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Deux Australiens enlevés au Burkina Faso, des jihadistes revendiquent le rapt
Publié le samedi 16 janvier 2016  |  AFP
Attaques
© aOuaga.com par G.S
Attaques du Splendid et du Cappuccino : un spectacle de désolation dans le périmètre
Samedi 16 janvier 2016. Ouagadougou. Avenue Kwamé N`Krumah. Voitures calcinées, façades noircies, chaussée encombrée ... tel est le spectacle de désolation dans le périmètre de l`attaque contre l`hôtel Splendid et le café-restaurant Cappuccino après l`assaut




Ouagadougou - Un couple d’Australiens, un médecin et son épouse, ont été enlevés vendredi dans le nord du Burkina Faso où ils vivaient depuis plus de 40 ans, un rapt revendiqué samedi auprès de l’AFP par un responsable d’un groupe jihadiste malien.

Selon les autorités burkinabè, qui n’ont pas donné d’informations sur l’identité des ravisseurs, le couple a été kidnappé à Baraboulé, dans la région de Sahel, frontalière du Niger et du Mali.

Les deux Australiens vivaient dans la ville de Djibo, près de Baraboulé, depuis 1972, a indiqué à l’AFP un habitant, Moumouni Tamboura. D’après une source au sein du renseignement burkinabè, tous deux sont octogénaires et originaires de Perth (sud-ouest de l’Australie).

Dans un premier temps, le ministère burkinabè de la Sécurité intérieure avait présenté les otages comme des Autrichiens, une information corrigée quelques heures plus tard par le ministre de la Communication, Rémi Dandjinou.

Un responsable d’Ansar Dine, le groupe jihadiste de l’ex-chef rebelle touareg Iyad Ag Ghaly, a affirmé samedi à l’AFP que le couple était retenu par des jihadistes appartenant à "l’Emirat du Sahara". D’après des spécialistes des milieux islamistes, cette appellation désigne une branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

"Quatre combattants de l’Emirat du Sahara ont entre leurs mains deux Australiens, une femme et un homme. Les deux +croisés+ sont vivants et nous allons bientôt donner des détails", a déclaré ce responsable d’Ansar Dine, Hamadou Ag Khallini, dans un bref entretien téléphonique avec un journaliste de l’AFP à Bamako.

Interrogé sur l’identité précise des ravisseurs, Hamadou Ag Khallini a répondu que les otages étaient "entre les mains d’Aqmi" qui, a-t-il également soutenu, a "mené une opération réussie contre un hôtel" vendredi à Ouagadougou. "C’est l’oeuvre des mêmes Moudjahidine", a-t-il ajouté.

- Les otages conduits vers le Mali ? -

L’annonce du double rapt ainsi que sa revendication sont intervenues quelques heures après une spectaculaire attaque dans la capitale burkinabè contre un hôtel, Le Splendid, et un restaurant, Le Cappuccino. Au moins 29 personnes de 18 nationalités ont été tuées par les assaillants, selon les autorités burkinabè.

D’après l’organisation américaine SITE qui surveille les sites Internet islamistes, Aqmi a posté un message attribuant l’attentat de Ouagadougou à Al-Mourabitoune, groupe du chef jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar qui s’est rendu célèbre pour des opérations aussi sanglantes que spectaculaires dans le Sahel.

Une source diplomatique européenne jointe samedi par l’AFP à Bamako a indiqué avoir reçu des renseignements sur un double enlèvement commis "sur le territoire du Burkina Faso". "D’après nos informations, l’objectif des ravisseurs est de conduire les otages vers le Mali", a-t-elle dit, sans plus de détails.

Ansar Dine est un des groupes jihadistes ayant contrôlé le nord du Mali de fin mars-début avril 2012 jusqu’au déclenchement, en janvier 2013 d’une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Les jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. Les attaques jihadistes se sont étendues depuis début 2015 vers le centre, puis le sud du Mali.

Ainsi, deux soldats et un paramilitaire maliens ont péri vendredi dans deux attaques distinctes dans les régions de Tombouctou (nord-ouest) et Mopti (centre) par des hommes armés, dont au moins quatre ont été tués, d’après des sources officielle et militaires maliennes.

roh-sd-cs/dom
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