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Moussa Sourgou: le DG des affaires publiques sans fard
Publié le samedi 9 janvier 2016  |  FasoZine




Revendiquant le statut de citoyen du monde, Moussa Sourgou est né le 30 juillet 1963 «quelque part en Afrique», précise- t-il. Fils de Zakaya, cultivateur, et de feue Awa Bonkoungou, ménagère, il est marié à Aminata Sawadogo, ménagère commerçante, et est père de quatre enfants: Palingwendé Aimé David, 22 ans, ouvrier; Bawendzoodo Marie Laurence, 17 ans, élève en classe de Terminale D au lycée Bogodogo; Wendpanga Lauricia Trésor, 14 ans, en 4e au lycée Les Elites International; et Pengdwendé Aron Michel, 9 ans, en classe de CE1.

Arrivé de son village à Ouagadougou pour la première fois en 1982, Moussa Sourgou a fait des études de comptabilité et exercé de petits métiers. «J’ai été vendeur dans deux boutiques, j’ai fait la manutention dans l’entreprise Kanazoé quand on traçait le chemin de fer Ouaga- Kaya en 1982», révèle-t-il. Il a aussi travaillé dans des restaurants, puis à Faso Yaar, avant de décider, à la fermeture de cette société, de ne plus travailler «sous la coupe de quelqu’un».

C’est ainsi qu’en mars 1990, il s’adonne au théâtre et intègre l’Atelier théâtre burkinabè (ATB). Il y retrouvera pas mal d’anciens comme Hippolyte Ouangrawa dit Mba Bouanga, Albert Bilgo alias Chrysostome, Simon Pierre Nikiéma dit Briga.

Il y passera 13 ans avant de créer en 2003 sa propre troupe, la troupe théâtrale Vênem (lumière en mooré) du Burkina dont il a obtenu le récépissé en 2005.

Avec cette troupe, il opte pour le travail en free lance, et il s’en explique: «Vous savez qu’ici, le boulot se fait rare. On ne peut pas mobiliser des gens et puis s’asseoir. Donc moi j’encourage le free lance». Il travaille avec deux permanents, les autres professionnels étant recrutés selon les besoins. Le siège de la troupe est situé à la trame d’accueil de Ouaga 2000.

En tant que comédien, sa première représentation théâtrale remonte aux années 90, et s’est passée dans des circonstances pas très communes, qu’il rappelle avec le sourire: «On avait un spectacle à donner dans le village de Boassa. Il y a deux acteurs qui manquaient à l’appel pour raison de service: Albert Bilgo dit Chrysostome et, paix à son âme, Ismaël Kouanda. A l’heure du spectacle intitulé Fatouma, la machine à enfants, notre patron, Prosper Kompaoré, arrive et dit: “Hippolyte, il faut prendre Moussa et Hubert Kagambega, paix à son âme, et tu leur expliques les rôles, ils vont jouer“. Je dis mais comment ça? Il dit: “Vous avez déjà vu la répétition, allez-y“. C’était mon premier spectacle et quand on a joué, on a gardé les rôles parce que ce fut un réel succès».

Souvenir inoubliable
Cette pièce a laissé à Moussa Sourgou un autre souvenir inoubliable et même douloureux. Il s’en remémore non sans émotion: «C’est la première pièce qui m’a fait pleurer. Quand on a gardé les rôles, on est allé une fois à Bobo-Dioulasso pour jouer à la Place de la mairie. Après le spectacle, une vieille qui était arrêtée quelque part m’a interpellé, tout en larmes en ne disant de ne plus jamais faire cela. A mon étonnement, elle explique que c’est moi qui ai poussé le type à répudier sa femme et que même Dieu n’aime pas ça. Je lui ai dit que c’est du théâtre, c’est fini! Vous voyez qu’on a ri! Elle dit non, ça ce n’est pas du théâtre. Je lui ai dit d’accord, je ne ferai plus ça. Plus tard, quand je suis rentré dans le car, j’ai réfléchi et j’ai pleuré. En tant que comédien j’ai accompli ma mission parce que mon jeu a touché. Mais je suis resté triste parce que j’ai fait une erreur. J’aurais dû rester plus longtemps avec cette vieille pour mieux lui expliquer. Peut-être qu’elle a vécu la situation».

Accès des femmes au crédit, La RAF, La femme citoyenne, Une hyène à jeun, Cahier d’un retour au pays natal, Black out, etc., font partie des centaines de pièces dans lesquelles Moussa Sourgou a joué ou qu’il a contribué à créer. En tant que patron de troupe théâtrale, il a présenté sa toute première pièce dans la ville de Kaya comme directeur metteur en scène, dans une représentation de sensibilisation sur le VIH/sida. Depuis son changement de statut professionnel, faute de temps, il n’a pu créer avec sa troupe personnelle que cinq courtes pièces.

Il était davantage occupé à animer des ateliers et suivre des formations dans le domaine du théâtre en Europe et en Amérique. Et là-bas aussi, il ne cache pas avoir exercé des métiers comme celui de plongeur.

Imam dans des sketches
C’est surtout à New York, selon ses propres aveux, qu’il a appris à travailler son corps. Ce qui l’a sûrement aidé dans le casting et le tournage de la série-télé Affaires publiques, qui l’a le plus révélé au plus grand nombre de Burkinabè, même si, selon lui, son plus grand plateau demeure Bud Yam de Gaston Kaboré.

Même si en 1985 déjà il subtilisait les habits de son papa pour jouer le rôle de l’imam dans les sketches de l’Eglise de son quartier, en réalité, Moussa Sourgou a commencé le cinéma en jouant dans des spots publicitaires en 1989. L’enfant de Là-todin dans la province du Passoré, qui préfère garder secret son lieu de naissance, pour être «un citoyen du monde», dit être arrivé à Affaires publiques par le pur des hasards.

«Je venais d’arriver des Etats- Unis en 2009 et comme j’ai des amis à la télé, je voulais y faire un tour pour leur dire bonjour. Sur place, j’ai vu plein de motos devant le bâtiment et on m’a dit que c’est la télé qui a lancé un casting. La cour était remplie de monde mais je me suis frayé un passage pour aller saluer les animateurs du casting. Missa Hébié qui faisait partie des casteurs m’a taquiné et m’a dit de prendre une fiche, de la remplir et de la déposer. Ildevert Méda me fit chanter séance tenante un chant en mooré, puis il me dit “bye“. Je suis parti et c’est comme cela que j’ai été retenu à la première puis à la deuxième phase de Affaires publiques».

Pour la suite, il se verra obligé de faire la navette entre l’Allemagne et le Burkina pour honorer deux contrats à la fois. Son personnage de DG Pousbila a été d’autant plus aisé à incarner qu’en plus des formations qu’il a reçues, le réalisateur Raymond Tiendré lui a laissé la liberté de le découvrir et de l’aborder comme il l’entendait.

L’acteur principal de la série à succès de la Radiodiffusion et télévision du Burkina (RTB) essaie de ressembler à son propre de personnage, dans la vraie vie, en tant que directeur de troupe et père de famille. Tout en étant réaliste, en faisant de telle sorte que ses enfants soient à l’aise avec lui, et en respectant les droits de ses employés.

Dernière révélation, Moussa Sourgou qui se classe parmi les perfectionnistes et les solitaires et dit ne vivre depuis 1990 que de son art a joué, dans Affaires publiques, avec ses deux vraies filles, Laurence et Lauricia.

Juste Samba
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