Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Burkina Faso    Publicité
aOuaga.com NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Retour triomphal des militaires de Bobo-Dioulasso
Publié le lundi 5 octobre 2015  |  Sidwaya
Burkina
© AFP par Sia Kambou
Burkina Faso : les soldats burkinabè prennent d`assaut les casernes militaires de l`ex-RSP
Mardi 29 Septembre 2015. Ouagadougou. Des soldats burkinabè en position près de la caserne de l`ex-Régiment de la sécurité présidentielle (RSP)




Les militaires de Bobo-Dioulasso, partis pour ramener les putschistes à la raison ont regagné la capitale économique, le vendredi 2 octobre 2015 dans la nuit. Une marée humaine jamais vue dans la ville de Sya leur a réservé pour ce faire, un accueil triomphal et rendu des hommages à la hauteur de leur bravoure.


La ville de Bobo-Dioulasso s’est vidée de sa population pour réserver un accueil triomphal à la troupe de militaires expédiée sur la capitale Ouagadougou pour désarmer les ex-éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Difficile de chiffrer cette marée humaine sortie pour acclamer les soldats. Pour sûr, plusieurs milliers de personnes ont bravé le sommeil et les risques pour traduire aux « boys », la satisfaction d’une population à bout de souffle, après le coup d’Etat du 17 septembre 2015. La nouvelle du retour des soldats a vite envahi la cité de Sya comme une traînée de poudre. L’avenue de l’Union européenne a été prise d’assaut par une foule dès 19 heures. Dans l’attente de l’arrivée des militaires, des jeunes cascadeurs tiennent le pavé avec des actions à vous couper le souffle. Des informateurs toujours scotchés à leurs téléphones donnent volontiers, la position de la troupe. Des sources font état d’un détachement important de jeunes dans la commune de Koumbia, à 70 km de Bobo-Dioulasso, question de démontrer aux soldats, la noblesse de leurs actions. Au péage de Bobo-Dioulasso, situé à quelques kilomètres de la ville, une jeunesse surexcitée ne cesse de saluer la bravoure des soldats qui ont fait plier Gilbert Diendéré. «Le pays nous appartient tous et il est hors de question que des gens pour des besoins personnels, brûlent notre pays. La patience du Burkinabè a des limites. L’armée nationale nous a démontré qu’elle est en phase avec le peuple et non au service de quelques individus», souligne la jeune Denise Da.

"Le départ de Blaise Compaoré était la demi-finale"

Le Cheick Adama Héma, la cinquantaine sonnée, est lui, plus précis. « Nous étions sûrs qu’ils reviendront la tête haute et l’honneur du pays, sauf. Nous avons une richesse au Burkina Faso, parce nous ne connaissons pas de Mossis ni de Dioulas ni de Peulhs. Nous sommes tous des Burkinabè qui ont une dignité que personne ne doit toucher. Le départ de Blaise Compaoré était la demi-finale. Nous venons d’assister à la finale avec l’arrestation de Diendéré», se convainc le guide religieux. A l’arrivée des soldats défenseurs de la démocratie au portique de la ville de Bobo-Dioulasso autour de 22 heures, c’est la liesse. Il aura fallu plus de 4 heures aux soldats pour regagner le camp Ouezzin Coulibaly, situé au cœur de la ville de Bobo-Dioulasso. Des cris de joie et autres klaxons des motos et des autos rendent l’atmosphère particulière. Escortés à pied, à motos ou à voitures, il est difficile pour les engins militaires de se frayer un passage avec cette marée qui ne cesse de crier à perdre la voix : « Vous êtes des patriotes. Vous êtes des dignes fils du Burkina Faso ». Les soldats perchés du haut de leurs engins, contrairement à leur départ le 21 septembre 2015, où les mines étaient graves, pourvoient par moment quelques sourires, malgré la fatigue du trajet et des jours de pression psychologique et physique. Par moment, le commandant de la 2e région militaire de Bobo-Dioulasso, le colonel Gilles Bationo, envahi par la foule en allégresse, s’offre entre temps un bain de foule. Dans cette liesse où l’émotion est à son comble, des bénédictions sont dites à l’endroit des différents chefs de corps et leurs troupes qui ont rallié Ouagadougou. « Je suis là depuis 18h30, sans avoir mangé. Nous sommes et serons à côté de ces braves soldats qui ont magnifié le drapeau de notre pays. La noblesse de leur combat et leur sens de sacrifice est à la hauteur de l’accueil que la population leur réserve », explique une femme leader, Mariam Sadjo Drabo. Le cortège, long de plusieurs kilomètres, montre a en croire Mme Drabo, une communion certaine entre la peuple burkinabè et son armée. C’est finalement autour de 1 heure du matin que les soldats ont pu regagner leur caserne au pas caméléon, laissant une ville enthousiaste. Quid du couvre feu prévu de 1 heure à 4 heure du matin?

Moussa CONGO


Articles associés

 
Commentaires