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Economie : Cet or qui ne brille pas pour tous
Publié le jeudi 30 mai 2013   |  Journal du Jeudi


Burkina
© Autre presse par DR
Burkina Faso-Mines


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Où va l’argent de l’or? C’est le sujet qui alimente les débats au Faso ces derniers jours. C’est une question qui fâche dans certains milieux, mais n’empêche que c’est une interrogation légitime. Le Burkina Faso, pays au sous-sol pauvre, a cru trouver la porte de sortie du sous-développement depuis que l’or a commencé à pousser partout comme des champignons. En l’espace de quelques années, le miracle or est apparu dans toutes les régions. Beaucoup d’experts avaient conclu, à tort ou à raison, que l’heure avait enfin sonné pour le pays des Hommes intègres de commencer à manger à sa faim et à boire à sa soif. Erreur!
Bien au contraire, c’est comme si le métal jaune avait amené une sorte de malédiction. Si l’on n’y prend garde, on accorde du crédit à la pensée populaire qui voudrait que “or rime avec malheur”. Ce qui est sûr, l’or n’a rien changé positivement au quotidien des Burkinabè. Par contre, ce fut une succession de maux, pour ne pas dire de malheurs, pour certaines localités.
Dans plusieurs provinces, en effet, la ruée vers l’or a drainé sur les sites aurifères les bras valides qui ont ainsi délaissé les travaux champêtres. A cela s’ajoutent les atteintes à l’environnement, le développement exponentiel de la criminalité, de la prostitution et de la consommation de la drogue pour ne citer que ces quelques fléaux. Quoi qu’on en dise, cependant, le Faso brasse des milliards grâce à la production de l’or. Le chef du gouvernement, en personne, a déclaré lors de son discours sur la situation de la nation à l’Assemblée nationale, le 4 avril 2013, que le nombre de titres miniers et autorisations est passé de 855 en 2011 à 941 en 2012, soit une augmentation de 86 titres. Certes, au même moment, la production industrielle d’or a baissé de 32,6 tonnes en 2011 à 30,2 tonnes en 2012 avec une production artisanale déclarée d’environ 972 kg, mais les recettes au budget de l’Etat pour l’année 2012 ont été de 189 milliards de francs CFA, contre 127 milliards en 2011, soit une augmentation de près de 50%.
Le problème fondamental, c’est que le pays, ou du moins les habitants, n’ont pas encore senti les changements induits par cette production d’or. Le pays brasse des milliards et la population ne voit pas l’impact de cette rentrée d’argent sur leur vie au quotidien. Bien au contraire, les prix des produits de grande consommation continuent de prendre de la hauteur et la vie chère s’installe un peu plus. Cela amène à s’interroger avec certains sur les conditions d’exploitation de l’or.
Dame rumeur avait déjà indiqué que les sites seraient des propriétés de gourous du système. Comme pour apporter de l’eau au moulin des tenants de cette thèse, le très sérieux journal “la Lettre du Continent” a publié une information selon laquelle la gestion de l’or est pilotée «depuis le palais de Kosyam». Comme dans beaucoup d’autres secteurs, ce sont les bras droits du Chef de l’Etat qui tiendraient les rênes de la production de l’or. Ceci expliquerait, en partie, pourquoi les concessions sont octroyées dans des conditions guère connues du public. Tout se passe comme s’il s’agissait d’un arrangement entre amis. Les milliards annoncés comme contribution au budget national ne sont donc que des miettes insignifiantes. Plusieurs structures de la société civile ont, du reste, tiré la sonnette d’alarme en dénonçant l’opacité et la mauvaise utilisation de la manne financière produite par l’or, mais aussi en mettant le doigt sur la grave détérioration de l’environnement et de notre cadre de vie. L’opposition politique est, elle aussi, montée au créneau et elle ne demande pas moins qu’une enquête parlementaire pour faire la situation de toutes les activités minières en cours et dire où va l’argent de notre métal jaune.

Adam Igor

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