Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Burkina Faso    Publicité
aOuaga.com NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Hadj 2015 : zones d’ombres sur la gestion du comité
Publié le lundi 11 janvier 2016  |  L`Observateur Paalga
Hadj
© aOuaga.com par Séni Dabo
Hadj 2015 : 2 330 000 F CFA à débourser par chaque pèlerin burkinabè
Samedi 4 juillet 2015. Ouagadougou. Le Comité national de suivi du pèlerinage à La Mecque a animé une conférence de presse pour annoncer le coût du hadj de cette année qui s`élève, tous frais compris, à 2 330 000 F CFA. Photo : Cheick Omar Boni, président du comité




Au regard des nombreux manquements et même des irrégularités qui ont émaillé l’organisation du pèlerinage à la Mecque, la coordination des agences de voyages intervenant dans le domaine demandent « qu’un audit soit effectué sur cette gestion scabreuse ».

Elles le disent dans la lettre ouverte ci-dessous adressée au président de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB).

Assalaamou aleikoum

Monsieur le Président,
Voilà bientôt deux mois et demi que les derniers pèlerins ont foulé le sol du Burkina de retour de la Mecque, ayant accompli le cinquième pilier de l’Islam qu’est le HADJ. Nous rendons grâce à Allah qui a permis à la plupart d’entre eux de retrouver les leurs et prions pour le salut de ceux que le destin a arraché à leur famille.

La présente lettre a pour objet de vous relater les faits majeurs qui ont marqué l’organisation du Hadj cette année et de situer les responsabilités quant aux difficultés et défaillances constatées. Nous pensons, en effet, qu’une clarification est nécessaire au regard de ce qui se dit autour de cette édition et de ce que nous avons vécu en tant qu’acteurs de l’organisation.

En rappel, depuis 2010, l’Etat met en place chaque année, et en accord avec la Fédération des Associations islamiques du Burkina (FAIB), un Comité de suivi du pèlerinage à la Mecque pour veiller au respect du cahier des charges par les agences de voyages, organisatrices du Hadj. Ce comité est présidé depuis 2012 par un représentant de la FAIB qui est logiquement le mieux placé pour défendre les intérêts des pèlerins et partant ceux de la Oumma islamique.

Pour l’édition 2015, des dispositions ont été prises pour une relecture des textes (cahier des charges des transporteurs, et celui des organisateurs) afin de préserver les acquis et améliorer le processus d’organisation. Cette relecture a permis de préciser davantage le rôle du comité qui est exclusivement celui du suivi et non d’organisation. Ce qui laissait penser à juste titre que les ambiguïtés appartenaient au passé et que le comité se cantonnerait à son rôle de gendarme et d’interface administratif comme l’indiquent clairement les textes. Au lieu de cela nous avons constaté que le comité de suivi s’est érigé en comité d’organisation en contradiction flagrante avec les dispositions du cahier des charges qui, du reste, n’a été transmis aux agences qu’au retour des pèlerins. Ce qui a eu pour conséquence une gestion clientéliste de l’organisation et la fixation d’un prix prohibitif du Hadj que nous avons été obligés de combattre.

Nous retraçons ici les grandes lignes de ces manquements et demandons par la présente, en tant que premiers acteurs concernés, qu’un audit soit effectué sur cette gestion scabreuse du comité afin de situer les responsabilités :

- Il y a eu le problème de l’inscription des pèlerins sur la plateforme électronique pour laquelle nous avons convenu lors de l’atelier de réflexion et de relecture des textes, de l’utilisation de la carte nationale d’identité (CNIB) ou du passeport. Les textes précisent que chaque agence a la faculté de modifier 5% du nombre total inscrit. L’utilisation de la CNIB a, dans un premier temps, été interdite par le comité et cela a été préjudiciable à de nombreux pèlerins qui s’étaient inscrits avec ce document en attendant l’établissement de leur passeport et dont la plupart ont été privés de visa alors qu’ils figuraient en bonne place sur les listes de nos agences. Certaines agences ont même utilisé des pièces fictives pour occuper les places et procédé par la suite à des régularisations. Ce qui a occasionné des dérapages et spéculations en tout genre autour des pèlerins. L’objectif inavouable était pour le comité de prêter main forte à certaines agences dont le potentiel de recrutement était quasiment nul.

