TGO à moitié paralysé
Publié le jeudi 25 fevrier 2016  |  Le Pays
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© Autre presse
Le palais de justice du Burkina




Le 22 février 2016, le Comité intersyndical des magistrats, lors d’une conférence de presse annonçait une grève d’une semaine. Le 24 février 2016, le 1er jour d’entrée en vigueur du mot d’ordre, nous avons fait un tour au Tribunal de grande instance de Ouagadougou pour constater l’effectivité de la grève.

Le mot d’ordre de grève lancé par le Comité intersyndical des magistrats depuis le 22 février a pris effet hier, 24 février 2016. Au tribunal de grande instance de Ouagadougou, tout semblait normal ce premier jour de grève des magistrats. Des usagers du tribunal allaient et venaient. A l’entrée du tribunal, à la guérite située à droite, dès 8h, on pouvait voir un long rang formé pour le dépôt des demandes d’actes judiciaires. A gauche, sur les bancs, pendant que certains patientaient, d’autres s’afféraient à remplir leurs feuilles de demande. A l’entrée du bâtiment principal, encore un autre rang ; celui du contrôle. Les deux grades de sécurité pénitentiaire chargés de cette tâche veillaient au grain. Pendant que l’un vérifie votre identité, l’autre vous passait le détecteur de métaux le long du corps. Difficile donc avec cette ambiance de savoir, à première vue, qu’il y a une grève en cours. Mais, dès que vous entrez dans le bâtiment, au rez-de-chaussée, les salles de procès qui, le plus souvent, les mercredis, bondent de monde, sont vides. Certains usagers du palais, aussitôt entrés sous le hall rebroussaient chemin après avoir pris des renseignements. « Les magistrats sont en grève ! », s’exclamaient certains. « J’étais venus pour un délibéré… avec la situation je vais repartir », lance ce monsieur qui viens de passer la sécurité. Comme bien d’autres usagers, il est contraint de retourner sur ces pas et ce fut notre tour de nous renseigner. C’est ainsi que l’un des GSP en place nous dira que la grève est effective. Il nous conduira ensuite dans quelques bureaux habituellement occupés par les magistrats. Notre premier point de chute a été le compartiment du procureur. Là-bas, la plupart des bureaux des substituts étaient closes. Après plusieurs tentatives, nous parvenons enfin à franchir une porte. A l’intérieur, trois bureaux y sont disposées et sur chaque bureau se trouvaient empilés des dossiers mais personne pour répondre à nos questions. Le seul occupant qui était sur place est un stagiaire et s’est refusé à tout commentaire, les magistrats n’étant pas là. Nous ressortons et nous nous dirigeons dans le bureau du procureur au bout du couloir. Au secrétariat, l’on nous dira également que les magistrats sont en grève et que le procureur n’est pas là non plus car lui aussi étant en grève. Difficile donc de trouver un interlocuteur qui soit magistrat. Les seuls disponibles sont les greffiers. Eux, ils réceptionnent les dossiers mais ne peuvent pas les délivrer sans la signature des magistrats. En clair, des demandes sont reçus mais, aucun acte ne peut être délivré. Au premier étage, dans le compartiment du président du Tribunal de grande instance, le constat est le même. Les bureaux des juges d’instructions sont restés fermés. Le Tribunal de grande instance de Ouagadougou, ce premier jour de grève, était donc à moitié paralysé. Des procédures judiciaires seront suspendus, d’autres annulés et les actes judiciaires ne pourront pas être délivré. Et ce, pour une semaine car, la grève des magistrats s’étendra du 24 février au 1er mars 2016. En rappel, c’est en substance pour : « Une Justice indépendante et crédible avec des acteurs efficaces et motivés » que les magistrats ont décidé d’aller en grève. Cette grève est observée par le Comité intersyndical des magistrats comprenant le Syndicat des magistrats du Burkina (SMB), le Syndicat burkinabè des magistrats (SBM) et le Syndicat autonome des magistrats du Burkina (SAMAB).



Adama SIGUE


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