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Crise des universités publiques du Burkina : pour l’avènement d’un nouveau type d’étudiant
Publié le vendredi 16 octobre 2015  |  Le Quotidien
Université
© Autre presse par DR
Université de Ouagadougou




Les étudiants doivent prendre le train du renouveau en cours au Burkina. Ils ont sans doute participé à la lutte pour la chute du régime Compaoré et l’éradication du RSP. Un étudiant a même payé de sa vie cette bataille pour la liberté et la justice, au cours des événements des 30 et 31 octobre 2014. Mais cela donne-t-il pour autant tous les droits aux étudiants pour agir à leur guise et surtout aller contre la légalité ? C’est la question que l’on est en droit de se poser, au regard du comportement de certains locataires des cités universitaires. Assurément non. Car tous les Burkinabè qui se sont dressés contre la forfaiture de l’ancien régime aurait pu émettre des revendications tous azimuts. Mais tel n’est pas le cas. Au contraire, pour avoir combattu l’arbitraire, ils doivent avoir un comportement exemplaire fondé sur le civisme. Les citoyens qui doivent aussi se mettre au diapason des sacrifices nécessaires pour bâtir le Burkina nouveau. Cet effort n’incombe pas seulement aux dirigeants, aux hommes politiques ou aux militaires. Tout le monde doit prendre part au travail de façonnement d’un véritable Etat de droit. Et cela commence par le comportement quotidien de chacun. Or sur ce plan, force est de constater l’incurie de certains étudiants. Ils crient « vive la révolution, à bas la dictature », mais se comportent en destructeurs du bien public et en réfractaires à l’autorité. Ainsi est-il des portes cassées et des chambres occupées de force par des étudiants. Et non contents d’avoir commis ces dégâts, ils réclament la tête du Directeur général du CENOU tout en proférant des menaces. Ces pratiques, si elles ont été tolérées par le passé, pour des raisons évidentes, ne doivent plus avoir droit de cité sur nos campus. Les manifestations de mécontentement sont soumises à un respect des textes. Elles doivent surtout se faire dans le respect du bien public et de l’intégrité physique des personnes. Il faut en finir avec l’anarchie qui n’a fait que prolonger le délitement du système universitaire public burkinabè.


Sous d’autres cieux, notamment en Côte d’Ivoire, ce sont des mesures radicales qui ont été prises pour mettre fin à la chienlit dans les cités. A son arrivée aux affaires, Alassane Ouattara a carrément fermé les universités pour les remettre à neuf et édicter de nouvelles règles de comportement pour les étudiants. Il ne s’agit pas de faire la même chose au Burkina. Mais si certains étudiants ne comprennent pas que les temps ont changé, en ayant des comportements responsables, des mesures de fermeté pourraient être prises par les autorités de tutelle. Ce n’est pas sûr, dans ce cas de figure, que les étudiants auront beaucoup de monde pour les soutenir. La retenue doit donc prévaloir désormais dans les actes de revendications. L’université doit cesser d’être un champ de bataille et de confrontation permanent pour devenir un lieu de savoir. C’est sa vocation première. Il faut retourner aux fondamentaux. On va à l’université pour acquérir les outils de son propre développement afin de les mettre au service de son pays. Pas pour autre chose. C’est pourquoi les dégâts constatés lors du dernier mouvement d’humeur doivent être réparés par leurs auteurs. La prise de conscience commence par là. Il faut assumer les actes que l’on pose. Le temps de la pagaille est révolu. L’ancien régime avait fait trop de concessions, juste pour tenter de « maitriser » l’université et empêcher les étudiants de basculer dans le camp des opposants. De même, certains leaders estudiantins avaient fait de la surenchère leur programme, ce qui les amenait à manifester à tort et à travers, pour bénéficier de subsides. Leur combat se résumait à faire chanter les dirigeants. Fort heureusement, toutes les organisations syndicales ne sont pas tombées dans cette bassesse. Elles ont plutôt lutté de tout temps contre l’arbitraire, les atteintes aux libertés et la dégradation des conditions des étudiants. Mais tout cela doit se faire dans la légalité. Se plaindre du manque d’infrastructures tout en n’hésitant pas à les détruire à la moindre colère, est une grosse contradiction et une absurdité. Le Burkina ne veut plus de cette race d’étudiants1

La Rédaction
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