Le cahier des charges précise en son article 8 qu’un agrément doit être délivré aux agences devant conduire les pèlerins à la Mecque à condition que celles-ci aient inscrit au moins cinq cent (500) pèlerins. Le comité n’a délivré aucun agrément et nous constatons que ce manquement grave avait pour but de favoriser un groupe d’agences qui n’avait pas le nombre requis.
La gestion unilatérale par le comité du transport des pèlerins qui a eu une conséquence désastreuse sur le coût du Hadj. Le prix du billet a, en effet, été fixé à un million cent quatre-vingt-trois mille quatre cent quatre-vingt-dix (1 183 490) FCFA avec pour seul argument la hausse du taux du dollar. A titre de comparaison, le Niger a transporté ses pèlerins à neuf cent cinquante mille (950 000) FCFA pour cette même édition avec le même avionneur, à distance et au nombre de pèlerins quasiment identiques (l’avionneur était attributaire de la moitié des pèlerins au Niger), soit une différence de 233 490 F CFA. Nous rappelons que le cahier des charges des transporteurs stipule en son article 24 que les agences de voyages prennent part aux négociations avec le transporteur et qu’elles sont parties prenantes de la signature du contrat avec celui-ci.
La mauvaise gestion du budget alloué par l’Etat qui était de quatre-vingt-cinq millions (85 000 000) F CFA pour l’édition 2015 du Hadj. En sus de ce budget, le comité a inclus dans le prix du Hadj 25 510 F CFA par pèlerin pour des frais de transfert et la variation des taux de change. Ce qui correspond à un montant de 140 305 000 F CFA payé par les 5 500 pèlerins. Nous savons cependant que le cahier des charges du transporteur en son article 17 exige l’ouverture d’un compte par celui-ci pour recevoir ses payements. Cela signifie que le comité n’a aucun transfert extérieur à effectuer puisque selon les textes il ne devrait recevoir dans son compte de la part des agences que le montant correspondant au transport des pèlerins. Il a tout de même exigé, au mépris des textes, le versement des sommes correspondant à la restauration à Mina et aux traveller chèques dont le montant par pèlerin est passé de 149 000 F à 154 406 F sans explication.
La mauvaise gestion des 1 100 visas supplémentaires dont les agences attributaires traînent le passif en attendant le remboursement intégral des montants décaissés comme nous l’exigeons. Nous avions en effet demandé au comité de laisser le transport de ces pèlerins à l’initiative des agences compte tenu des impératifs de délai et de l’épuisement du quota qui a fait l’objet du contrat de Nas Air. Notre demande s’est vu opposée un refus catégorique par le comité qui a même pris en otage les passeports des pèlerins jusqu’à ce que chaque agence paye le montant du transport correspondant au quota qui lui était attribué. Nous précisons à ce sujet que certaines agences sont toujours en attente du remboursement de ces frais de transport alors qu’elles doivent faire face aux réclamations des pèlerins.
Il en a résulté des tergiversations jusqu’au coup de grâce porté par les évènements des 16 et 17 septembre qui ont empêché les pèlerins de prendre le vol.

Voilà en résumé, Monsieur le Président, les manquements graves commis par le comité et dont l’ampleur réelle ne peut être déterminée que par un audit que nous appelons de tous nos vœux pour une question de transparence et de justice.
Assalaamou aleikoum wa rahmatoullaahi

Ouagadougou, le 08 janvier 2016
Pour la Coordination

Le Président
Hadj Sana Abdoul Rahmane
Commentaires

Titrologie



L`Observateur Paalga N° 8221 du 27/9/2012

Abonnez vous aux journaux  -  Voir la Titrologie
Sondage
Nous suivre

Nos réseaux sociaux


Comment