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Médias publics : d’ex-agents de maîtrise de l’information interpellent le chef de l’Etat sur leur sort
Publié le vendredi 11 septembre 2015  |  Autre presse
Sit-in
© aOuaga.com par Aristide Ouedraogo
Sit-in du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (Synatic)
Mardi 16 juillet 2013. Ouagadougou (ministère de la communication). Les agents membres du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (synatic) font un sit-in devant le ministère de la communication.




Ceci est une lettre ouverte d’ex-agents de maîtrise de l’information des médias publics adressée au chef de l’Etat sur leur sort qu’ils jugent peu enviable.


Monsieur le Président du Faso,
De guerre lasse, des travailleurs du Ministère de la Communication réunis au sein d’une structure dénommée « Collectif des ex – Agents de maîtrise de l’Information » aujourd’hui Assistants en Sciences et Techniques de l’Information ont saisi la plume pour vous entretenir de leur carrière administrative malmenée.

Monsieur le Président du Faso,
Depuis près de trois décennies, près d’une centaine de cadres moyens (catégorie B1) du ministère de la Communication traînent, comme un boulet, une situation administrative qui ne fait pas honneur au Burkina Faso dont l’un des éléments fondateurs de la Devise nationale est celui de la JUSTICE.

Monsieur le Président du Faso,
Les membres du Collectif, qui s’entretiennent par courrier, avec vous, ont été formés, pour certains, au Centre de formation professionnelle de l’information (EX-CFPI) de Ouagadougou aujourd’hui dénommé, Institut des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ISTIC) et au Centre Interafricain d’Etudes en Radio Rurale de Ouagadougou (CIERRO). D’autres membres du Collectif ont suivi leurs cursus dans des écoles et instituts de formation professionnelle à l’étranger. Ils en sont sortis nantis du diplôme de Niveau 2. C’est à cette étape de l’évolution de la carrière des ex- Agents de maîtrise, que les choses calent, on ne sait trop pourquoi. En principe, une dernière page devait s’ouvrir aux Agents de maîtrise avec l’organisation d’un concours professionnel pour l’accès au Niveau 3 (catégorie A1) qui correspond au corps des Conseillers de presse et Techniques de l’Information. Mais au Ministère de l’Information, on traîne les pieds. Les années passent et rien ne se profile à l’horizon pour les Agents de maîtrise qui sonnent l’alarme en janvier 1996. En substance, le Collectif invite le Ministère de l’Information à prendre à bras le corps l’ouverture du Niveau 3 au CFPI d’alors.

Monsieur le Président du Faso,
Les ex- Agents de maîtrise de l’information (Assistants en Sciences et Techniques de l’Information) ont porté tous seuls leur croix jusqu’au lancement de l’ouverture du Niveau 3 en 2004. Bonne nouvelle pour la profession et pour la nouvelle génération de journalistes et techniciens formés à l’ISTIC. Mais et les anciens dans tout ça ? Qu’est- ce qu’on en fait ? Ceux qui sont déjà frappés par la limite d’âge (45 ans) au lancement du concours professionnel de Niveau 3 en 2004 ? Les comptabilise-t-on en pure pertes et profits ? Nous disons mille fois NON !!! Nous n’acceptons pas d’être les victimes des turpitudes de l’Administration publique burkinabé. Dans cette affaire, l’Etat burkinabé doit prendre ses responsabilités. L’Etat burkinabé doit assumer ses fautes de gestion en ressources humaines et les CORRIGER. D’ailleurs, la législation sur le travail au Burkina autorise la correction des cas avérés d’injustice en se fondant sur la Loi n°013/98/AN du 28 avril 1998 portant régime juridique applicable aux emplois et aux agents de la Fonction publique (modifiée par la loi n°019-2005/AN du 18 mai 2005). En effet, les termes de l’article 90 (nouveau) disposent que notre requête peut trouver sa solution par l’organisation d’un examen professionnel à l’instar d’autres ministères qui ont judicieusement exploité les termes de la loi sus-mentionnée. On peut citer en exemple les ministères de la Sécurité, des Sports et des Loisirs et de la Santé (les résultats d’un examen professionnel ont été proclamés en juin 2015).
L’article 62 (nouveau) précise, également, les modalités d’accès aux emplois supérieurs avec des perspectives de résolution de conflit administratif.

OBTENIR JUSTICE ET REPARATION : c’est le sens du combat que les anciens stagiaires de Niveau 2 du Ministère de la Communication, tous instituts confondus, mènent depuis 2004 (année de l’ouverture du Niveau 3) au même titre que des travailleurs d’autres ministères touchés, eux aussi, de plein fouet dans l’évolution de leurs carrières. Au Ministère de la Communication, les atermoiements et les chausses trappes se sont multipliés plongeant le dossier dans une léthargie qui peut lui être fatale.

