Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Burkina Faso    Publicité
aOuaga.com NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article
Politique

Délits de presse au Burkina : adieu la prison, mais des amendes d’un à cinq millions de F CFA
Publié le lundi 7 septembre 2015  |  Sidwaya
Les
© aOuaga.com par A.O
Les députés du Conseil national de la transition (CNT) ont examiné en séance plénière, le 26 août 2015 à Ouagadougou, deux projets de loi sur le statut de la magistrature et le Conseil supérieur de la magistrature




Le Conseil national de la Transition (CNT) a adopté, le vendredi 4 septembre 2015, à Ouagadougou, la loi devant régir la presse écrite, audiovisuelle, et celle en ligne au Burkina Faso. Elle consacre la dépénalisation partielle des délits de presse au « pays des Hommes intègres ».

Les manquements professionnels tels la diffamation, les délits d’opinions et bien d’autres ne coûteront plus la prison à un journaliste au Burkina Faso. En effet, le Conseil national de la Transition (CNT) a voté le vendredi 4 septembre 2015, après 9 heures d’intenses discussions, les textes de loi portant régime juridique applicable à la presse écrite, à celle en ligne et à la radiodiffusion sonore et télévisuelle au Burkina Faso. Laquelle loi consacre la dépénalisation partielle des délits de presse. Certes, les journalistes ne vont plus croupir en prison pour certaines fautes commises dans l’exercice de leur métier, mais ce n’est pas pour autant qu’ils doivent fouler au pied les règles éthiques et déontologiques dans le traitement de l’information. Les peines privatives de liberté des journalistes, au Burkina Faso, sont désormais remplacées par des peines d’amendes allant d’un à cinq millions de F CFA, que l’on soit de la presse écrite, audiovisuelle ou en ligne. Pour le ministre en charge de la communication, Frédéric Nikièma, c’est l’aboutissement d’un long processus et il s’en réjouit. «Cette loi dans son ensemble enregistre des avancées significatives pour la presse. Il faut noter entre autres les nominations par appel à candidature des directeurs généraux des organes de presse d’Etat, la création d’un fonds de soutien à la presse, et la suppression des peines privatives de liberté pour les journalistes», a-t-il détaillé. Aussi permet-elle aux médias d’Etat (les Editions Sidwaya et la RTB) d’évoluer de leurs statuts actuels vers des Sociétés d’Etat.


Une loi désapprouvée par les professionnels


Mais, du côté des associations des professionnels des médias, l’on se dit frustrés et mécontents, affirmant que du fait des lourdes peines d’amendes, le destin de la liberté d’expression et de presse au Burkina Faso est entre les lignes des textes de la nouvelle loi. « Cette disposition qui ouvre un champ large au juge pour infliger la peine au journaliste en cas de délit de presse est une mise à mort des entreprises de presse au Burkina Faso. Car leur surface économique ne leur permet pas de payer une amende de cinq millions, plafond de la peine fixée par le législateur », a déploré le président de la Société des éditeurs de la presse privée (SEP) du Burkina Faso, Lookmann Sawadogo. Selon lui, l’augmentation exponentielle des quantums annihile les effets positifs des avancées indéniables obtenues. A la suite de son collègue de la SEP, le président de l’Association des Journalistes du Burkina (AJB), Guézouma Sanogo, a argumenté dans le même sens. « Le gouvernement de la Transition n’a pas tenu compte de l’environnement économique propre aux entreprises de presse au Burkina Faso. Ainsi, aucun des amendements faits par les professionnels des médias lors des ateliers organisés en vue de la finalisation du projet de la loi n’a été pris en compte », a-t-il fait remarquer. Il regrette par ailleurs que, dans cette loi, les mêmes peines (un à cinq millions) soient appliquées pour des fautes n’ayant pas forcément les mêmes lourdeurs. Les organisations professionnelles des medias disent être déterminées à dénoncer et rejeter l’application d’une telle loi, qu’ils jugent « liberticide » pour la liberté d’expression au Burkina Faso. « C’est une loi congénitalement contestée et elle éprouvera des difficultés dans sa mise en application », a conclu Lookmann Sawadogo. En ce qui concerne les quantums des amendes qui suscitent le courroux de professionnels des médias le gouvernement dit avoir tenu compte, dans leur fixation, de points de vue de divers acteurs. « En tous les cas, la loi est toujours perfectible », a dit le ministre Frédéric Nikiéma.


Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr
Commentaires

Titrologie



Sidwaya N° 7229 du 8/8/2012

Abonnez vous aux journaux  -  Voir la Titrologie
Sondage
Nous suivre

Nos réseaux sociaux


Comment