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Les ministres burkinabè dissolvent le régiment putschiste
Publié le vendredi 25 septembre 2015  |  AFP
Gouvernement
© aOuaga.com par A.O
Gouvernement : les ministres tiennent leur premier conseil d`après-putsch
Vendredi 25 septembre 2015. Ouagadougou. Le gouvernement a tenu son premier Conseil des ministres d`après-putsch au Premier ministère et non au palais présidentiel comme c`est de coutume




Ouagadougou - Les ministres burkinabè ont profité vendredi de leur premier conseil après le coup d’Etat avorté pour dissoudre le Régiment de Sécurité présidentielle (RSP) à l’origine du putsch, dont le désarmement était en cours.

"Le troisième décret (...) dissout le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP)", selon le compte-rendu de ce Conseil des ministres.

La disparition du RSP était réclamé depuis plus de 15 ans par la société civile et certains partis politiques. Après la chute de Blaise Compaoré et l’instauration d’une Transition démocratique, les demandes de dissolution s’étaient faites plus pressantes sans que les autorités aient le courage de passer à l’acte face à cette "armée dans l’armée".

Corps d’élite de 1.300 homme, le RSP était la garde prétorienne de l’ancien président Blaise Compaoré, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir en octobre 2014.

Rétabli après l’échec du putsch, le gouvernement de transition s’est réuni à 10H00 locales et GMT dans le centre-ville dans les bureaux du Premier ministre Isaac Zida, "un cadre plus serein", selon M. Zida, que le palais présidentiel où avait été initié le putsch et qui se situe juste à côté de la principale caserne du RSP. D’importantes mesures de sécurité avaient été mises en place aux alentours.

"Bienvenus chez vous", a déclaré Job Ouedraogo, le directeur de cabinet d’Isaac Zida, au passage des ministres.

Le 16 septembre, c’est en plein conseil des ministres que des soldats du RSP, dont le camp jouxte le palais présidentiel, avaient fait irruption. Ils avaient pris président et gouvernement en otage, sonnant le départ du putsch, officiellement prononcé le lendemain.

Vendredi matin, le lieutenant-colonel Zida, lui-même ancien du RSP en délicatesse avec ses ex-collègues, est allé chercher M. Kafando, qui a fait son entrée au conseil sous les applaudissements.

Simultanément, le Conseil national de la Transition (CNT, parlement intérimaire) s’est réuni à l’Assemblée nationale pour la première fois depuis le putsch. Leur écharpe en bandoulière, les 90 députés ont accueilli le président du Conseil, Cheriff Sy, sous les applaudissements. Ce dernier était passé à la clandestinité durant les quelques jours qu’a duré le coup d’Etat.

C’est vers 19H30 que le CNT a finalement rendu publiques les décisions prises durant la séance: dissolution du RSP donc, mais aussi destitution du ministre délégué à la Sécurité Sidi Paré, soupçonné de collusion avec le Conseil national pour la Démocratie (CND, pro-Compaoré), mise à l’écart du chef d’Etat-Major particulier de la présidence, le colonel-major Boureima Kere, ancien aide de camp de Blaise Compaoré et ex-chef du RSP.

Le Conseil a aussi décidé de la création d’une commission d’enquête sur le coup d’Etat, visant à "situer les responsabilités, à identifier les auteurs, complices, militaires et civils impliqués".

Elle "dispose d’un délai de trente jours maximum pour déposer son rapport. Des poursuites judiciaires seront immédiatement engagées à l’encontre des auteurs et complices", selon le texte.

Par ailleurs, le Conseil a fait état d’un bilan officiel de 11 morts et 271 blessés pendant les événements.

Le gouvernement a aussi annoncé des "concertations" en vue de "fixer le nouveau calendrier électoral". La présidentielle et les législatives étaient prévues le 11 octobre et devraient être décalées de plusieurs semaines.

Un peu plus tôt dans la journée, le procureur général du Faso du Burkina, Laurent Poda, avait annoncé à l’AFP avoir ouvert une enquête judiciaire sur les événements, laissant entendre que les putschistes seraient un jour jugés.

"Le serpent est blessé mais n’est pas mort", avait quant à lui mis en garde Me Guy-Hervé Kam, le porte-parole du Balai citoyen, organisation de la société civile qui avait joué un rôle prépondérant lors de la chute de Blaise Compaoré, tout en ne voyant "plus de risque majeur pour les élections".

Avant même la dissolution du RSP son armement a commencé dans la journée à être inventorié.

"Le processus de désarmement du RSP au camp Nabaa Koom ont bien commencé ce matin. Après l’inventaire dans la matinée, le chargement de l’armement a effectivement débuté ce soir. Tout se passe bien", assurait ainsi vendredi soir l’Etat major des Armées.

Pourtant, selon un haut gradé du RSP, les militaires de base du Régiment, établis à la caserne Naaba Koom, s’y "sont catégoriquement opposés", réclamant au préalable des garanties de sécurité pour eux et leurs familles.

Face aux craintes des militaires, le Balai citoyen appelait vendredi soir "à ne s’en prendre ni aux militaires du RSP, ni aux membres de leurs familles, ni aux présumés soutiens civils du coup d’Etat".

Le putsch a avorté mercredi, après que des unités loyalistes eurent fait mouvement vers la capitale pour s’opposer au RSP. Michel Kafando a été officiellement rétabli dans ses fonctions, ainsi que le Premier ministre Zida, l’ensemble du gouvernement et l’assemblée intérimaire lors d’une cérémonie jeudi à Ouagadougou.

roh-pgf/dom


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