Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Burkina Faso    Publicité
aOuaga.com NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article
Politique

Rapport de la commission de la réconciliation : éviter le sort du Collège de sages
Publié le mercredi 16 septembre 2015  |  Le Quotidien
Réconciliation
© aOuaga.com par Séni Dabo
Réconciliation et réformes : la commission nationale présente son rapport général
Lundi 14 septembre 2015. Ouagadougou. Le président de la Commission de la réconciliation nationale et des réformes (CRNR), Mgr Paul Ouédraogo, a animé une conférence de presse pour présenter son rapport général préalablement remis au Premier ministre




La Commission de la réconciliation nationale et des réformes a rendu son rapport. Consacrée par les articles 17 et 18 de la Charte de la transition, cette commission est « chargée de restaurer et de renforcer la cohésion sociale et l’unité nationale ». Il s’agit donc d’un organe essentiel à la Transition. Car réconcilier les Burkinabè n’est pas chose aisée. Les fractures sont nombreuses depuis de nombreuses années. Elles se sont aggravées sous le régime de Blaise Compaoré, le plus long que le Burkina ait connu et donc le plus enclin à commettre le plus de crimes. Avec l’insurrection, un autre fossé s’est creusé entre partisans de l’ancien régime et ceux du soulèvement populaire. Les positions restent figées malgré les déclarations de bonnes intentions. C’est dire que le travail n’a pas manqué aux membres de la Commission et ne manquera pas pour amener les Burkinabè à se pardonner. Mais ce qui est nouveau dans le rapport de la Commission présidée par Mgr Paul Ouédraogo, c’est que les gens se sont exprimés de façon plus libre que lors des travaux du Collège de sages dirigé en son temps par Mgr Anselme Tatiama Sanon. L’absence des ex-dirigeants a pu libérer la parole grâce notamment à l’existence d’un espace de liberté. La Commission a, de ce fait, pu constituer un corpus très intéressant. Mais comme l’histoire l’a démontré, au Burkina, il ne suffit pas de faire du bon travail. Encore faut-il le mettre en œuvre. Tout comme les institutions reflétant la démocratie, pullulent, des textes et documents sur la bonne gouvernance, la démocratie et la réconciliation foisonnent. Ils dorment tout simplement dans les tiroirs. C’est ainsi que les recommandations du Collège de sages sont restées lettres mortes. L’ancien pouvoir a pris ce qui l’arrangeait, mettant de côté les réformes les plus importantes.


Avec l’avènement, le 11 octobre prochain, de nouvelles autorités élues, le Burkina doit rompre avec ces louvoiements du passé. C’est la seule condition pour sortir des cycles de troubles que le pays connait du fait de la mal gouvernance. Depuis son indépendance, le pays a connu régulièrement des crises liées essentiellement à la gestion du pouvoir. Tant que les préceptes édictés par les différentes commissions mises en place ne sont pas appliquées, le pays connaitra de nouveaux soubresauts. La vérité ayant été dite sur bien des crimes, il reste la question de la justice, avant que l’on ne parle de réconciliation. Trop de victimes attendent réparation. Les ayant-droits de celles qui ont perdu la vie aussi. En tous les cas, l’impunité ne doit plus avoir droit de cité. Sur le plan des réformes institutionnelles, la nécessité de confier la sécurité du chef de l’Etat à la police et à la gendarmerie, en lieu et place du RSP, ne souffre pas de débat. L’indépendance de la justice longtemps ajournée doit enfin être une réalité. La gestion rigoureuse des biens de l’Etat et des ressources publiques est une aspiration profonde du peuple que les futurs dirigeants doivent intégrer dans leurs politiques. Enfin, la lutte implacable contre la corruption, les détournements et le clientélisme est très attendue des Burkinabè. Ce sont autant de mutations importantes qui doivent transformer le Burkina nouveau que nous appelons de tous nos vœux.
Comme le Collège de sages et bien d’autres institutions, la Commission de réconciliation nationale et des réformes a mis le doigt sur la plupart des problèmes qui minent le Burkina. Avec l’insurrection, certaines avancées ont d’ores et déjà été enregistrées, comme l’activation de la Haute cour de justice. Il appartient aux Burkinabè d’exercer un droit de suivi sur les recommandations prises afin qu’elles ne tombent pas aux oubliettes1

La Rédaction
Commentaires