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Ouagadougou, une capitale morte
Publié le vendredi 18 septembre 2015  |  Sidwaya
Situation
© aOuaga.com par A.O
Situation nationale : rues désertes et commerces fermés à Ouaga
Jeudi 17 septembre 2015. Ouagadougou. La capitale burkinabè a un visage de ville morte avec les rues désertes, les commerces fermés au lendemain de la prise en otage des têtes de l`exercice qui s`est muée en coup d`Etat




Silence de mort dans la capitale burkinabè hier jeudi 17 septembre 2015. Le grand marché, les stations services, les grandes boutiques et alimentations, les administrations publiques et privées, en un mot la vie s'est presque arrêtée à Ouagadougou.

«Eh! Monsieur n'avancez pas. Voulez-vous quelque chose? L’aéroport est fermé». C'est par ces mots qu'un agent en demi-saison nous a accueillis à l'entrée de l'aéroport international de Ouagadougou, côté zone de fret. Dans l'enceinte de l'infrastructure, on aperçevait les empennages des avions cloués sur le tarmac. En apparence, aucun service de la plateforme aérienne n'a fonctionné en cette journée du 17 septembre 2015. Les grilles des marchés, alimentations, stations de services, banques, ambassades, hôtels (…) sont restées hermétiquement baissées. Les rues désertes, les maquis et restaurants n'existaient plus, pas de mécanicien pour dépanner un engin. C'est le constat que nous avons pu faire en sillonnant la capitale burkinabè. La place de la Nation qui était indiquée pour recevoir les manifestants ayant répondu à l'appel des syndicats et des organisations de société civiles était inaccessible car fermement gardée par des forces de défense. Cependant des services sanitaires comme les hôpitaux et les CSPS, les agents des services d'urgence en l’occurrence les sapeurs-pompiers ont assuré le service. A l'hôpital Yalgado Ouédraogo les blessés des manifestations étaient transportés pour des soins médicaux. De la maison du peuple jusqu'à l'avenue Kwamé N'Krumah en passant par le rond-point des Nations unies, aucun mouvement, si ce ne sont les éléments de l'armée et des véhicules de la brigade des sapeurs-pompiers. Sur des engins à deux roues ou dans des véhicules pick-up, ces militaires qui parcourent les ruelles de la ville sèment çà et là la frayeur et n'hésitent pas à disperser des groupuscules. Comme cela a été le cas à la cité an III où un incendie qui aurait été causé par des tirs a été maitrisé par les soldats du feu. Non loin à environ 200m du siège du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) un corps sans vie git dans une mare de sang à l'entrée de la maternité Pogbi. Autour de la dépouille une vingtaine de jeunes maussades et consternés. L'un d'entre eux, Issouf Sawadogo, a expliqué qu'il a eu une course poursuite avec des hommes de tenues. C'est dans cette débandade qu'une balle aurait fauché le regretté. Un témoin nous a conduits au quartier Dapoya où un motocycliste a fini sa course dans un caniveau et est mort sur le champ. Puis, devant l'école nationale des douanes, un jeune homme de la trentaine s'est fait écraser par un camion qui a continué son chemin, selon des témoins interrogés sur place. Par endroit des routes sont barrées au moyen de bois, de pneus, de poubelles, etc. Du côté du Boulevard France-Afrique, à Ouaga 2000, des manifestants battaient le pavé pour soutenir les nouvelles autorités. Encadrés par des éléments du RSP, ils ont promis de se retrouver ce jour 18 septembre au pied du Monument aux Héros nationaux pour soutenir le Conseil National pour la Démocratie(CND).


Wanlé Gérard COULIBALY
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