Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Burkina Faso    Publicité
aOuaga.com NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article
Politique

Corruption électorale : le MPP, l’UPC et le CDP épingles par le REN-LAC
Publié le mercredi 13 janvier 2016  |  L`Observateur Paalga
Elections
© aOuaga.com par G.S.
Elections couplées présidentielle/législatives du 29 novembre 2015. Vote du candidat du MPP, Roch Marc Christian Kaboré
Dimanche 29 novembre 2015. Ouagadougou. Le candidat du MPP, Roch Marc Christian Kaboré a voté à l`école primaire publique B de la Patte d`Oie




« L’argent reste le moyen le plus important pour remporter des élections au Burkina Faso. » C’est la conclusion tirée par les responsables du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) à l’occasion du déjeuner de presse qu’ils ont initié mardi 12 janvier 2016 à Ouagadougou. La corruption électorale demeure caractérisée par une distribution d’argent, de gadgets ou de carburant pratiquée par les partis politiques et des candidats indépendants.

Le MPP, l’UPC et le CDP constituent le trio de tête qui s’est illustré dans les cas de corruption électorale détectés par les 32 observateurs du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC). L’observation a couvert les treize chefs-lieux de région du pays et s’est étalée du 2 août au 29 novembre 2015.

Selon le Secrétaire exécutif du REN-LAC, Claude Wetta, des responsables du MPP ont distribué des pagnes et de l’argent (3000 F CFA/personne) à des femmes pour qu’elles participent au meeting du parti à Bobo-Dioulasso, dans les secteurs 24 et 25. Il poursuit en affirmant que le 28 du même mois, c’était au tour de l’UPC de remettre des frais de carburant à des jeunes afin qu’ils participent massivement à l’accueil du président du parti à Ouahigouya, dans les secteurs 8 et 13.

« En outre, lors de la visite du président du parti au Naaba Kiiba, une enveloppe a été remise au roi. Enfin, la somme de 25 000 F CFA a été offerte à un groupe de femmes, à des jeunes ainsi qu’aux anciens du secteur », a-t-il renchéri. A ces faits s’ajoute ce qu’il a qualifié d’incivisme caractérisé des partis politiques lors de la campagne électorale. Un incivisme qui s’est traduit par « des affichages sauvages au mépris de la réglementation en vigueur », et par « l’apparition intempestive de t-shirts qui sont venus donner une couleur orange au paysage du Burkina Faso ».

Les exemples foisonnent également du côté de la distribution des gadgets et du carburant. Claude Wetta en veut pour preuve l’octroi de carburant à tout véhicule voulant assurer le transport des participants au meeting du MPP à Bobo-Dioulasso au secteur 5, le 9 novembre dernier. Le candidat à l’élection présidentielle, Issaka Zampaligré, a, lui, fait don de huit motos à des chefs traditionnels (Bitou, Barré, Louarga, etc.), dans le but d’obtenir leur soutien aux élections.

C’est ainsi que dans les 241 cas de corruption électorale relevés, le MPP détient la palme d’or avec 50,21% (soit 121 cas). Ce parti est suivi de l’UPC, avec un score de 13,69% (33 cas). L’ex-parti majoritaire (CDP) arrive en troisième position, avec 24 cas incriminés. « En définitive, on peut affirmer que très peu sont les partis politiques et autres candidats qui n’ont pas pratiqué la corruption électorale », a conclu le Secrétaire exécutif du REN-LAC.

Ces constatations ont permis aux membres du Réseau de formuler des recommandations aux différents acteurs, afin de prévenir tous les comportements déviants. D’abord, aux acteurs politiques : le REN-LAC les incite non seulement à adopter un comportement responsable en bannissant les actes proscrits, mais aussi à éduquer leurs militants pour lutter contre la corruption et les mauvaises pratiques.

Ensuite, il conseille au gouvernement de repenser le mécanisme de financement des partis et formations politiques, en plafonnant par exemple les dépenses de campagne. De plus, à l’endroit de la Cour des comptes, les membres du Réseau, par la voix de Claude Wetta, pensent « qu’il est indispensable, voire nécessaire, de garantir l’obligation effective de la reddition des comptes qui incombent aux partis et aux candidats lors des différentes élections ».

En outre, la Justice devrait développer davantage l’action pénale visant la répression des cas de corruption électorale. A en croire le principal orateur, cela pourrait être effectif en déployant une « police des élections » constituée d’officiers de police judiciaire, formés pour détecter les pratiques déviantes constitutives d’infractions pénales. Cela s’explique par le fait que « la répression s’avère plus difficile lorsque ces pratiques sont constatées par des organisations de la société civile ».

Par ailleurs, la structure en charge de l’organisation des élections qu’est la Commission électorale nationale indépendante (CENI) doit renforcer le travail de sensibilisation des différents acteurs sur le contenu des lois et des dispositions en vigueur en matière électorale, et accentuer l’organisation opérationnelle des scrutins à venir. Enfin, il est suggéré aux organisations de la société civile de poursuivre les actions de sensibilisation des citoyens à la corruption et à la fraude électorale pour garantir des élections transparentes.

Les membres du Réseau national de lutte anti-corruption ont aussi débattu de la question d’un audit de la Transition, proposée par l’ex-Premier ministre Zida et validée hier par le Président Kaboré. A ce sujet, le REN-LAC s’appuie sur les passations de marchés publics par la procédure de gré à gré, l’opacité dans la rémunération de certains ministres et des bonus accordés pour signifier qu’un audit doit être organisé. Et ce à tous les niveaux des organes de la Transition. Pour Claude Wetta et ses compagnons de lutte, les résultats de cet audit ainsi que les déclarations de biens en fin de mandat permettront de faire un jugement objectif de la gouvernance sous la Transition.



Aboubacar Dermé (Stagiaire)


Articles associés

 
Commentaires

Dans le dossier

Activités des ONG
Titrologie



L`Observateur Paalga N° 8221 du 27/9/2012

Abonnez vous aux journaux  -  Voir la Titrologie
Sondage
Nous suivre

Nos réseaux sociaux


Comment