Monsieur le Président du Faso,
Le cynisme langoureux avec lequel on se penche sur le dossier, selon le bon vouloir des autorités du ministère de la Communication, a conduit plusieurs travailleurs à la retraite et d’autres sont décédés en cours de carrière. Comme si on travaillait à dessein, en laissant pourrir le dossier, pour le refermer post mortem. C’est indécent. C’est immonde. Pourquoi « ce deux poids deux mesures » de traitement de cas au sein du Ministère de la Fonction publique ? Ce département ministériel connait bien les contours et le contenu du dossier des ex-Agents de maîtrise de l’Information. Aux yeux des membres du Collectif, il y a comme une duplicité (Ministères de la Communication et de la Fonction publique) dans la gestion de la carrière des ex-Agents de maîtrise de l’information (Assistants en Sciences et Techniques de l’Information). Pourtant, en juin 2014, le dernier gouvernement de Beyon Luc Adolphe TIAO, à travers le Ministère de la Fonction publique a produit, un rapport en Conseil de cabinet N°2014-067/MFPTSS/CAB en date du 23 juin 2014 dont l’objet est « Rapport sur la situation d’agents de la Fonction Publique qui ont été bloqués dans leur carrière ». Le document dit que « le présent rapport s’inscrit dans le cadre de la recherche de solution à une question qui se pose comme une injustice subie par certains agents de la Fonction publique ». Pour sortir de l’ornière, le rapport préconise « l’organisation d’examens de reclassement pour tous les agents concernés et l’octroi de bonifications d’échelons à ceux admis à la retraite». De bonnes intentions, mais le document n’a pas été suivi d’effet jusqu’à la survenue des événements d’octobre 2014.
Si tôt le Gouvernement de la Transition installé, des contacts ont été noués avec le cabinet du ministre de la Communication. Une commission tripartite, composée des Ministères de la Communication, de la Fonction publique et de l’Economie et des Finances, a traité des questions sociales du Ministère de la Communication dont la requête des ex-Agents de maîtrise de l’Information bloqués en B1 depuis des lustres. La commission tripartite a travaillé sur le dossier les 20 et 21 février 2015 à Kombissiri. Le rapport synthèse a été déposé, pour suite à donner, au Secrétariat général du Gouvernement sous le bordereau d’envoi N°2015 034/MFPTSS transmettant le Rapport N°2015-036/MFPTSS/CAB du 14 avril 2015. Et depuis lors…Silence radio.

Monsieur le Président du Faso,
Cette lettre ouverte provenant d’une catégorie de travailleurs et anciens travailleurs du Ministère de la Communication vous interpelle. Comme d’autres Burkinabé, elle s’est fait le DEVOIR de SERVIR SCRUPULEUSEMENT ce pays et mérite en retour des DROITS, des EGARDS, du RESPECT et de la CONSIDERATION. Pour avoir donné sa jeunesse, sa force de travail et son énergie au Burkina Faso, le Collectif des ex-Agents de maîtrise (Assistants en Sciences et Techniques de l’Information) ne veut pas être payé en monnaie de singe. Pour son dossier de reconstitution de carrière, le Collectif exige du Gouvernement, JUSTICE et REPARATION. Le Collectif ne laissera pas enterrer le dossier comme le souhaite, manifestement, certaines forces centrifuges.

Monsieur le Président du Faso,
Vous êtes le garant des Institutions de la République. Vous incarnez la JUSTICE dans ce pays qui s’est soulevé contre le déni de justice les 30 et 31 octobre 2014. A ce titre, le Collectif des ex-Agents de maîtrise (Assistants en Sciences et Techniques de l’Information) vous demande de vous pencher sur sa requête. Le Collectif ne veut pas donner l’impression de lutter contre des moulins à vent, car le dossier n’est pas insoluble. Loin s’en faut. De l’avis du Collectif, il manque la volonté politique et administrative pour faire aboutir le dossier.
Du reste, la Transition, à son avènement, n’a-t-elle pas pris l’engagement, vis-à-vis des Burkinabé, de travailler en sorte pour que plus rien ne soit comme avant ? C’est l’un des derniers chantiers auxquels, le Collectif des ex-Agents de l’Information (Assistants en Sciences et Techniques de l’information) du Ministère de la Communication, vous prie, Monsieur le Président du Faso, de vous attaquer avant de passer le témoin à votre successeur.

Recevez, Excellence Monsieur le Président du Faso, l’assurance de nos sentiments déférents.


Richard YAMEOGO
brusegolo@gmail.com

Pour le collectif

N.B : la titraille est du site
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