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Présidentielle et législative 2015 : pas d’affluence à Ouahigouya
Publié le lundi 30 novembre 2015  |  Le Pays
Présidentielle/législatives
© aOuaga.com par A.O
Présidentielle/législatives 2015 : Zéphirin Diabré fait le rang pour voter
Dimanche 29 novembre 2015. Ouagadougou. Le candidat de l`Union pour le progrès et le changement (UPC) à la présidentielle, Zéphirin Diabré, a fait le rang avant de rentrer voter dans son quartier de Zogona




Le constat général fait au niveau de la commune urbaine de Ouahigouya dans la matinée d’hier 29 novembre 2015, c’est le peu d’affluence des électeurs. Ouverts pour la plupart à 6h, certains bureaux de vote ont dû attendre 6h 30, voire 7h, pour enregistrer leurs premiers électeurs. Pour d’autres, c’est au compte- goutte que les citoyens venaient accomplir leur devoir civique. Du côté de l’organisation, plusieurs matériels ont manqué à l’appel dans les bureaux de vote surtout les mouchoirs. Un manque qui peut être à l’origine de l’annulation de plusieurs bulletins, selon des présidents de bureaux de vote. Dans l’ensemble, jusqu’à 13h, les choses se déroulaient dans la paix et Salif Diallo du MPP, Gilbert Noël Ouédraogo de l’ADF RDA et le Naaba Kiiba ont voté et émis le vœu que le scrutin historique que vit le « Pays des Hommes intègres » soit paisible.
« Cela fait un bon bout de temps que nous attendons un électeur. Au début, vers 7h, certains sont venus voter mais maintenant, ils se font rares. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être qu’ils attendent la dernière minute pour venir. Nous, en tout cas, on les attend », c’est en ces termes que Aissa Soré, présidente du bureau de vote 1 de l’école Basnéré S du secteur 4 de Ouahigouya a déploré le manque d’affluence dans son bureau de vote. Tout comme chez elle, dans bien d’autres bureaux de vote que nous avons visités, l’affluence de la population de la ville de Ouahigouya n’était pas grande. « Certains sont allés à la messe. Certainement qu’ils viendront voter une fois la messe terminée », tente de justifier Issa Ouédraogo, président du bureau de vote 3 de l’école Mossé au secteur 8, aux environs de 10h. L’autre constat fait dans la cité de Naaba Kango au cours de ces élections couplées, c’est le manque de certains matériels. « Nous manquons trop de matériels. Je peux vous citer les lampes, les feuilles de dépouillement pour les législatives et surtout les mouchoirs », a déploré Mahama Congo, président du bureau de vote 1 du COGES au secteur 2. Le manque de lampe l’a contraint à ouvrir son scrutin à 6h 30 tout en s’excusant auprès de quelques électeurs qui étaient venus tôt le matin.

On a voté dans l’obscurité

Malgré cela, ils étaient obligés de faire avec les torches de leurs téléphones portables pour permettre aux premiers électeurs de voter. « Nous nous demandons comment nous allons procéder pour le dépouillement qui se fera à partir de 18h », s’est interrogée Rasmata Koné, présidente du bureau de vote numéro 2 de l’école Bangrin 1 situé au secteur 10. Elle confie que c’est sa propre lampe qu’elle a utilisée pour permettre aux votes de débuter. Un problème qui ne se posait pas chez un autre président de bureau de vote qui, lui, a reçu ses deux lampes comme prévu. Il signalait plutôt un manque d’encre pour empreinte digitale. « Nous étions obligés d’aller payer nous-mêmes », a-t-il indiqué. Si certains présidents de bureaux de vote ont pu disposer d’une ou même de deux lampes pendant que d’autres n’en
avaient pas, cela n’est pas le cas des mouchoirs qui n’étaient disponibles dans aucun des bureaux de vote. « L’objectif des mouchoirs, c’est de permettre aux électeurs de se nettoyer les mains tachées d’encre, après leur vote à la présidentielle avant de procéder au vote pour les législatives. Maintenant qu’il n’y a pas de mouchoirs, il se pourrait qu’au moment de voter pour les législatives, l’encre qui est déjà dans les mains de l’électeur fasse une tache sur le bulletin. S’il en rajoute une autre pour son vote, on va se retrouver avec deux votes dans le même bulletin et dans ce cas le bulletin devient nul », a décrié Issa Ouédraogo. Pour lui, le risque d’avoir des bulletins nuls pendant le dépouillement est élevé à cause du manque de mouchoirs. « Nous avons demandé à chaque président de bureau de vote de se débrouiller avec ses électeurs pour ce qui concerne les mouchoirs car cette année, nous n’en avons pas eu. La CENI n’a pas prévu de lotus cette fois-ci. Les présidents pourront par exemple dire aux électeurs de faire attention pour ne pas tacheter les bulletins de vote des législatives », a expliqué le président de la Commission électorale communale indépendante, Adama Ouédraogo.

Salif Diallo a dédié son vote aux martyrs

Pour ce qui concerne les feuilles de dépouillement et les problèmes de lampes, il dit avoir transmis les préoccupations à la CENI et que d’ici le début des dépouillements, tous les bureaux de vote recevront des lampes pour pouvoir bien faire le travail. Parmi les personnalités politiques qui ont voté à Ouahigouya, figuraient Salif Diallo du MPP et Gilbert Noël Ouédraogo de l’ADF/RDA. Venu avec une forte délégation, Salif Diallo a été le premier à accomplir son devoir citoyen aux environs de 8h au bureau de vote numéro 2 à l’école Bangrin 1 dans le secteur 10 de Ouahigouya. Son vote, il l’a dédié aux martyrs de l’insurrection et de la tentative de putsch, particulièrement à Rachid Sawadogo, jeune élève de 18 ans en classe de Terminale qui a été fauché pendant l’insurrection. « Dès que je suis rentré dans le bureau de vote, ma première pensée est allée à ce jeune homme qui habitait juste à 500 mètres d’ici. Aujourd’hui, mon vote revêt un double aspect : celui démocratique libre et celui d’hommage que je rends à ceux qui sont tombés pour nous permettre de vivre ces moments de démocratie », a dit Salif Diallo pour terminer. Quant à Gilbert Noël Ouédraogo qui a voté à l’école Wendpengré au secteur 2 en compagnie d’une forte délégation aux environs de 9h, il a placé ces élections sous le signe du pardon, de la réconciliation et de la cohésion nationale. Le Naaba Kiiba n’avait qu’un seul souhait après son vote : que les élections se passent dans la paix et que les résultats qui seront issus des urnes soient acceptés par tous les Burkinabè.

Yannick SANKARA,
(Envoyé spécial à Ouahigouya)
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