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Paul Kaba Thieba à la primature : «pour gérer le Burkina Faso, il ne suffit pas d’avoir des compétences techniques…»
Publié le vendredi 8 janvier 2016  |  FasoZine
Première
© aOuaga.com par A.O
Première déclaration du Premier ministre Paul Kaba Thièba
Jeudi 7 janvier 2016. Ouagadougou. Hôtel Laico. Le tout nouveau Premier ministre Paul Kaba Thièba a fait sa première déclaration à la presse dans laquelle il s`est engagé d`être à la hauteur de la tâche




Nommé par décret présidentiel ce mercredi, Paul Kaba Thieba est arrivé à Ouagadougou ce jeudi 7 janvier 2016 dans la matinée certainement pour prendre sa lettre de mission auprès du chef de l’Etat. Peu connu du sérail politique burkinabè, le chef de la Primature est de l’avis de certaines personnalités, un pur technocrate. A peine nommé il y a moins de 24 heures, les réactions « de soulagement » et « de surprise » après neuf jours d’attentes se font déjà entendre. Voici l’avis de quelques personnalités que Fasozine a joint ce jour.


Blaise Augustin Hien, Secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Burkina (CNTB)/président du mois de l’Unité d’action syndicale

« Le développement du Burkina avec la reprise d’un certain nombre de dossiers. Notamment la question de l’impunité et des libertés syndicales. Notre jugement n’est pas le fait qu’il soit connu ou pas. Nous pensons que c’est un Burkinabè comme tous les autres et nous lui souhaitons bon vent. Je pense qu’il faut laisser le temps aux Burkinabè pour l’apprécier. C’est un Burkinabè qui était en mission pour son pays. Cela peut aussi être un avantage. Personne n’a d’éléments d’appréciation sur lui et nous attendons de voir. C’est le choix du président du Faso qui pense que c’est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut et nous espérons que cela lui réussisse. »

Safiétou Lopez/Zongo, entrepreneur

« Tout d’abord, nous lui souhaitons bienvenue et ensuite espérerons qu’il va prendre en compte l’esprit insurrectionnel. Prendre en compte l’esprit de l’insurrection populaire, c’est prendre en compte ce qui a amené le peuple burkinabè à se soulever. Il y a les crimes impunis, les crimes économiques, nous espérons qu’il va prendre tous cela en compte. De notre avis donc, s’il prend cet esprit insurrectionnel en compte, il pourra répondre aux attentes du peuple burkinabè. Il doit aussi savoir que le peuple a évolué et a des attentes pressantes qui sont énormes. Pour qu’il puisse aider le président du Faso à mettre en œuvre son programme, il va falloir qu’il tienne compte de cela. Me concernant, je ne le connais pas mais je ne doute pas de ses compétences car si le président du Faso lui a fait appel, c’est parce qu’il connait ses compétences. Aujourd’hui, pour gérer le Burkina Faso, il ne suffit pas d’avoir des compétences techniques, il faut savoir gérer et prendre en compte les plus petits et les plus faibles. C’est ce qui est le plus important de nos jours car le peuple burkinabè revient de très loin après avoir souffert plus de 20 ans. Nous espérons qu’aujourd’hui, il y aura ce changement parce que le peuple a soif du changement. »

Chrysogone Zougmoré, président du Mouvement burkinabè des Droits de l’homme et des peuples (MBDHP)

« Nous nous réjouissons sur le fait qu’on ait enfin un Premier ministre car ça commençait à prendre un peu de temps. Ce que nous souhaitons est qu’il puisse prendre en compte les attentes notamment du monde du travail et que naturellement les dossiers de crimes de sang et de crimes économiques pendant en justice puissent poursuivre normalement leurs cours et aboutir à des éléments satisfaisants. Aussi, nous souhaitons que les conditions de vie des Burkinabè particulièrement en matière de vie chère soient nettement meilleures.

Dr Luc Marius Ibriga, Enseignant en Droit

« Si on regarde son profil, c’est un technocrate dans la mesure où il n’a pas de profil politique. Il n’est pas engagé dans le débat politique. Il vient directement des institutions internationales, donc je pense que le président cherchait un manager, une personne à même de mobiliser des ressources et d’avoir ses entrées au niveau des centres financiers. Je pense donc que c’est cette préoccupation qui a conduit à son choix. Maintenant son action dépendra du président. C’est le président qui rend le Premier ministre fort ou faible. S’il ne soutient pas son premier ministre, il est certain qu’il sera bloqué par les politiciens. La composition du gouvernement est aussi un élément essentiel et les coudés que le président va lui accordé. Par ailleurs, un Premier ministre est un coordonnateur et il doit animer l’activité du gouvernement. Il n’est pas quelqu’un qui connait tous les dossiers. Son travail, c’est la coordination et cela suppose qu’il est l’oreille du président. Si l’a et son soutien, il peut véritablement conduire l’action du gouvernement puisqu’il est chargé de mettre en œuvre la politique du chef de l’Etat. En outre, la déclaration de politique générale du Premier ministre se base sur le programme politique du président puisque c’est ce qu’il doit mettre en œuvre. Et s’il veut avoir des chances d’être investit, il faut bien qu’il prenne l’essentiel de la politique du programme du président. En s’écartant de ce dit programme, il risque fort d’avoir des problèmes parce qu’il y a non seulement, le programme politique du président mais aussi, les concessions qui ont été faites par rapport aux alliances afin d’obtenir une majorité. C’est tous cela qu’il doit conjuguer pour qu’à terme, il puisse être investit.

Alexandre Sankara, député de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (Unir/Ps)

« C’est avec un sentiment de soulagement et de surprise que j’ai accueilli la nomination du Premier ministre. Soulagement parce que la longue attente des Burkinabè avaient fini par faire le lit de toutes les conjectures. Surprise aussi parce que l’heureux élu ne fait pas parti des pronostics de la presse et de Dame rumeur. A mon avis et en définitive, il faut saluer le choix du président Kaboré pour deux raisons essentielles. Premièrement, il a fait appel à quelqu’un qui n’est pas du sérail politique ce qui correspond aux attentes du peuple qui voulait qu’on nomme quelqu’un de totalement neutre et nouveau. Deuxièmement, il fait appel à un technocrate rompu du monde de l’économie et des finances car étant un haut cadre de notre institution monétaire, la BCEAO et nanti d’un doctorat en finance et en économie monétaire.

Propos recueillis par Dimitri Kaboré
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