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Croisade des occidentaux contre DAESH : période de répit pour les dictateurs africains
Publié le jeudi 19 novembre 2015  |  Le Pays




S’il y a un nom dont la seule évocation fait trembler le monde entier aujourd’hui, c’est bel et bien Daesh. Et pour cause. Sa capacité de nuisance est très redoutable. Sa folie meurtrière n’épargne personne, les pauvres comme les riches, les grands comme les petits. En Asie, en Afrique comme en Europe, ses partisans font régner la terreur au nom d’une idéologie qui consacre l’idée d’une vérité intangible et éternelle à laquelle tout le monde doit se soumettre ou périr. C’est cette posture qui fait d’eux des ennemis atypiques et dangereux pour le monde de la pensée libre et cartésien que représente l’Occident, si fait que l’on peut être tenté de se poser la question suivante : comment répondre rationnellement à des gens qui sont sûrs de mériter le ciel en égorgeant des humains ? De ce point de vue, l’on peut parier sans grand risque de se tromper que la guerre totale promise par la France contre l’Etat islamique (EI) sera âpre et que ce n’est pas demain la veille que Daesh agitera le drapeau blanc pour signifier sa capitulation.

Les satrapes africains ont assez de temps pour consolider les bases de leur dictature

L’on peut comprendre dès lors, pourquoi les Occidentaux, pour se donner plus de chances de le vaincre, n’ont eu aucun scrupule à intégrer dans leur stratégie de riposte, des Etats qui, hier encore, étaient perçus comme des pestiférés à leurs yeux pour le soutien qu’ils accordent à Bachar El Assad, ce grand dictateur devant l’Eternel. Cet appel du pied pour ne pas dire de détresse fait à la Russie de Poutine et à l’Iran de Rohani et des Ayatollah, illustre bien l’adage selon lequel « pour éteindre un incendie, l’on se soucie très peu de la qualité de l’eau que les uns et les autres peuvent apporter ». Les Occidentaux sont dans cette logique aujourd’hui. Il n’est donc pas exclu, dans leur volonté de casser du djihadiste, qu’ils fassent appel au boucher de Damas qui, en la matière, a une expertise avérée. Dans un tel contexte, les dictateurs en général et ceux d’Afrique en particulier, peuvent se frotter les mains. Car, tous peuvent profiter du fait que par ces temps qui courent, les Occidentaux ont d’autres chats à fouetter que de veiller sur la démocratie. Les satrapes africains ont donc assez de temps pour consolider les bases de leur dictature. Ils peuvent d’autant plus le faire sans craindre la moindre réprobation des champions de la démocratie, qu’eux aussi font partie des maillons de la chaîne planétaire qui s’est mise en branle pour apporter leur compassion et leur solidarité à la France, suite aux massacres de Paris. Ils peuvent donc légitimement prétendre à la mansuétude de la patrie des droits de l’Homme et, au-delà de la France, à celle de tous ceux qui distribuent les notes en matière de démocratie. Et après tout, dans la situation de guerre ouverte dans laquelle se trouve la France aujourd’hui contre l’Etat islamique, les soutiens, d’où qu’ils viennent, sont bons à prendre. Cela nous rappelle l’alliance que le monde dit libre avait scellée avec le grand « Satan » c’est à dire le pouvoir bolchévique, pendant la seconde guerre mondiale, pour contrer la folie du Nazisme. Dans le cas d’espèce, les Occidentaux ont besoin de la contribution de tous, y compris celle des dictateurs pour faire plier Daesh qui, aujourd’hui, est à abattre par tous les moyens.

Les frappes pourraient ne pas suffire pour conjuguer désormais Daesh au passé

L’impératif catégorique du moment est de triompher de Daesh. Pour la démocratie, on verra après. Paul Kagamé, Pierre Nkurunziza, Joseph Kabila et tous ceux qui, sous nos tropiques, caressent l’espoir de poignarder la démocratie pour s’accrocher au pouvoir, n’hésiteront pas à tirer profit de ces moments où le seul centre d’intérêt des grands de ce monde se résume à la croisade contre Daeh et ses partisans. Par rapport à ces derniers, les prédateurs africains de la démocratie pourraient passer aux yeux des Occidentaux pour des enfants de chœur, parce qu’eux au moins, ne troublent pas leur quiétude et sont loin de porter atteinte à leurs intérêts. Bien au contraire, ils veulent conserver leur fauteuil, pour pérenniser la mainmise des Occidentaux sur leur pays. La croisade des Occidentaux contre les ingénieurs du mal absolu représente pour les dictateurs africains des périodes de grâce et de répit. Tant que cette croisade ne connaîtra pas son épilogue, cette période de répit pour les satrapes d’Afrique aura de beaux jours devant elle. Et comme tout laisse croire que l’offensive tous azimuts lancés par les Occidentaux avec l’aide des Russes sera de longue durée au regard du profil de l’ennemi, l’on peut en déduire que pendant tout ce temps, les dictateurs pavoiseront. En effet, pour vaincre véritablement l’Etat islamique, les frappes aériennes sur Raqqa, les interpellations à la pelle de présumés djihadistes à Paris, à Bruxelles ou encore à Berlin et l’élimination physique de certains barbus dont l’implication dans les massacres de Paris a été établie, pourraient ne pas suffire pour conjuguer désormais Daesh au passé. La piste à explorer en plus de cette option sécuritaire pourrait consister pour les Occidentaux à arracher toutes les racines du mal. Et ces racines se rapportent entre autres aux événements douloureux qui ont marqué l’histoire des Arabes. Au nombre de ces événements douloureux, l’on peut citer la guerre d’Algérie et la sempiternelle injustice faite aux Palestiniens depuis la création de l’Etat hébreux en 1948, par David Ben Gourion. C’est ce qui peut expliquer que de jeunes Français d’origine algérienne conspuent aujourd’hui la Marseillaise au stade de France par exemple, et que tout ce qui rappelle les valeurs de l’Occident suscite l’ire des Arabes en général. Il faut donc que les Occidentaux, pour se réconcilier avec les Arabes, posent des actes forts, allant dans le sens de la réparation des injustices faites au monde arabe. Et le contexte s’y prête, pour autant qu’ils aient la volonté de le faire.
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